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Alzheimer

Publié le 17 novembre 2008 par Marieclaude

La maladie d'Alzheimer, autrefois appelée gâtisme, est la démence sénile la plus fréquente dans les pays développés. Au Canada, elle représente environ 75 % des cas de démence chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Il est estimé qu'un homme sur huit et une femme sur quatre en souffriront au cours de leur vie, à différents degrés. C'est Dr Alois Alzheimer, un neurologue allemand, qui a donné son nom à cette maladie qu'il a identifiée en 1906 lors de l'autopsie d'une femme morte de démence. Il avait observé dans le cerveau de celle-ci des plaques anormales et des enchevêtrements de cellules nerveuses, désormais considérés comme étant les principaux signes physiologiques de la maladie d'Alzheimer.

Le caractère irréversible et progressif de la maladie d'Alzheimer génère souvent des souffrances psychologiques importantes, autant pour la personne atteinte que pour l'entourage. Se manifestant au début par des oublis et une désorientation dans le temps et l'espace, les symptômes s'amplifient peu à peu : les fonctions intellectuelles comme la mémoire, l'orientation et la capacité de résoudre des calculs mentaux se dégradent et la personnalité change. Ces symptômes s'expliquent par la dégénérescence des cellules nerveuses du cerveau. La perte graduelle d'autonomie que vit la personne atteinte demande, avec le temps, un soutien de l'entourage.

La progression de la maladie d'Alzheimer s'étend sur dix ans en moyenne, mais elle peut prendre de deux à vingt ans. Il en existe deux formes : la forme sporadique, qui constitue de 90 % à 95 % des cas, et la forme familiale, d'origine génétique, qui peut toucher plusieurs générations d'une même famille. La maladie d'Alzheimer débute généralement après l'âge de 60 ans, mais certaines personnes, et ces cas sont heureusement très rares, en sont atteintes dès l'âge de 30 ans.

Évolution de la maladie

Phase 1. Il y a une perte graduelle de mémoire pouvant causer de la dépression et de l'anxiété, qui passe souvent inaperçue. Les personnes atteintes tenteront de pallier leurs difficultés en tenant des aide-mémoire et en ayant recours à leurs proches, mais malgré les apparences, la détresse est toujours présente.

Phase 2. La mémoire à court terme se dégrade. Les patients trouvent donc de plus en plus difficile d'apprendre et de retenir de nouvelles informations. Ils ne se rappellent plus les événements les plus récents tandis que leurs souvenirs de jeunesse et d'âge moyen sont encore bien préservés. Le sens du temps et de l'orientation s'estompe peu à peu, rendant les malades incapables de retrouver leur chemin dans des endroits familiers. Ils deviennent graduellement incapables de planifier des repas, de gérer leur argent, de prendre leurs médicaments aux heures demandées, etc.
Les malades peuvent également souffrir des troubles suivants :

  • aphasie : une difficulté à exprimer leur pensée oralement;
  • apraxie : une incapacité d'exécuter des mouvements coordonnés;
  • agnosie : un trouble de reconnaissance et d'interprétation des objets familiers;
  • prosopagnosie : un trouble de reconnaissance des visages.

Malgré ces troubles intellectuels, les patients parviennent encore à manger, à assurer leur hygiène corporelle et à s'habiller eux-mêmes. Par ailleurs, des symptômes psychiatriques tels que de l'irritabilité, de l'anxiété, de la dépression et des changements dans la personnalité peuvent engendrer des conflits interpersonnels.

Phase 3. Les gens qui atteignent le troisième stade de la maladie deviennent très confus et désorientés. Ils manifestent parfois des symptômes de psychose, notamment des hallucinations et des délires paranoïdes, aggravés par la perte de mémoire et la désorientation. Les comportements sont souvent plus accentués la nuit.

La dégénérescence nerveuse entraîne la réapparition de certains réflexes archaïques (gestes innés du nouveau-né à la naissance) ainsi qu'une incontinence urinaire et fécale. Les malades peuvent devenir agressifs, exigeants, voire violents ou asociaux. D'autres sont, au contraire, très dociles et dépendants.

Les patients négligent leur hygiène corporelle et, s'ils sont laissés sans surveillance, peuvent errer vainement durant des heures. À ce stade, l'hospitalisation ou une surveillance en permanence devient nécessaire.

Causes

On comprend encore mal l'origine de cette destruction progressive des neurones. Plusieurs facteurs de risque, autant environnementaux que génétiques, sont actuellement à l'étude (voir Personnes à risque et Facteurs de risque). Les chercheurs s'entendent pour dire que cette maladie est souvent déclenchée par un ensemble de facteurs. Une chose est certaine, on observe une diminution de la présence d'acétylcholine dans le cerveau. Voici deux modifications physiologiques qui apparaissent dans le cerveau des personnes atteintes et qui expliquent la dégénérescence des neurones :

  • la formation de dépôts (plaques) de protéines « bêta-amyloïdes » dans les vaisseaux sanguins du cerveau, ce qui entraîne la libération de substances oxydatives, à effets destructeurs sur les neurones;
  • l'accumulation de protéines Tau anormales, qui altère l'enchevêtrement des cellules nerveuses.

En vieillissant, il est normal d'avoir certains troubles de mémoire. Cela peut être aussi lié à la prise de certains médicaments, à une carence en vitamine B12 ou à plusieurs maladies : troubles cardiovasculaires, hypertension, dépression, diabète, hypothyroïdie. Dans plusieurs cas, les pertes de mémoire sont réversibles si l'on soigne correctement la cause.

Complications

La plupart des personnes atteintes de cette maladie ne meurent pas de la maladie elle-même, mais plutôt d'un problème causé par leur dégénérescence cognitive ou neuromotrice ou de leur incapacité à prendre soin d'eux-mêmes. Entre autres :

  • complications à la suite d'une chute : fracture, choc sérieux à la tête;
  • aggravation d'une infection des voies urinaires à cause de l'usage d'un cathéter urinaire (installé en raison d'une incontinence);
  • pneumonie causée par la difficulté à avaler de la nourriture et des liquides. (Les malades risquent d'inhaler dans les voies respiratoires et les poumons une partie de ce qu'ils mangent ou de ce qu'ils boivent.)

Symptômes

  • Une mémoire récente affectée (nom des personnes, événements récents).
  • Une difficulté à retenir de nouvelles informations.
  • Une difficulté à exécuter les tâches familières (fermer les portes à clé, prendre des médicaments, retrouver des objets, etc.).
  • Une difficulté de langage (chercher les mots).
  • Une difficulté ou une incapacité à planifier (repas, budget, etc.).
  • Une perte graduelle du sens de l'orientation dans l'espace et dans le temps.
  • Un jugement affaibli.
  • Des difficultés face aux notions abstraites.
  • Une difficulté à reconnaître les gens.
  • Une mémoire distante affectée (perte des souvenirs d'enfance et de l'âge adulte).
  • Des changements d'humeur ou de comportement.
  • Des changements de personnalité.
  • Un manque d'enthousiasme.
  • Des problèmes de langage.

Des symptômes similaires peuvent être causés par d'autres maladies, comme la démence vasculaire, la dépression et l'alcoolisme.

Personnes à risque

  • Les personnes âgées de 65 ans et plus. Dans la mesure où les femmes vivent plus longtemps, celles-ci sont plus susceptibles de souffrir un jour de la maladie d'Alzheimer.
  • Les personnes qui ont un parent, un frère ou une soeur atteint de la maladie d'Alzheimer.

Dans le cas de la forme familiale, la maladie se transmet d'une génération à l'autre par un gène dominant. Les enfants ayant un parent atteint ont 50 % de risque d'avoir eux-mêmes la maladie. Cependant, si plusieurs membres d'une même famille sont touchés, cela ne signifie pas forcément qu'il s'agisse de la forme familiale. Le facteur génétique fait encore l'objet de recherches pour ce qui est de la forme sporadique de la maladie.

Facteurs de risque

L'âge : de loin, le facteur de risque le plus important. Au Canada, en 1994, la maladie d'Alzheimer affectait1,48 :

  • 1 % des personnes âgées de 65 à 74 ans;
  • 7 % des personnes âgées de 75 à 84 ans;
  • 26 % des personnes âgées de 85 ans et plus.

L'hypertension, le diabète, l'artériosclérose et le tabagisme doublent ou triplent le risque de souffrir de la maladie d'Alzheimer.

Certains aspects font actuellement l'objet de recherches :

  • un faible niveau de scolarité;
  • des blessures à la tête;
  • certaines maladies : syndrome de Down, trisomie 21, arthrite, troubles cardiovasculaires, hypertension;
  • le mode de vie : alimentation, exercice, consommation d'alcool, de café ou de tabac;
  • l'exposition à des substances dans l'environnement ou dans le cadre d'activités professionnelles : aluminium, plomb, etc.

Prévention

Actuellement, aucune preuve solide ne démontre qu'il existe des moyens de prévenir la maladie d'Alzheimer. Certaines pistes de recherche sont cependant encourageantes.

Intervention sur les maladies

Il est possible de diminuer le risque de développer la maladie d'Alzheimer en intervenant médicalement ou par des efforts sur les habitudes de vie et sur certaines maladies, comme l'hypertension artérielle, le diabète, l'artériosclérose ou le tabagisme.

Alimentation

Selon des recherches préliminaires, les personnes qui consomment beaucoup de gras animal et de calories pourraient courir plus de risques.2 Ainsi, une étude japonaise s'est penchée sur 64 personnes souffrant de la maladie et 80 sujets du même âge (non atteints de la maladie d'Alzheimer), qui représentaient le groupe contrôle. Les habitudes alimentaires des personnes atteintes différaient sensiblement de celles du groupe contrôle : elles n'aimaient pas le poisson et les légumes verts ou jaunes et mangeaient plus de viande que celles du groupe contrôle. Elles absorbaient donc moins de vitamine C et de bêta-carotène et consommaient nettement moins de gras oméga-3. La maladie d'Alzheimer pourrait donc, comme les maladies coronariennes et certains cancers, être liée au mode de vie. Les patients atteints ont reçu 900 mg/jour d'oméga-3, sous forme d'acide eicosapentaénoïque, ce qui a amélioré de manière significative les résultats obtenus lors de tests cognitifs. L'effet a commencé à s'estomper après six mois, avec les meilleurs résultats obtenus au troisième mois.3

Sources alimentaires d'antioxydants. Par ailleurs, deux études de cohorte réalisées en 2002 indiquent qu'un régime alimentaire riche en vitamine E ou en vitamine C et E peut diminuer le risque d'en souffrir, notamment chez les fumeurs.20,21 Les participants aux études n'avaient aucun signe de démence au début de l'étude. Pour la première étude, un total de 5 395 personnes âgées de 55 ans et plus étaient suivies dans leurs habitudes alimentaires durant en moyenne quatre ans. La seconde comportait un total de 815 personnes âgées de 65 ans et plus, suivies durant six ans. Par ailleurs, la prise de ces vitamines en suppléments n'avait aucun effet positif. Se référer aux fiches sur les vitamines pour connaître leurs sources alimentaires.

Entraînement mental

Des recherches indiquent que le fait de rester en forme mentalement pourrait retarder la démence. C'est le cas notamment de la fameuse « Nun Study » portant sur la maladie d'Alzheimer.4 Cette étude est en cours depuis 1986 auprès de 678 religieuses de l'ordre des School Sisters of Notre Dame, une communauté où l'âge moyen est de 85 ans et où plusieurs ont plus de 90 ans. Chez ces religieuses, le taux de la maladie d'Alzheimer est nettement plus bas que celui de la population en général et, fait significatif, beaucoup d'entre elles sont très instruites et mènent des activités intellectuelles fort exigeantes pour leur âge. Des chercheurs croient donc que le fait de garder un esprit actif tout au cours de sa vie favorise le maintien et la croissance de connexions entre les neurones, ce qui retarderait la démence. Par ailleurs, certains estiment qu'un haut degré d'instruction aiderait à réussir plus facilement les tests cognitifs utilisés pour diagnostiquer la démence et permettrait ainsi de dissimuler plus longtemps la présence de la maladie.

Diminution de l'exposition à l'aluminium

L'aluminium a été mis en cause dans le déclenchement de la maladie d'Alzheimer parce que l'on a trouvé une concentration anormale de ce métal chez certaines personnes souffrant de la maladie. Le lien reste à démontrer, mais certaines statistiques sont néanmoins alarmantes. Ainsi, en France, une étude de l'INSERM réalisée dans deux départements indique que les personnes buvant une eau contenant plus de 0,1 mg d'aluminium par litre voient leur risque doubler ou tripler.5,6 Au Canada, les autorités fédérales appliquent le principe de précaution et demandent que l'eau acheminée aux citoyens contienne moins de 0,1 mg/l.6 En raison de l'incertitude qui règne sur cette question, certains suggèrent d'éviter d'utiliser les poêlons ou les casseroles en aluminium pour la cuisine. D'autres jugent cela inutile, car cette source d'aluminium ne représente que de 1 mg à 2 mg par jour sur les 9 mg à 14 mg absorbés chaque jour dans l’alimentation.

Diminution de l'exposition au plomb

Une exposition au plomb dans le milieu de travail pourrait faire tripler et même quadrupler le risque d'avoir un jour la maladie d'Alzheimer, indique une recherche effectuée par des chercheurs de l'Université Case Western Reserve, en Ohio, et présentée lors du congrès annuel de l'Académie américaine de neurologie (AAN) en mai 2000.7

Médicaments

L'hormonothérapie substitutive chez les femmes en postménopause ou la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (tels l'aspirine et l'ibuprofène) pourrait offrir une certaine protection contre la maladie d'Alzheimer, mais cela reste à prouver.

Traitements médicaux

À ce jour, il est impossible de guérir de la maladie d'Alzheimer. En revanche, il existe des médicaments qui peuvent ralentir l'évolution de la maladie et, dans une certaine mesure, améliorer le fonctionnement cognitif. Les médicaments actuellement en développement visent à s'attaquer au processus pathologique de la maladie, dans l'espoir de permettre une guérison. Considéré comme une composante du traitement, le soutien social apporté à la personne malade n'est pas à négliger. Aussi, il revient au médecin d'évaluer le réseau social du malade et de l'aider à l’agrandir, par exemple en le dirigeant vers les services spécialisés de sa région. L'efficacité du traitement est évaluée par le médecin après trois à six mois; celui-ci est ajusté s'il y a lieu de le faire.

Soutien social

Les médecins conseillent diverses stratégies à la famille et aux aidants des personnes atteintes :

  • Faire des visites régulières pour offrir un soutien, selon les besoins.
  • Fournir des aide-mémoire.
  • Créer une structure de vie stable et calme dans la maison.
  • Établir un rituel pour le coucher.
  • Améliorer la communication. (Voir Alzheimer : pour bien communiquer, dans Documents associés.)
  • S'assurer que l'environnement immédiat présente peu de danger.
  • Veiller à ce que le malade ait toujours dans sa poche une carte (ou encore un bracelet) avec une indication sur son état de santé et des numéros de téléphone au cas où il s'égarerait

Bonne journée,

Marie-Claude

ref: sympatico.sante


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