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L’expérience du “Christian Science Monitor”: faut-il jeter le papier?

Publié le 02 décembre 2008 par Jérémy Dumont

Pressnumé

La question a été formulée de plusieurs façons à l’occasion du Forum organisé par l’école de journalisme de CUNY (City University of New York) sur les nouveaux modèles économiques de l’information: faut-il abandonner le papier pour passer au tout numérique?

C’est ce que va (presque) faire dans quelques mois un quotidien américain fondé il y a un siècle, “The Christian Science Monitor”. Mardi 28 octobre, le journal - qui a perdu les trois quarts de sa diffusion depuis les années 70 (56.000 contre 223.000 exemplaires) et affiche des pertes de près de 19 millions de dollars - a annoncé qu’il allait devenir hebdomadaire à partir d’avril 2009, l’information quotidienne étant désormais traité au fil de l’eau sur le site web.

Le “CSM” est dans une situation à part dans l’univers de la presse nord américaine: alors que la publicité apporte plus de la moitié des recettes des quotidiens, le “Monitor” tire l’essentiel de ses ressources de la vente des abonnements (11 millions de dollars) mais la publicité ne rapporte qu’un petit millions de dollars, la subvention de l’église propriétaire du journal atteignant 12 millions de dollars.

Le calcul (détaillé ici par businessweek.com) était donc relativement simple à faire: réduction des coûts d’impression et de distribution de ceux d’un quotidien de 20 pages à un hebdomadaire de 40 pages et de distribution, augmentation du trafic sur le site web relooké pour doubler le nombre de visiteurs uniques (700.000 actuellement), maintien de la publicité, reduction limitée du personnel (130 personnes dont 100 journalistes dont une partie dans neuf bureaux à l’étranger). Au total, le CSM table sur un retour à l’équilibre dans les cinq ans.

Alan Mutter pense sur newsoraur que c’est jouable:

abandoning print is a good call for the Monitor, which intends to put the bulk of its resources in the future into an upgraded website and a slick, weekly magazine.

Pourquoi dès lors les autres journaux qui sont confrontés exactement aux même difficultés ne s’engouffreraient-ils pas dans la brèche? La réponse apporté ces derniers jours ici et là est une triste rengaine: à cause de la publicité! Et la démonstration est à gros traits la suivante: les quotidiens (aux Etats-Unis) font près de 70% de leurs chiffres d’affaires avec la publicité; un lecteur rapporte grosso modo 10 dollars; un internaute lui ne pèse que 1 dollar dans le meilleur des cas; arrêter le paier permettrait de baisser de 60% les coûts de production mais pour mettre les comptes à l’équilibre il faudrait que l’internaute “vale” au moins 5 dollars. On voit que c’est quasiment injouable. Surtout quand on a des actionnaires qui attendent de toucher de leur investissement au moins le taux de la caisse d’épargne. Donc les groupes de presse ne sont pas prêts de lâcher le print parce qu’ils ont besoin des recettes de la pub. Ce qui revient à dire qu’on est dans un véritable cercle infernal car la publicité est de plus en plus difficile à vendre dans les journaux parce qu’elle est de moins en moins lu. Alan Mutter le dit ainsi:

La suite ici

Crédit: jvrpg

Posté sur : levidepoches / médias
Posté par :
Loïc LAMY
Source : Chienecrase


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