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Luxembourg : le grand-duc tacle le parlement

Publié le 02 décembre 2008 par François Collette

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La monarchie grand-ducale, généralement très très discrète, vient de secouer avec fracas son opinion publique dans un domaine moral et bioéthique au cœur de l’actualité luxembourgeoise : l’euthanasie sous certaines conditions. Le très catholique grand-duc Henri vient en effet de déclarer qu’en tant que chef de l’Etat il refuserait de « sanctionner et promulguer » la loi qui vient d’être adoptée en première lecture au parlement. Sans cet imprimatur requis par la Constitution, la loi ne pourra être mise en force.

En Belgique et aux Pays-Bas, une loi régissant l’euthanasie sous conditions est en vigueur depuis quelque temps déjà et tout le monde y trouve son compte car elle est bien encadrée. En France, on s’est tâté il y a un an ou deux (je parle de mémoire) et le problème a été mis au placard … pour longtemps.

Cette info ne défraiera certainement pas la chronique internationale mais elle mérite qu’on y réfléchisse : un seul homme non élu peut décider en lieu et place de la démocratie parlementaire de son pays. En Europe et au XXIème siècle ! Son Altesse est le neveu du roi des Belges Albert II et de feu son frère Baudouin Ier qui en son temps avait fait le même coup lors du vote de la loi dépénalisant l’avortement.

La parade a été vite trouvée puisque le Premier ministre (chrétien démocrate) Jean-Claude Juncker a déclaré que le parlement allait modifier la Constitution et raboter les pouvoirs du maître après Dieu. Lors de « l’affaire Baudouin », le gouvernement belge de l’époque avait créé un tour de passe-passe bien belge et plutôt faux-cul en poussant le roi à se déclarer « dans l’impossibilité de régner » pendant quelques heures, le temps de promulguer la loi sans lui. On en rit encore. Mais Henri, lui, ne rit pas. Et Juncker non plus.

Cette « péripétie » démontre une fois de plus par l’absurde l’obsolescence des régimes monarchiques. Mais les mythes et les traditions ont la vie dure. Alors, pour que la démocratie parlementaire puisse s’exprimer sans détours mais sans casser la baraque royale, on rabote et on rerabote les « pouvoirs » du Souverain jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’un personnage d’opérette avec son bel uniforme de Général Dourakine. C’est à mourir de rire.

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Photo captée sur www.eu2005.lu

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