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Politique personnelle

Publié le 28 novembre 2008 par Roman Bernard

Politique personnelleMise à jour, mardi 24 mars 2009 : j'ai repassé le test, ayant changé d'avis sur l'interdiction des drogues, non plus seulement douces, mais également dures, dont je pense qu'elle est néfaste, engraissant les narco-trafiquants en tout genre.

Le résultat est proche : j'étais un conservateur de droite modérée, très proche des centristes et des libéraux, je suis maintenant un libéral, très proche des centristes et de la droite conservatrice. Les deux, en définitive, me conviennent très bien.

Jeudi 27 novembre 2008 : Sujet plus léger aujourd'hui, avec la participation à une " chaîne " entre blogueurs politiques.

Lomig avait fait passer à tous les membres du Réseau LHC un questionnaire établissant le positionnement politique de chacun. Il ressortait de ce questionnaire que je suis un conservateur de droite modérée, très proche des centristes et des libéraux, ce qui convient assez bien à l'idée que je me fais de mon positionnement politique aujourd'hui. Aujourd'hui seulement, car j'ai successivement été communiste, socialiste, chevènementiste, puis bonapartiste (ou gaulliste), avant d'arriver, depuis mon retour du Canada en 2006, à une improbable synthèse entre mon idéalisme républicain originel, mon réalisme occidentaliste médité et mon utilitarisme libéral logique, qui atteste davantage de mon refus de la classification que de l'inverse.

Néanmoins, comme ce questionnaire est loin d'être satisfaisant, Rubin Sfadj propose une série de questions ouvertes, auxquelles je vais répondre ici.

1. Quel thème généralement peu évoqué, ou selon vous traité avec légèreté, aimeriez-vous voir occuper une place plus importante dans la vie intellectuelle, politique et médiatique ?

Je ne surprendrais personne, au vu de la place que je lui ai accordée ici, en disant que ce thème est la francophonie, entendue autant au sens de défense de la langue française que de participation de la France à une aire culturelle francophone.

Le dernier Sommet de la Francophonie à Québec a montré deux choses : l'indifférence de la classe politique française à l'égard de la francophonie, avec un Nicolas Sarkozy écourtant sa visite pour se rendre à Washington auprès d'un George W. Bush finissant, et la même indifférence des médias, qui n'en ont que marginalement rendu compte.

Cette indifférence est du moins le sort le plus favorable fait par le monde politico-médiatique français à la francophonie. Dans le pire des cas, celui-ci se livre à des attaques en règle contre cette cause universaliste et civilisationnelle.

Bernard Kouchner affirmant que l'avenir de la francophonie, c'est l'anglais (!), Valérie Pécresse proposant que les professeurs étrangers, quand bien même ne seraient-ils pas anglophones, enseignent en anglais dans les universités françaises, médias français faisant une gloire nationale du succès mondial de Daft Punk, dont les paroles samplées sont en anglais, stupéfaction des mêmes médias face à l'indignation de certains, dont votre serviteur, lorsque Sébastien Tellier a représenté la France à l'Eurovision en chantant en anglais, ou publication dans la presse d'un manifeste de quarante-quatre écrivains, dont le prix Nobel de littérature Le Clézio, pour signer " l'acte de décès de la francophonie ", décrite comme " le dernier avatar du colonialisme " (sic)... Cette dernière remarque est d'autant plus absurde que la francophonie est une création du libérateur du Sénégal, Léopold Sédar Senghor.

La défense du français - mais aussi de l'italien, de l'allemand, de l'espagnol (en Espagne) - est plus qu'un combat pour la diversité linguistique. Elle est aussi une lutte pour l'universalisme, qui est le trait majeur de la civilisation occidentale, authentique civilisation-monde et par là même civilisation suprême. Or, l'Occident est aujourd'hui confronté à deux périls antagonistes : la dissolution dans un " village global " fantasmé, sous l'effet des flux migratoires massifs et du multiculturalisme ; l'unification sous hégémonie anglo-saxonne, qui le préserverait de la destruction mais le priverait également de sa plus grande richesse. Aussi étroite qu'elle puisse être, je veux croire qu'il existe une voie permettant de concilier singularité et universalisme, cohésion et diversité.

Dans la doctrine que je cherche à édifier, la francophonie, l'occidentalisme et le libéralisme seront les trois piliers sur lesquels devra reposer la politique à mener.

2. Inversement, quel sujet fétiche des médias, "nouveaux" et/ou "anciens", trouvez-vous futile ou superficiel au point de ne mériter qu'une faible part de l'attention qu'on lui porte ?

Les " discriminations ", assurément. Bien que m'étant réjoui de l'élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis, je craignais que la " French Obamania ", dont le triste Éric Dupin s'est fait le porte-parole autoproclamé, ne conduise à des revendications pour que le " Yes we can ! " trouve enfin son équivalent en langue française.

Je veux dire par là que j'ai craint que certains groupes de pression confisquant la représentation des minorités dans la société civile ne réclamassent un Obama français.

On peut rétorquer, d'abord, que Barack Obama n'a pas été élu en raison, ni même en dépit de sa couleur de peau, mais bien sans considération d'elle.

Mais surtout, que la situation des Afro-Américains aux États-Unis, réduits en esclavage pendant deux siècles et soumis à la ségrégation jusqu'aux années 1960, est absolument incomparable avec celle de l'essentiel des immigrés en France.

Les seuls descendants d'esclaves, en France, sont les Antillais, Guyanais et Réunionnais, mais aussi, et ce sont les plus nombreux, les Français d'ascendance européenne. Le rédacteur de ces lignes est très certainement le descendant - entre autres - d'esclaves gallo-romains et de serfs français médiévaux. Et pourtant, il ne revendique pas - pour l'instant - la présidence de la République. À l'inverse, les enfants d'immigrés d'origines maghrébine, subsaharienne et asiatique sont tous des descendants de salariés.

Mais le plus scandaleux n'est pas là : il vient du fait que certains déduisent de la faible représentation des minorités " visibles ", de la " diversité " dans les hautes sphères de la société la preuve des " discriminations ", voire du racisme français.

Ils oublient que les immigrés des dernières décennies sont pour l'essentiel venus occuper des emplois d'ouvriers, puis des tâches subalternes dans les services. Or, tous les enfants d'ouvriers et d'employés sont empêchés dans leur ascension sociale, les " Blancs " comme les autres. Sauf que ces " petits Blancs ", ces " Rednecks ", sont par nature invisibles dans la société française, sauf lorsqu'ils votent pour le Front national, ce dont ils sont d'autant plus méprisés par la gauche bourgeoise. Pour cette dernière, il est permis de penser que l'égalitarisme qu'elle a promu à l'école fut le cadeau empoisonné pour se débarrasser des classes populaires.

À partir du moment où il n'y a plus de sélection, où tous les diplômes se valent, il est d'autant plus aisé de réussir que l'on a de l'argent, des biens et des relations.

Ainsi, si les " jeunes " des banlieues doivent incendier quelque chose, c'est à mon sens davantage du côté de la rue de Solférino ou de la place du Colonel-Fabien que de celui de la voiture de leurs voisins, qui sont aussi victimes de la gauche bourgeoise.

Les tenants de la promotion de la " diversité " oublient également que le seul moyen pour les immigrés et leurs enfants de s'élever dans la société française est l'assimilation à la culture française, qui passe par l'école ainsi que par les mariages mixtes. C'est quand le métissage des sangs aura été réalisé par le mariage que l'intégration aura réussi. Flatter les racines des immigrés et de leurs enfants, les encourager à cultiver leur biculturalité, ne les aidera jamais à gravir les échelons de la société. Cela risque davantage de résulter en une crispation identitaire, dont pourraient profiter certains leaders religieux fondamentalistes.

Pour contrer ce péril dont nous percevons confusément l'imminence et la gravité, il nous faut retrouver foi en un homme universel, post-racial et post-religieux. La traque de discriminations interprétées comme raciales alors qu'elles sont sociales, par les promoteurs d'un " antiracisme " dévoyé, va précisément dans le sens inverse.

3. Quelle pratique d'ordre public ou privé, largement autorisée par la loi, vous semble nocive au point de devoir faire l'objet d'une interdiction ou d'une réglementation sévères sans plus tarder ?

Au risque de me répéter, je dirais, connaissant bien le sujet, que les aides publiques accordées à la presse écrite me scandalisent au plus haut point, d'autant plus lorsqu'il s'agit de journaux notoirement anti-français comme Le Monde, Libération ou le Nouvel Observateur. Ces 280 millions d'euros spoliés au contribuable chaque année servent à maintenir sous perfusion des entreprises qui ont perdu leurs clients, leurs lecteurs. Tout cela au nom d'un " pluralisme " qui a été décidé arbitrairement par l'État en pleine Libération. Pourquoi devrais-je payer pour le " journal " L'Humanité, alors que celui-ci a négocié sa reparution dans la France occupée par les nazis pendant le Pacte germano-soviétique, et surtout que les idées communistes sont historiquement disqualifiées depuis Soljenitsyne, Solidarnosc et Tchernobyl ? La liquidation du communisme, qui tarde en France, serait facilitée si l'État cessait d'empêcher l'organe de presse du PCF de mourir de sa belle mort.

4. Inversement à nouveau, quelle interdiction ou contrainte apposée à un comportement privé ou public vous apparaît si injustifiée qu'elle devrait être levée aussi vite que possible ?

Je reproduis ici ce que j'avais dit lors d'une interview que je publierai bientôt :

Je suis contre toute forme de loi " mémorielle ", de la loi Gayssot à celle sur le génocide arménien, en passant par la loi Taubira sur l'esclavage qui avait menacé l'historien Olivier Petré-Grenouilleau - lequel avait opportunément rappelé que les Européens n'étaient pas les seuls à avoir pratiqué la traité négrière - ou encore celle sur le rôle positif de la présence française outre-mer. [...] Ce n'est pas au législateur d'écrire l'histoire, c'est aux historiens de valider ou d'invalider une analyse historique. De telles lois sont dangereuses, car écrites selon les préoccupations du moment, dont la périlleuse volonté de satisfaire telle ou telle communauté, comme la loi sur le génocide arménien le prouve bien. Non seulement restreignent-elles la liberté de l'historien, mais elles ouvrent pour ainsi dire la " boîte de Pandore " de la concurrence victimaire et de la surenchère mémorielle. À l'évidence, notre pays n'a pas besoin de cela. Il nécessite, sans rien céder de la vérité historique, un projet de société qui mette en son cœur ce que j'appelle l'universalisme français, qui traite les hommes indépendamment de leur sexe, leur origine ethnique ou leur religion.

5. Enfin, quel événement contemporain a, selon vous, le plus façonné ou modifié vos opinions politiques ?

Ce n'est pas un événement, mais plutôt la conjonction d'événements qui, liés ou non, expliquent l'inversion totale de mon positionnement politique en quelques années.

Il y a d'abord eu, bien sûr, les attentats du 11 septembre 2001, qui donnaient raison à Huntington contre Fukuyama. L'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle le 21 avril de l'année suivante, qui prouvait à la fois la crise de la démocratie représentative en France et le désarroi de certaines catégories de la population. Les attentats de Madrid en 2004 et de Londres en 2005, qui montraient que l'Europe n'était pas à l'abri du totalitarisme islamique. Le rejet du référendum sur le Traité constitutionnel européen en mai 2005, qui attestait de la défiance d'une grande majorité de la population envers les élites politiques et médiatiques françaises. Les émeutes des banlieues françaises à l'automne de la même année, qui signaient l'échec du modèle d'intégration français, non sur le principe mais en pratique. Les absurdes grèves anti-CPE l'année suivante, qui faisaient apparaître au grand jour la dégénérescence de la jeunesse française, comme l'a décrit avec brio l'historien d'un an mon cadet Loïc Lorent, dans son pamphlet Votre jeunesse. Enfin, l'incroyable prétention d'une personnalité aussi manifestement incompétente que Ségolène Royal à briguer la magistrature suprême.

À mon tour de " taguer " cinq blogueurs : je choisis les LHC Lolik, René Foulon et Xerbias, ainsi que Cratyle et Malakine. Roman Bernard

Criticus est membre du Réseau LHC.


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