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l’histoire de Charline et des chirurgies orthopédiques

Publié le 01 décembre 2008 par Suzanneb

Les dates et lieux sont réels.

À 56 ans, Charline s’est fracturé la jambe droite au début sept 2007 (fracture tibia peronné).

Elle a subi une première opération le 3 sept 2007: insertion de plaque et 5 vis. Sortie de l’hôpital Ste-Marie de Trois-Rivières le 10 septembre.

Lors de cette intervention, l’orthopédiste insère des tiges de métal dans les os pour leur permettre de se ressouder. Dès son retour à la maison elle sentait de la douleur au niveau de la plaie et dans la jambe… son premier rendez-vous étant fixé au 24 septembre, elle a décidé d’attendre cette date, ce qui est courant, on ne veut pas déranger les médecins pour rien.

Lors d’une visite de contrôle le 8 octobre on se rend finalement compte qu’elle est victime d’une (ou de plusieurs) infection(s). Elle est alors ré-hospitalisée et rencontre un infectiologue. Il ne lui mentionnera jamais de quelle nature et d’où viennent ces infections, et dès le lendemain elle subira une 2e intervention, un curetage de la jambe cette fois. On lui installera un pansement vac et des antibiotiques en intraveineuse.

Chronologie des évènements

  • Sortie de l’hôpital le 18 octobre, chaque jour une infirmière lui rend visite chez elle pour changer ses pansements.
  • Visite de contrôle le 20 novembre, l’infection est toujours présente, on continue les antibiotiques. Le médecin lui dit qu’il ne croit pas venir à bout de l’infection juste avec les antibiotiques, mais on est proche de Noël… il remet la prochaine intervention à plus tard… risquant ainsi de faire perdre sa jambe à mon amie.
  • 4 janvier 2008, 3ieme opération… Les fêtes sont maintenant passées, on se décide enfin à lui enlever les plaques et vis installées précédemment et on fait un deuxième curetage de l’os.
  • 31 janvier 2008, Installation d’un picline pour prise d’antibiotique par intraveineuse.
  • 8 février 2008, 4ieme opération: greffe d’os (une partie d’os pris dans la hanche) et lambeau musculaire (partie du mollet) greffé sur le devant de la jambe + fixateur externe.
  • 21 février 2008, 5e intervention: Greffe de peau du genou droit.
  • Sortie de l’hôpital le 26 février 2008. Jusqu’au 28 avril, elle passera 6 autres contrôles à l’hôpital.
  • 12 mai 2008: enlèvement du fixateur externe.

Par la suite elle a continué de faire contrôler sa jambe (radiographies) et l’infection (prises de sang). Un peu inquiête de son état, elle demande des explications à l’orthopédiste qui est là lors de l’un de ses contrôles. Elle tente de savoir où et quand elle a attrapé ces infections… pour seule réponse elle se fait dire:

Vous savez Mme… on a sauvé votre jambe.

La belle affaire. N’eut été de ces 3 infections qui n’y étaient pas à son arrivée (juste une jambe cassée) il n’y aurait eu aucun risque qu’elle perde sa jambe. C’est abominable… et contraire aux lois qui interdisent cette pratique silencieuse.

Le médecin doit informer son patient de tout incident, accident ou complication susceptible d’entraîner ou ayant entraîné des conséquences significatives sur son état de santé ou son intégrité physique (art. 56 loi sur les services de santé et les services sociaux, L.R.Q., c. S-4.2). Il doit de plus faciliter la prise de décision du patient et la respecter.

En douce, un autre médecin plus compréhensif, écrira sur un bout de papier les noms des 3 infections que le personnel a dû combattre: Peptostreptococcus - Corynebacterium - Staphylocoques à coagulase négative

Mon amie Charline a repris le travail après 13 longs mois de souffrance. De nombreuses cicatrices sont visibles et elle doit encore suivre des traitements de physiothérapie.

Les infections nosocomiales en chirurgie orthopédique sont courantes et peuvent entraîner des conséquences très graves.

L’infection du site opératoire (ISO) en chirurgie orthopédique (ISO-CO) reste actuellement une complication très grave liée à un taux élevé de morbidité et de mortalité. Les techniques particulières à certaines pathologies nécessitant la pose de prothèse ou de matériel de synthèse fait que les mécanismes de défense du patient deviennent inefficaces et l’infection va se déclarer avec des inocula très réduits. Ceci implique une rigueur irréprochable dans les mesures préventives de ces infections en matière de chirurgie orthopédiques.

Il doit y avoir eu des manquements aux règles d’hygiène, pourquoi pas aussi des manquements dans la nécessité d’agir vite, dès novembre 2007 Charline aurait dû faire enlever l’instrumentation qui empêchait (les médecins le savaient) la guérison de sa jambe… risquant ainsi de la lui faire perdre.

L’hôpital est resté silencieux quand à sa responsabilité, la nature des infections, les risques que cela pouvait causer… il ne faut pas s’attendre à des excuses de leur part. Mais de là à laisser entendre qu’ils sont des sauveurs: «On a sauvé votre jambe» il y a une marge. Une telle arrogance est inadmissible de la part du personnel hospitalier.

L’omerta durera tant que les établissements et les membres du personnel hospitalier continueront de se couvrir les uns les autres.

Posez des questions, ne laissez pas votre état de santé se détériorer sans questionner jusqu’à obtenir une réponse satisfaisante… c’est votre droit ! c’est du devoir des médecins de vous informer.

Ne laissez pas les médecins s’encenser eux-mêmes. Utilisez votre jugement pour comprendre les bénéfices et les risques pour votre santé.


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