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Les Français apprennent l'économie - Laffer, chef d'escadrille (2)

Publié le 07 décembre 2008 par Mtislav
    On n'imaginerait une conjoncture plus déprimante : imaginez une corporation honorable, que dis-je, aussi brillante qu'utile à la société, vous l'avez deviné, je parle des économistes. Les malheureux ne disposent même pas d'une catégorie dans le classement Miko. Certains parviennent toutefois à se hisser dans le classement en se glissant dans la catégorie "divers" (comme Econoclaste). En règle générale, ils ne sont pas référencés ou occupent une place désastreuse. Nous les en félicitons. On hésite à leur faire une publicité qui probablement les dérangerait quand elle ne jetterait pas un éclairage dangereux sur leurs intimes palimpsestes. Dont la poussière elle-même est chargée de valeur et d'utilité toute subjective.
La plupart ne sont pas fous. Ils consacrent beaucoup de temps à essayer de vous convaincre qu'ils ne sont pas de piètres mathématiciens n'hésitant pas à écrire sur la nappe au restaurant ou sur le tableau maintenant blanc de leurs salles de cours. N'importe quel exemple pourrait faire l'affaire. Prenons donc Laffer connu pour gribouiller sur les nappes au restaurant . Vous vous en souvenez, une pression fiscale trop forte est contre-productive pour l'Etat. Celui-ci engrangera davantage de recettes en s'abstenant d'augmenter le taux d'imposition (selon le précepte "trop d'impôt tue l'impôt").
Pour revenir à la nappe célèbre, les convives étaient Jude Wanniski, Donald Rumsfeld et Dick Cheney. Si vous ne connaissez pas Jude Wanniski, c'est pas grave : il a été rédacteur en chef des pages éditoriales du Wall Street Journal et a écrit The Way The World Works, ouvrage considéré par les éditeurs de la National Review comme l'un des 100 livres les plus influents du XXème siècle.  Ces gens-là ont l'art de se tromper mais nous ne laisserons pas influencer. Donald et Dick, eux, vous les connaissez. Songez quelques secondes aux adjectifs que vous aimeriez leur adresser. Figurez-vous que l'économiste peut lui aussi se laisser aller. Le Blogue du Québécois libre traite de l'économie mais sans langue de bois. Laffer fait partie de ce "crétins habituels qu'on voit constamment dans les médias pour commenter les questions financières et économiques (...) et qui "font les prédictions les plus absurdes". Laffer ferait lui-même partie de la sous-catégorie des "illettrés économiques".
"Comme les friedmaniens et autres partisans confus et partiels du libre marché, Laffer ne comprend absolument rien aux questions monétaires et aux cycles économiques.
Un blog bien sympathique nous donne quelques pistes pour trouver "10 bons usages de la courbe de Laffer". C'est celui d'Emmeline et Jean-Edouard . Il s'intitule "Ma femme est un économiste (et moi aussi)". Le couple harmonieux nous présente ainsi la courbe de Laffer de la consommation d'alcool en soirée
Extrait :
"il est parfois difficile d’oser faire le premier pas sans l’encouragement que procurent quelques petits verres. Inversement, lesdits petits verres, mais en trop, vous causeront un trou noir parfaitement inefficace et sous-optimal ; pire, ils peuvent même vous amener à dessiner des graphiques d’économie sur des serviettes en papier, ce qui est un tue-l’amour assez définitif. Conclusion : entre 0 verre et un pichet de vodka (cas avéré – je tiens à dire fièrement que l’auteur de cet acte viril et courageux non seulement a survécu - heureusement, mais encore n’est pas Jean-Edouard), il existe un degré de bourrage de gueule optimal maximisant toutes choses égales par ailleurs vos chances de repartir avec l’objet de vos désirs (que celui-ci soit mâle ou femelle). Emmeline tient à signaler à tout membre de sa famille lisant ce billet qu’elle se situe immanquablement du côté 0 (et que y en a certains qui feraient bien d’en faire autant !)."
Tout aussi utiles, vous ne manquerez pas de consulter la courbe de Laffer du muffin à la banane ou celle du billet de blog (que je vous conseille de lire pour la bonne raison que s'y trouve la chute si vous vous mettez en tête de la trouver, ce n'est pas la nôtre mais tant pis).  Nous nous réjouissons de vos commentaires à condition d'abord qu'ils ne contiennent pas de blague à deux sous et ensuite parce que nous la faisons pour vous : ces commentaires ne feront pas l'affaire (contrairement à ceux qui accompagnent le billet d'Emmeline et Jean-Edouard, vous n'allez pas me croire, un seul qualificatif leur convient, ils sont proustiens). 
photo : sculpture d'Idel Ianchelevici, Le plongeur (Port des yachts de Liège)  

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