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Nouveau sursaut de la crise financière : “Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés”

Publié le 16 décembre 2008 par Kamizole

bernard-l-madoff-bernie-la-fripouille.1229396867.jpgÇa y est ! Aujourd’hui, c’est La Fontaine - «Les animaux malades de la peste» qui est appelé à la rescousse. Vous allez encore dire que mémé Kamizole fait encore son «intéressante» ! comme l’on disait dans la cour d’école de mon enfance… mais je ne puis échapper à ces réminiscences qui flottent dans l’immensité (vide) de mon cerveau et m’obsèdent comme la «petite phrase musicale» de Marcel Proust.

Pourquoi d’ailleurs s’en priver quand elles dépeignent à la perfection - avec le talent d’une économie de mots que j’aurais peine à atteindre - la réalité de la situation ?

Réveillée vers 1 h du matin après une longue sieste tardive (il faut bien récupérer des insomnies à un moment ou un autre et j’ai quasi erré lamentablement toute la journée d’hier) j’entendais tout à l’heure égrener sur France-Info la litanie des établissements bancaires français victimes de faramineuses pertes à la suite de la «chute de la maison Madoff» : BNP-PARIBAS, 350 millions d’euros, Natexis, encore plus fort : 450 millions d’euros !

Dexia est carrément minable : seulement 85 millions d’euros ! Ses clients fortunés «auraient une exposition totale de 78 millions d’euros»… Je suis sans doute une vraie salope mais je ne vais sûrement pas pleurer sur leur sort !…

J’en reparlerais sans doute assez vite, à la suite d’un article du Figaro d’hier : La chute de Bernie, le philanthrope modeste ami des riches…Ruinés ? Ils peuvent bien pleurer …

Ont-ils jamais eu une vraie pensée pour tous ceux que leur cupidité avide – les actionnaires de tous les fonds, et par suite, de toutes les entreprises exigeant du 15 %, sinon rien ! – mettait sur la paille des millions de salariés licenciés pour la prospérité de la Bourse.

Dans le même ordre d’esprit - mais c’est un article du Figaro… qui commence en disant : «pas d’impact pour SocGen et Crédit Agricole»… mais un peu plus loin, une broutille : «seulement» une exposition négligeable, leurs pertes potentielles s’élevant à moins de 10 millions d’euros…

Chez ces «gens-là», on ne compte pas vraiment comme dans la population «normale» ! Si 10 millions d’euros, ça compte pratiquement «pour du beurre»… pour mettre les idées au clair, cela fait tout de même 65 millions de francs !

Je ne voudrais pas tomber dans le misérabilisme populiste mais les «Restos du Cœur», vous leur donnez 10 millions d’euros, ça leur fait combien de repas pour combien de personnes – ils sont débordés de demandes nouvelles cette année ! – dont ils soulagent un tout petit peu l’extrême misère ?

Jusqu’à présent tous les articles que j’ai épluchés ne donnaient d’informations que sur les établissements français ou européens. Une seule exception, un article “d’E24″ lu hier sur 20 minutes : Les milliardaires arabes ont perdu 25 milliards de dollars qui nous apprend que le plus touché est aussi un des plus riches, le prince saoudien Al-Walid Ben Talal. Il a perdu 4 milliards à lui tout seul, voyant ainsi fondre sa fortune à 17,08 milliards de dollars…

Il a encore “du cas” comme dirait un Solognot ! Notamment un avion privé Airbus 380, baptisé “Palais volant”, commandé en novembre 2007 pour 330 millions de dollars… Voilà qui risque fort de faire baver d’envie le Petit Nicolas ! Cet étalage éhonté du fric à gogo des parvenus a toujours quelque chose de nauséabond et répugnant.

Le reste du monde devrait suivre car il m’étonnerait fort que l’ensemble des établissements de la planète n’ait pas mis son nez dans le même «pot de confiture» !

Axa reste dans le «flou artistique» - la «transparence» n’a jamais été le fort de l’assureur français ! - quant à la nature et l’étendue de son exposition, qui serait «bien inférieure» à 100 millions d’euros… (99,9 millions ?).

Petite revue : en ESPAGNE (plus de 3 milliards de dollars, selon Libération) Santander, deuxième capitalisation bancaire européenne, a indiqué dimanche que les clients de son fonds spéculatif «Optimal» - le bien mal nommé ! - étaient exposés à hauteur de 2,33 milliards d’euros… Mazette ! Remarquez bien, ce sont ses clients qui sont exposés. Tous les risques sont pour eux, la banque est naturellement blanc-bleu…

La seconde banque espagnole, deuxième banque, BBVA, reconnait une perte potentielle maximum de 300 millions d’euros, en précisant qu’elle n’a jamais commercialisé de produits Madoff à ses clients espagnols…

Mais point n’est besoin, le mécanisme est désormais connu. C’est le cas pour la BNP et Natexis qui - a priori - n’auraient fait pour leur compte propre aucun investissement direct dans les les hedge funds gérés par Madoff. ..

Selon le Figaro «Elles auraient en fait investi dans le cadre d’opérations pour leur clientèle, dans plusieurs fonds dont les titres ont été confiés à des dépositaires de grandes banques internationales, qui ont eux même délégué ces titres à une société de Bernard Madoff»… Cela fait tout à fait penser à “l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours” !

Les «hedge funds» - fonds spéculatifs - fort en vogue dans la finance anglo-saxonne sont responsables de tout, des dérives financières comme de la «chute de la Maison Madoff»… C’est leur avidité effrénée qui a nourri sans cesse la fuite en avant dans la spéculation.

Et le pire : il semblerait que, de 2003 à 2008, ces placements étaient presque tous «présentés comme étant investis en bons du trésor américain». Une arnaque délibérée de la plus belle eau : non seulement voleurs mais également menteurs ! «L’internationale» des financiers véreux existe bien.

Souvenez-vous : il ne fut un temps question que de «gestion alternative» - y compris dans le supplément «argent» du Monde qui paraissait le lundi… sous l’ère Colombani & Minc ! Des rendements séduisants ! Marchant bien évidemment de conserve avec les deux autres compères : «création de valeur» - pour l’actionnaire, uniquement ! – et «retour sur investissement», ce qui est d’autant plus révoltant que cet argent ne servait jamais à aucun investissement tangible : l’argent fabriquant de l’argent et rien d’autre… Bien curieuse «machine» !

Mis à mal par le krach boursier, nombre de hedge funds ont réclamé leurs capitaux à Madoff pour faire face à la crise des liquidités… Celui-ci ne pouvait leur rembourser que du vent…

Selon le Figaro, Madoff travaillait officiellement avec une vingtaine d’institutions auxquelles il faut ajouter les riches particuliers (plusieurs milliers de noms). Parmi les hedge funds, Le Figaro cite le fonds spéculatif Fairfield Greenwich (à lui seul, une perte de 7,28 milliards !) et «le fonds de fonds» (!) Tremont : plus d’un milliard de pertes…

Pour la SUISSE , difficile de démêler pour l’instant le vrai du faux, selon les titres… Selon le Figaro, les banques suisses UBS et Crédit Suisse ne reconnaissent aucune exposition «matérielle» à cette escroquerie… Et «dématérialisée» - comme les titres – combien cela donnera-t-il ? Wait and see…

L’Union Bancaire Privée se contenterait d’indiquer que «moins de 1% de ses avoirs sous gestion de la Banque privée serait menacé par cette fraude»… Encore faudrait-il connaître son bilan ! et… qu’il ne soit pas trafiqué.

Autre son de cloche, en revanche, selon Libération Les prestigieux clients de Madoff selon lequel la place financière genevoise pourrait avoir perdu 4,25 milliards de dollars, dont 850 millions pour la seule UBP, le numéro 1 mondial des hedge funds… Sont également touchés : «Benedict Hentsch à Genève, ainsi que la Neue Privat Bank de Zurich font partie des plumés de Madoff.»… pour une fois que ce ne sont pas les pauvres que l’on plume !

En ITALIE, UniCredit serait exposée pour environ 75 millions d’euros et Banco Popolare exposée indirectement aux environ de 68 millions d’euros maximum.

En ANGLETERRE, Gordon Brown – qui se prenait il y a peu pour Dieu et Batman réunis en un seul homme : «j’ai sauvé le monde… euh ! les banques» aura-t-il encore assez d’énergie dans ses batteries pour volet au secours d’ HSBC : 740 millions d’euros ! et qui a «confié qu’elle avait accordé des prêts à un petit nombre d’institu-tionnels ayant investi dans des fonds Madoff.» !

Des «institutionnels» ! On aura tout vu… Plus aveugles, rapaces et aveugles les uns que les autres…

Royal Bank of Scotland (RBS) – dont le gouvernement britannique est actionnaire à 57,9% ! – fait égalemet très fort : 460 millions d’euros de pertes potentielles.

Tous ces chiffres ont beau n’être que des expositions au risque, il m’étonnerait fort que les pertes potentielles ne se transformasssent pas à terme en pertes sèches, les fonds – surtout spéculatifs – de Madoff semblant bien n’être rien d’autre qu’un coquille vide avec des actifs fictifs.

Certains des créanciers directs de Madoff récupéreront peut-être ( ?) une partie de leurs billes sur le reste de sa fortune mais tous les spéculateurs et établissements bancaires et financiers qui ont investi indirectement – «à l’insu de leur plein gré» ! - dans les fonds spéculatifs, n’en reverront sans doute jamais la couleur…

Ah ! qu’elle est belle la «Planète finance»… quand tout va !

Jusqu’à présent, je n’ai rien lu sur d’autres pays européens : Belgique, Hollande ou Luxembourg. Encore moins le si «transparent» Liechtenstein…

Il serait bien marrant que tous les grosses fortunes de France qui «pélerinaient» jusqu’à Vaduz pour échapper au fisc aient perdu toutes ces éconocroques mises à l’ombre du «paradis fiscal» !


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