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Niou public management

Publié le 07 décembre 2008 par Alain Hubler

BibliothèqueDonc, selon un rapport d’audit, la Bibliothèque municipale de Lausanne est bien malade. Selon la presse, cet audit met le doigt sur des dysfonctionnements avérés caractérisés par un climat délétère, une détérioration des compétences relationnelles et une mauvaise organisation des tâches. Rien que ça !

Une situation tellement conflictuelle que Silvia Zamora, la municipale en charge de la Culture, a décidé de mouiller sa chemise et d’intervenir personnellement pour renouer le dialogue entre le personnel et la direction de la bibliothèque.

Comme on peut bien s’en douter, une telle ambiance n’est pas propice à la mise en place de l’ouverture du samedi de la bibliothèque. Une ouverture demandée par les usagers et soutenue par le personnel, mais une ouverture annoncée à ce dernier par … la presse. Une ouverture qui sera bien évidemment accompagnée d’un chamboulement des horaires de travail et qui aurait mérité un peu plus de doigté dans la communication. Une communication défaillante d’ailleurs pointée du doigt par le rapport d’audit.

C’est sur ces entrefaites, et alors que les turbulences continuent de secouer le lieu cher aux bibliophiles lausannois, que la municipale, qui s’est donné pour mission de rétablir la confiance nécessaire à la motivation de l’équipe pour mener à bien la mise en place de l’ouverture du samedi, a eu l’excellente idée d’envoyer une lettre dans laquelle elle menace explicitement de licenciement ceux qui ne signeraient pas dans les meilleurs délais un engagement ferme à travailler le samedi.

Pour montrer son ouverture et son sens du dialogue, la municipale précise que les récalcitrants seront préalablement convoqués dans ses bureaux.

Enfin !

Voilà une décision qui honore la magistrate socialiste qui, ce faisant, lutte contre le laisser-faire habituel de la gauche. Une bonne vieille menace de licenciement voilà qui va permettre de réinstaurer une saine ambiance de travail ainsi qu’une estime réciproque entre les travailleurs et leurs responsables administratif et politique. Nul doute aussi que ce que la presse qualifie – abusivement, comme toujours – d’ultimatum crée les conditions indispensables à un état d’esprit favorable au développement harmonieux du service public.

Quant au « petit noyau [qui] fait obstacle en faisant croire qu’il est contre l’ouverture», cette pédagogie du bâton devrait en avoir raison et le réduire à la taille d’un pépin.

Pour ma part, je salue haut et fort la démarche courageuse de cette municipale à poigne qui, loin de s’encombrer des conclusions d’un rapport d’audit qui coûte déjà suffisamment cher en lui-même, évite de s’embarquer, en plus, dans de chronophages et coûteuses opérations de concertation avec un personnel qui est, somme toute, là pour travailler et pas pour pleurnicher sur son sort.

Une main de fer dans un gant de velours qui ne confond pas culture du dialogue avec culture tout court.

  

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