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Plus belle la vie... des partis

Publié le 18 novembre 2008 par Nellym67

Le grand froid est annoncé pour les prochains jours en Alsace... et ici il ne fait pas semblant! Ce sera mon 4ème hiver dans cette région, on s'habitue donc..., mais c'est aussi dans ces périodes qu'on repense un peu plus aux grandes tables de fêtes avec la famillle complète, que je retrouverai à Noël, seule opportunité pour revoir tout le monde quand on vit "loin" des siens.
Et j'anticipe quelques questions déjà : "Alors Nelly, parait que tu fais de la politique maintenant?"... Et là, ça se complique. Non pas dans le sens des éventuelles divergences d'opinions qui peuvent apparaître, au contraire! C'est plutôt parce que "faire de la politique" dans l'esprit des non initiés, ce n'est sans doute pas la même chose pour moi, d'ailleurs, ma vision des choses a beaucoup évolué ces derniers mois, j'ai calmé quelques ardeurs qui me poussaient à "politiser" à coups de marteaux dans le crépuscule d'idoles verbales et passionnées, par delà gauche et droite, ainsi parlait Bayrou...Bref, si mon entourage familial veut en savoir plus sur mes activités, et si je veux faire en sorte de leur faire comprendre l'occupation d'une "femme engagée", va falloir trouver les mots... Parce que... faudrait pas confondre... avec ... "Plus belle la vie... au parti"! (la série à épisodes à suivre sur toutes les chaînes)

Ben oui, l'image politique actuelle fait fuir même les plus convaincus. J'attribue d'ailleurs la palme d'or de l'énervitude à Ségolène Royal qui me conduit à une saturation complète vis à vis d'un quelconque intérêt pour ses propositions. Elle qui parle à ses militants, elle qui veut protéger les Français, elle me semble la plus rétro de tous les candidats. En promo, comme tous ses ennemis rivaux socialistes sur toutes les chaînes de TV, de radio, partout, elle raconte ses histoires de fraternité, en héritage de la Jauressitude, emploie des termes comme "protéger" les Français," nouvelles méthodes" (qui consistent à refuser les anciennes, si j'ai bien compris... comment? j'ai dû louper un épisode, sans doute à cause d'une surchauffe des shows et discours démagos sur notre besoin de la gauche protectrice). Elle possède une vision limitée à la France et à la gauche, et en termes de timing, on reste à 2007(!) et 2008, bref, un espace-temps hyper réduit. L'Europe doit être un nom savant et fait sûrement baisser l'audience... donc chut... Peut importe d'en parler à 7 mois du scrutin européen, on mobilisera les chers  "militants" plus tard, on intéressera les Français ultérieurement, mais ce sera moins fun... Bref, elle ne nous emmène pas loin, Ségo, pour une novatrice... Mais les projecteurs sont surtout braqués sur elle et sur cette manière de faire de la politique. Rajoutez en décor des jeux pathétiques de pouvoir pendant que la crise s'étend dans chaque recoin de la planète, et vous aurez une première image du fonctionnement d'un parti. Ségo a raison sur un point, le PS doit changer...

Bon, il y a l'UMP aussi, parti qui est dirigé, une fois n'est pas coutume, par le Président de la République, à qui il vaut mieux faire allégeance si on veut faire carrière. Un peu plus de mouvement, du boulot, de l'implication, c'est sûr. Mais un parti où l'état d'esprit l'emporte sur les compétences et le courage, la sarko attitude est fortement recommandée, ce qui n'empêche pas localement d'être un peu plus "open" aux attentes de ses concitoyens... mais bon, faut réformer plus pour briller plus, donc que voulez-vous... c'est comme çà. En fait je ne souhaite pas caricaturer, et je ne renie pas les convictions des militants de l'UMP, je parle juste d'image là.

Ensuite, il y a nous, enfin, le Mouvement Démocrate. C'est François Bayrou qui s'occupe de notre image, souvent seul, plus rarement accompagné. Il choisit le moment opportun pour s'exprimer, de manière à ajouter de l'efficacité à son discours. L'image extérieure du MoDem, c'est plutôt celle d'un parti encore illisible, rendu visible quand son leader s'exprime et parle un langage un peu différent, qui parle vrai, mais qui n'est pas encore dans l'action... donc on ne sait pas trop qu'en penser en France, de ce parti.

Voilà. Et le militant de base, et non élu, comme moi, il fait quoi quand il "fait de la politique"? Qu'est-ce qui se cache derrière ce verbe si vague, peu explicite et qui veut tout dire et rien en même temps : "faire"? Comment parler des travaux thématiques et comment traduire des actions ponctuelles, des événements, en expliquant que le grain de sable, loin de la société du spectacle, loin de l'effet coup de poing, participe à un projet de société, écoute les autres à travers le tintamarre et les murmures des anonymes mais aussi des entreprises, des institutions, des associations, des observateurs et acteurs du quotiden, propose des pistes exploitables ou pas, tout cela pour un projet qui prend le risque de ne jamais voir le jour? Sûrement parce que faire de la politique, ce n'est pas seulement agir pour un parti, mais c'est aussi entrer dans les débats en cours ou à venir, exposés ou discrets, et travailler pour un avenir dont on a pleine conscience et qu'on n'a pas envie de consommer, de voir défiler... de loin.

Ce ne sont pas les partis les plus importants pour ceux qui veulent vraiment faire de la politique, faire vivre la démocratie. Le parti portera sur la scène publique des travaux, des valeurs, mais le parti n'est pas une raison d'être... Il faut le façonner pour qu'il porte les projets le mieux possible, mais apparemment aujourd'hui, les projets sont façonnés en fonction des partis... en tout cas dans ce qui est visible.

Voilà ce que je vais répondre.

Et voilà pourquoi j'ai choisi le MoDem, puisqu'à la base, le projet démocrate se construit en fonction d'une vision à long terme, sur des valeurs humanistes, et est capable d'accueillir tous les démocrates possibles et de se façonner en fonction de ce qu'il adviendra... (ce qui reste à prouver, mais on verra plus tard, ce qui est construit aujourd'hui est provisoire, même si je me suis plutôt énervée à l'époque pour imaginer avec d'autres militants passionnés et volontaires, une structure plus... définitive). On ne doit pas réfléchir qu'en termes de parti, même si lors des élections, il faut bien présenter des structures et un message cohérent. Seulement, le Mouvement Démocrate est un mouvement, pas un parti, donc logiquement, loin d'être construit définitivement, et c'est tant mieux. On le reconstruit à chaque échéance. (Ce qui est forcément déstabilisant et plus difficile pour les élus. Cette vision remet en cause chaque possible nouveau mandat avec nos couleurs). Je ne sais pas si une définition pareille me fera passer pour une illuminée, une naïve, ou au contraire comme une quelqu'un qui a p't-être raison de passer tant de temps à bosser au lieu de descendre dans leur région plus souvent.....

Passer de ... Plus belle la vie... à ... Reconstruire la démocratie... Pas de prime time prévu pour cette nouvelle série? Eh non, sans caméra... "autrement" quoi!

Je me reservirai un p'tit verre, après avoir tant parlé... Et puis, on changera de sujet.


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