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Recruter pour Internet : les trois caractéristiques à détecter

Publié le 30 novembre 2008 par Youssef Rahoui

Je ne suis habituellement pas client de ces rendez-vous mais, par curiosité, j'ai assisté il y a une semaine à une rencontre organisée par des anciens élèves de mon école autour d'Internet. Deux professionnels aguerris ont dressé un assez bon panorama du e-commerce et de ses enjeux, pour ensuite laisser la place aux questions de l'audience.

À un moment, l'échange a porté sur la difficulté de recruter sur Internet et la cherté des candidats. C'est un problème bien connu, du moins en France. Je ne me suis pas manifesté mais j'ai eu envie de dire qu'un des heureux aspects d'Internet, c'est que vous n'avez pas besoin de tel ou tel diplôme pour vous y réussir. Vraiment, cela n'a pas d'importance, il n'y a pas de sésame : vous pouvez être juriste, ébéniste, ballerine ou que sais-je encore. La passion suffit… ou presque.

En effet, si je ne jette qu'un coup d'œil rapide aux diplômes des candidats, je m'assure scrupuleusement qu'ils sont faits pour le Web. À mon sens, cela signifie réunir trois caractéristiques.

La première est sans conteste la vitesse. Tout va plus vite sur Internet. L'image qui me vient souvent à l'esprit est celle d'une course de Formule 1. Le temps que vous vous arrêtez au stand, ne serait-ce que pour changer vos pneus ou faire le plein d'essence, vous êtes dépassé par d'autres voitures ; combien plus si vous lambinez en route ! La vitesse dont il s'agit est la vitesse de pensée, d'action et de réaction. Aussi, on peut avoir toutes les qualités du monde, si on est lent, il faut changer de domaine.

La deuxième qualité est la curiosité. Internet change en permanence. Il y a plus même : je trouve qu'il a une dimension explosive et révolutionnaire. Voyez la vitesse de propagation et l'impact sur le Web des blogs, de MySpace, de YouTube, de Twitter… C'est à tel point qu'on dirait qu'il y a dans l'esprit de la plupart des acteurs du Web un mirage, celui de la next big thing, sorte de fantasme de surfeur d'une vague inouïe et bouleversante. Aussi faut-il apprendre, réfléchir et expérimenter en permanence. Qui aime rendre des verdicts d'après un corps de doctrine ou bien pense "tout savoir" risque bien des déconvenues.

Enfin, j'ajouterai l'effectivité. (Après vérification, ce peu joli mot existe, bien qu'il soit rare.) Je le rapporte à un mot anglais dont je fais cas : to deliver. Internet est immatériel, aussi est-il facile de se perdre en bavardages, en idées… Pour autant, on produit sur Internet : des cahiers des charges, des maquettes, des analyses… Être effectif sur Internet, c'est à mon sens éprouver un besoin presque compulsif d'inscrire sa pensée dans un document qui a en vue une action, de livrer quelque chose.

Ce ne sont pas forcément des qualités faciles à détecter au cours d'un entretien, mais je m'y efforce en posant des questions sur les loisirs pour la curiosité, en sortant des questions convenues pour tester la réactivité ou encore en mettant le candidat en situation au moyen des petits cas d'affaires.

Cela ne m'a pas empêché de faire des d'erreurs, malheureusement. Outre qu'un candidat peut passer au travers des mailles du filet, ces caractéristiques ne sont pas une garantie qu'il soit sinon bon, du moins prometteur. Cependant, bien des candidats aux missions que je pourvois sont des étudiants inexpérimentés sur Internet. Souvent, ils ne savent pas eux-mêmes si ce milieu leur plaira. Cela m'aide à réduire les risques d'erreur d'aiguillage.


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