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Législation sur le C02 des voitures : échec de l’Europe en matière de lutte de protection du climat

Publié le 02 décembre 2008 par Greenpeacefrance

Greenpeace dénonce l’accord conclu le 1er décembre entre représentants des États membres de l’Union européenne, du Parlement européen et de la Commission, sur la future réglementation européenne visant à obliger les constructeurs automobiles à réduire les émissions de CO2 de leurs voitures neuves.

« Avec un tel compromis, les constructeurs automobiles vont être autorisés à émettre plus encore qu’ils ne le font aujourd’hui !, dénonce Anne Valette, en charge de la campagne Climat de Greenpeace France. À l’heure de la crise du secteur automobile, tout le monde s’accorde à dire que l’avenir de cette industrie en Europe réside dans des voitures moins polluantes, les États offrent des milliards aux constructeurs et… l’Union européenne adopte une législation au rabais ! Voilà un signal extrêmement grave envoyé par l’Europe au monde, au lendemain de l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur le climat de Poznan. »

130 g au lieu de 120 g, et en 2015 au lieu 2012…
Ce compromis prévoit d’étaler sur la période 2012-2015 l’effort demandé aux constructeurs pour ramener la moyenne des émissions de CO2 des voitures à 130 grammes par kilomètre (g/km) pour l’ensemble des véhicules vendus sur le territoire européen en 2015, au lieu des 120 g en 2012 visés au départ par la Commission européenne.

Dans la dernière ligne droite des négociations, les États membres de l’UE ont surtout défendu les intérêts de court terme de leurs industries nationales plutôt que s’unir pour relever le défi climatique.

Selon un calcul effectué par Greenpeace, si toutes les dérogations réclamées par les uns et les autres sont retenues, la future réglementation risque d’autoriser jusqu’à 164,5 g de CO2/km d’ici à 2012. C’est davantage que la moyenne européenne actuelle (chiffre 2007 : 158 g).

« Gouvernements et entreprises ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et défendent leurs intérêts nationaux de court terme plutôt que s’unir pour relever le défi des changements climatiques, déclare Anne Valette. Pourtant, les mesures en faveur de l’environnement constituent aussi des réponses à la crise économique et permettraient entre autre de réduire considérablement la facture énergétique des États et des ménages. »

Objectif à 2020 : comment y croire ?
Si le texte final retient l’objectif de 95 g de CO2/km pour 2020, rien ne garantit qu’il sera respecté. « À défaut d’avoir sapé l’objectif à 2012, l’Union européenne aurait pu sauver l’objectif de long terme, reprend Anne Valette. Non seulement le compromis ne rend pas cet objectif contraignant, mais, via la mise en place d’une clause de révision, il ouvre la possibilité que cet objectif soit réévalué à la baisse. »

Ce que demande Greenpeace
Il reste une chance à Nicolas Sarkozy, qui s’est engagé à faire de la lutte contre le dérèglement du climat la priorité de sa présidence de l’UE, de tenir sa parole. L’accord a minima conclu le 1er décembre doit encore obtenir l’aval des ministres de l’Environnement les 4 et 5 décembre, puis du Parlement européen le 17 décembre.
D’ici là, Nicolas Sarkozy doit défendre une réglementation qui limite la moyenne des émissions à 120 g de CO2/km d’ici à 2012 pour l’ensemble de la flotte et fixe dès aujourd’hui un objectif de 80 g/km à l’horizon 2020, en excluant toute révision à la baisse de ce chiffre.


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