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Crise : Nicolas Sarkozy à la remorque de Gordon Brown ?

Publié le 25 novembre 2008 par Juan
Crise : Nicolas Sarkozy à la remorque de Gordon Brown ?Nicolas Sarkozy recevait Angela Merkel lundi 24 novembre, afin de préparer l'annonce d'un plan de relance économique au niveau européen prévue ce mercredi. Comme en septembre dernier, le premier ministre britannique a devancé ces collègues européens.Et cette fois, Angela Merkel n'a pas donné raison à un président français bien embarrassé.
La relance anglaiseLe plan anglais présenté lundi 24 novembre se chiffre à15 milliards de livres (17,8 milliards d'euros), soit 1 % du PIB. La baisse de la TVA de 17,5 % à 15 % compte pour l'essentiel de cette relance, soit quelque 12 milliards de livres (14,2 milliards d'euros). La crise conduit aussi Gordon Brown à améliorer la fiscalité des ménages : il a ainsi prévu d'augmenter les impôts sur les revenus des foyers les plus riches, en portant de 40 % à 45 % du taux d'imposition pour les 300 000 personnes qui gagnent plus de 150 000 livres par an. Parallèlement, le plan anglais prévoit d'étendre un abattement fiscal de 120 livres par an consenti aux contribuables les plus modestes. Le Royaume Uni a davantage de marges de manoeuvre que la France : sa dette publique ne représente "que" de 40% du PIB, contre plus de 60% pour la France.
L'hésitation allemande
L'Allemagne, peut être davantage que la France, se prépare à la récession. Néanmoins, comme la France, elle refuse de s'engager dans une baisse de la TVA. La contradiction fiscale de la politique française interroge : les allègements fiscaux de l'an passé, qui accroissent les inégalités puisqu'ils concernent essentiellement la fiscalité progressive, ne sont pas remis en cause. Pourtant, la TVA, la fiscalité directe la plus inéquitable socialement, restera donc à son niveau record (19,6% pour le taux normal, contre une moyenne européenne à 15%).
"L'Allemagne, avec son train de mesures qui est en cours d'examen au Parlement, a mis en place de telles mesures ciblées, comme par exemple la suspension de la vignette en Allemagne, des allègements fiscaux pour les artisans. Je souhaite qu'on attende les effets de ces mesures", a ajouté la chancelière.
"La France partage l'analyse de l'Allemagne", a renchéri Nicolas Sarkozy. "Faut-il faire une baisse de la TVA généralisée alors que nous constatons une baisse des prix ?", a-t-il demandé. "Et est-ce qu'il faut mettre les marges de manœuvre dont nous disposons sur la baisse des prix quand la baisse des prix a lieu, ou sur ce qu'on vient de dire Angela [Merkel] et moi, sur l'investissement, l'innovation, la recherche, les écoles, l'éducation, la formation ?", s'est interrogé le président en exercice de l'UE. "Je crois pouvoir dire, sous le contrôle d'Angela Merkel, que nous faisons plutôt ce choix-là. Cela ne veut pas dire qu'on juge ce que font les autres, ils peuvent avoir d'autres ambitions, d'autres demandes", a-t-il conclu (source AFP).
Malgré ce "constat commun", la chancelière allemande est restée inflexible aux demandes de Nicolas Sarkozy d'approuver un nouveau plan de relance européen. Elle a considéré que l'Allemagne avait déjà réinjecté quelques 30 milliards d'euros dans son économie, qu'il fallait attendre janvier afin d'en mesurer les effets, et que tout plan européen devait intégrer ces efforts nationaux et non s'ajouter à ceux-ci. le Figaro a commenté sobrement: " Le 10e conseil des ministres franco-allemand n'a débouché lundi sur aucune mesure concrète."
Au contraire, Angela Merkel s'est prononcé pour des mesures… «qui ne coûtent pas d'argent» aux Etats, comme l'assouplissement de certaines règles concernant les petites et moyennes entreprises (PME). «Il ne faut pas confondre action et précipitation. Compte tenu des informations actuelles pas faciles à interpréter, nous courrons ce risque»

L'éparpillement français
Les mesures envisagées par le gouvernement français sont plus "ciblées", un autre qualificatif pour désigner un éparpillement des actions et des annonces :
  • Le rachat de 30 000 logements
  • la création d'un fonds souverain doté de 6 milliards d'euros pour les PME innovantes.
  • L'allégement de taxe professionnelle en 2009
  • L'augmentation de 100 000 contrats aidés supplémentaires en 2009
  • L'augmentation de 16 à 40 millions d'euros les aides à la création d'entreprise par les chômeurs(via le "nouvel accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise" au 1er janvier prochain).
Visiblement, le gouvernement Sarkozy s'obstine à ne pas vouloir soutenir largement la consommation, les ménages et entreprises précaires (PME, commerçants, chômeurs, seniors) par autre chose que des actions sectorielles limitées. Les autres mesures évoquées lundi étaient en effet du même acabit : accélération de la rénovation de 800 000 HLM pour améliorer leur efficacité énergétique, rénovation des infrastructures de transports SNCF, prêt à taux zéro pour l'acquisition d'une automobile (faut-il donc encore favoriser l'endettement des ménages ??).
Ce lundi donc, l'allié allemand a fait comprendre à Sarkozy qu'il était trop agité; et l'allié anglais avance dans son coin. Le Monarque est embarrassé : «Nos organisations ne sont pas les mêmes: il y a d'un côté un pays fédéral, de l'autre côté un pays qui est plus centralisé»&alt;=rss

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