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Vendanges tardives

Publié le 02 décembre 2008 par Arsobispo
Je viens de recevoir la lettre annuelle de l’ami Seppi Landmann, le pape de la Vallée nobilis. Il s’en prend cette année, non sans raison, au plan de modernisation de la viticulture qui prévoie un bouleversement des appellations faisant la part belle à la production de vins industriels sous le label IGP (vins avec indication géographique protégée) dont les règles de production seront simplifiées au contraire des AOP (appellation d’origine protégée). En somme une banalisation des terroirs et la mort des petits artisans. Le libéralisme européen n’à que faire de ces paysans qui ne savent ou ne veulent quitter leur parcelle et leur chai ou s’élaborent des nectars avec la recherche continuelle de la qualité, la spécificité, l’originalité plutôt qu’une production de masse de vins a prix compétitif mais dénué de personnalité.
On sait de toute façon que nos gouvernements successifs n’ont qu’un seul objectif, faire baisser la consommation des vins par la loi. Paradoxalement, on sait aussi que l’alcool ne semble pas faire partie de leurs soucis, alors qu’il fait beaucoup plus de mal sur la santé publique. Il est vrai que depuis l’interdiction de distiller en France, seuls les grands groupes industriels peuvent produire de l’alcool. Mais, eux, pas touche. Ne surtout pas les empêcher de réaliser des bénéfices sur le dos de la Santé Publique. Cela m’amène à penser que nos dirigeants n’ont d’autre objectif que d’obtenir la mort des vignerons au profit de ces grands groupes industriels.
Pour terminer sur Seppi, sa sélection gewurztraminer grains nobles Zinnkoepflé 1998 a reçu la médaille d’or 2008 au concours international Gewurztraminer du Monde  http://www.seppi-landmann.fr
La méthode d’égrener le raisin à la main afin de ne sélectionner que ceux qui présente une maturité et une qualité optimum n’est pas réservée à l’Alsace. De nombreux terroirs s’y essayent avec plus ou moins de bonheur. Quelques artistes vont jusqu’au bout d’une logique d’exception. Ainsi, à Tordères, Claude Lafage, dont le domaine brille déjà d’une grande notoriété dans les côtes du Roussillon, au cœur des vignobles de l’Aspre… Premier temps de l’opération, une vendange tardive de syrah et de grenache qui débute par le transport de barriques au pied des ceps. Là, grappe après grappe, grain après grain, une sélection rigoureuse s’opère. Seules sont sélectionnées les baies dont la maturité est parfaite, la virginité absolue, signe d’absence de carence ou trace d’une quelconque attaque – y compris celle du botrytis. Il faut à tout prix éviter l’apparition d’une oxydation. On voit bien là, le soin apporté au produit. Et pour aboutir à une telle opération, on imagine volontiers le travail et le soin apporté précédemment aux travaux de la vigne ; éclaircissement, vendange verte et effeuillage. L’un ne va pas sans l’autre ! Les phases œnologiques ne sont pas en reste. Elevage en barrique pendant un an ou plus, affinage en bouteille sur de longs mois. Le nectar n’est délivré qu’au bout de trois ans, concentré, riche, gras et puissant et, bien évidemment, rare et dispendieux. Mais comment s’en étonner ; cette vendange 2008 ne produira guère que 300 bouteilles !  http://www.domaine-lafage.com

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