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Le Malleus Maleficarum ou l'art de faire avouer les sorcières #5

Publié le 17 novembre 2008 par Madelaine

Partie I: à lire ici
Partie II: à lire ici
Partie III: à lire ici
Partie IV: à lire ici
Partie V: l'exécution

Sous la torture, les femmes accusées de sorcellerie avouaient les pires atrocités, il était donc presque impossible au tribunal de la Sainte Inquisition de se montrer clément. Que faire d’une femme qui dit savoir voler, copuler avec le diable, tuer des enfants, boire du sang, jeter des sorts pour accabler son village d’une épidémie? La sentence était dans 95% des cas la mort. Pour les plus chanceuses (généralement les enfants) le tribunal se contentait de les faire fouetter en public et de les bannir du village. Elles devaient tout abandonner, maison, famille et avaient l’interdiction de revenir. Si toutefois elles essayaient de braver cette interdiction, elles étaient considérées comme relapses (récidivistes) et elles étaient de nouveau arrêtées, torturées puis condamnées à mort.
L'exécution était toujours barbare et n'impliquait pas la fin des tourments pour la pauvre sorcière. Tenue en public et sous les acclamations de la foule, elle devait subir les dernières vexations. A demi nue, elle était fouettée ou tenaillée, elle devait demander pardon aux prêtres de sa paroisse et jurer de renoncer au diable. On passait ensuite à l’exécution.
Le bûcher n’était pas le moyen le plus utilisé pour exterminer les sorcières et restait assez exceptionnel. Pour être spectaculaire il nécessitait beaucoup de bois et coûtait très cher. Dans un bûcher traditionnel, seul la tête de la condamnée dépassait des morceaux de bois. Le public ne voyait rien et protestait.
Pour satisfaire les foules qui voulait voir la sorcière agonisée, on pouvait quelque fois la suspendre à un mat au dessus des flammes. Ce procédé bien que très populaire auprès du public l’était beaucoup moins auprès des autorités. Il ne permettait pas la totale crémation du corps et les autorités ne savait pas quoi faire du cadavre. Elles étaient contraintes de le rebrûler car il était strictement interdit d’inhumer ces créatures du diable dans un cimetière de la paroisse.
Dans la majorité des cas , les sorcières furent d’abord tuées par un autre moyen que le feu. Les autorités cherchaient des moyens rapides, spectaculaires et économiques. En Allemagne on attachait un sac de poudre au cou des sorcières, on les liait entre elles et on allumait le tout comme un cordon de pétard, on pouvait aussi les décapiter à la hache. En France on préférait la pendaison, on laissait les cadavres des sorcières sur la place publique pour l’édification des bons chrétiens. Parfois on les étripaient et on les clouait au gibet ou on les enterrait vivantes.
C’est seulement une fois morte qu’on se débarrassait du cadavre discrètement en le brûlant.

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