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Dati blues

Publié le 02 décembre 2008 par Jlhuss

de-fillipis.1228163805.jpg Il semblerait que les milieux de presse n’étaient pas au courant ; ils apparaissent surpris : C’est pourtant toujours ainsi, au petit matin, 6h 40 ( nous approchons de l’hiver), avant le lever du soleil, que les forces de police exécutent les réquisitions judiciaires en intervenant au domicile des gens. C’est parce qu’il s’agit d’un journaliste ou apparenté que l’affaire fait grand bruit. Au delà du professionnel concerné c’est à tous les “justiciables” qu’il conviendrait de penser. « Coups répétés à la porte, 4 policiers, brassard au bras, l’enjoignent de les suivre. Il ne peut téléphoner ni à sa famille ni aux avocats du journal. Le journaliste demande à son fils aîné, âgé de 14 ans, d’emmener son petit frère de 10 ans à l’école. » selon Libération, l’employeur à l’époque des faits.

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Vittorio de Filippis menottes aux poignets, après un passage au commissariat, est amené au dépôt du tribunal de grande instance de Paris. On lui demande de se déshabiller et il est fouillé à corps. Plus de ceinture, plus de lacets etc. etc. Il ne s’agit pas d’une affaire de mœurs, d’un sale violeur, d’un malfrat répugnant … NON. Il s’agit d’un responsable de publication accusé de diffamation. La peine éventuellement encourue ne peut être l’emprisonnement. Le mandat d’amener stipule la mise en examen pour «diffamation publique». L’interpellation ainsi menée, serait nécessaire, car Vittorio de Filippis n’aurait pas répondu à de nombreuses convocations. Il faut dire que c’est une “affaire” qui traîne; la plainte remonterait à plus de 2 ans.

Il y a de quoi frémir quand même ! Je connais une personne ainsi « molestée » dans des conditions identiques, relâchée quelques heures plus tard, (c’était une erreur !) et qui n’est toujours pas remise de ce véritable « viol » du petit matin.

Pour l’affaire citée, c’est l’émotion subite : Le président de la République semble comprendre “l’émoi suscité par les conditions d’exécution d’un mandat de justice à l’occasion d’une affaire de diffamation.” Il a confié à la commission présidée par l’avocat général à la Cour de justice Philippe Léger “la mission de travailler à la définition d’une procédure pénale modernisée et plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes”. Laurent Joffrin, successeur de Filippis a fait savoir sa satisfaction devant cette prise en compte par le Président de l’émoi des rédactions : “Je constate avec une certaine satisfaction que le président de la République a contredit en deux phrases sa ministre de la Justice et sa ministre de l’Intérieur, et que le problème que nous avons soulevé est un vrai problème, tel qu’il l’a lui-même confirmé. Un problème qui ne se pose pas seulement pour les journalistes mais pour l’ensemble des citoyens” OUI ! OUI !Certes un vrai problème ! Il serait temps de le reconnaître et de l’écrire. De son côté le porte parole de l’UMP, a demandé l’ouverture d’une enquête. «Le traitement subi par le responsable de Libération, arrêté dans le cadre d’une affaire de délit de presse non passible de prison, paraît surréaliste»

La magistrate ayant lancé le mandat d’amener était sans doute pressée d’en finir avec une vieille affaire. Peut-être devait-elle se rendre à une réunion syndicale dont l’ordre du jour était : les primes, les échelons, la grille indiciaire, le tableau d’avancement, les postes, les congés, les RTT… (je plaisante) A moins qu’il ne s’agisse d’une manif contre Dati ! Vous savez Dati qui réquisitionne les magistrats en pleine nuit, pas à 6h 40 ! De toute manière, c’est encore cette pauvre Dati qui va “trinquer”, n’ayez aucune crainte.

Soyons très heureux que cette péripétie rocambolesque, maintenant super-médiatisée, touche le milieu de la presse. Ainsi, enfin, on évoque publiquement pour s’en offusquer ces méthodes d’un autre âge; NON ! … ces procédures, diront les juristes et les Ministres “porte-voix”. A qui fera-t-on croire que les journalistes n’étaientt pas au courant de ces pratiques moyenâgeuses qu’ils semblent découvrir ?  De ces … PROCEdures !

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La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, qui fait partie de notre Constitution, prévoit que «tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi».

Rachida Dati, dans cette affaire, a semblé soutenir magistrats et policiers : elle a tenu à préciser, imitant Alliot-Marie, que la procédure (encore!) suivie touchant à l’arrestation au petit matin de l’ancien directeur de la publication de Libération pour le mener devant un juge d’instruction était “régulière“. La pauvre … elle est toujours à côté de la plaque. Il faut soutenir; elle éructe; il faut s’écarter, elle adhère …Et une fois de plus Sarko tacle.

Vous pourrez parcourir avec délectation le Bon Maître Eolas et son approche juridique des faits par lui connus. On le sait bien, les juristes ne font jamais avancer le schmilblick, mais à les lire on se sent encore plus en incécurité !

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