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Dominique Strauss-Kahn n’a rien compris à la crise ! et encore moins aux remèdes pour la résoudre

Publié le 22 décembre 2008 par Kamizole

dominique-strauss-kahn-fmi-crise.1229903958.jpgOn peut se dire socialiste, être parvenu à la tête du FMI grâce à l’appui de Nicolas Sarkozy, se croire le phénix de ces dames en trompant la sienne à tire-larigot et une tête en matière d’économie tout en apportant la preuve par A + B que son modèle de référence reste ultra-libéral en diable… C’est la conclusion logique que je tire d’un article d’E24 pour «20 minutes» Dominique Strauss-Kahn veut une politique fiscale plus adaptée à la crise.

En effet, alors même que, selon la même source, les prévisions du FMI sont particulièrement sombres en ce qui concerne 2009, Le FMI prévoit une récession sévère pour 2009 : «Les pays développés devraient connaître en 2009 la première contraction (-0,3%) de leur produit intérieur brut depuis 1945: les Etats-Unis de -0,7%, la France de -0,5% et la Grande-Bretagne de -1,3%…»

et que le plus grand pessimisme s’impose quant à l’emploi, 2009, année noire pour les économies des pays riches (idem) : «La récession devrait entraîner une hausse du chômage dans les pays OCDE : Le taux de chômage risque de passer de 5,9% en 2008 à 6,9% l’année prochaine puis 7,2% en 2010. La hausse sera particulièrement marquée dans la zone euro avec 8,6% en 2009 puis 9% en 2010. Aux Etats-Unis, la hausse sera plus faible. Il passera de 5,7% à 7,3% entre 2008 et 2009…»

Dominique Strauss-Kahn ne craint nullement de déclarer : “Je suis particulièrement préoccupé par le fait que nos prévisions sont déjà très sombres, mais elles vont devenir plus sombres encore si on ne met pas en œuvre un stimulus fiscal suffisant” (…) prévenant que la “société entière (allait) souffrir de la récession”.

«Stimulus fiscal suffisant» ! Vieilles et éternelles recettes du libéralisme… ou donner toujours davantage d’argent à ceux qui n’en ont pas besoin et l’investissent immédiatement… en bourse ! La «société» dont se préoccupe DSK n’est visiblement pas celle où la plupart des Français se débattent comme ils peuvent…

Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’une éternelle rengaine marxo-populiste… Je ne suis ni assez intelligente ni - moins encore ! - matheuse pour qu’aient pu germer dans mon esprit les équations (relativement simples au demeurant) qui permettent d’établir que la propension à consommer et à épargner est fonction du revenu : plus celui-ci est élevé, moins son accroissement a d’influence sur la consommation (avec en revanche une augmentation de l’épargne) et plus il est faible, plus son augmentation est quasi totalement investie dans un surcroît de consommation…

Cela paraît évidemment bête comme chou et très facile à observer dans la vie courante mais c’est encore mieux quand c’est démontré par la science économique !

Or, Dominique Strauss-Kahn qui doit connaître cela encore mieux que moi, n’en tire pas les conclusions qui s’imposent :

D’une part la crise qui affecte aujourd’hui l’économie (réelle) touche directement la consommation en même temps que la production (avec la kyrielle de fermetures d’entreprises grandes ou petites) car plus le nombre de chômeurs augmentera moins la majorité des ménages disposera d’assez d’argent pour consommer.

C’est le cercle vicieux par excellence… car cela «plombe» irrémédiablement la croissance en réduisant encore plus l’activité des entreprises (qui licencient pour que leurs stocks de produits finis ne gonflent pas) et de tous les autres secteurs, à commencer par le commerce.

Sans oublier la baisse continue du pouvoir d’achat que nous subissons depuis le passage à l’euro et qui n’a fait que s’aggraver depuis cette année, alors même que l’on peut s’attendre à être encore plus «tondus» de toutes les manières possibles… je suis bien curieuse de savoir de combien ma retraite augmentera en 2009 !

D’autre part, les politiques fiscales qu’il appelle de ses vœux sont toutes de nature à donner davantage d’argent à ceux qui auront tendance à l’épargner et une propension non moins naturelle à le placer là où ils espèrent en tirer le maximum : en bourse ou dans quelque valeur refuge (l’or atteint en ce moment des niveaux record) qui n’ont absolument aucun effet positif sur l’économie réelle, production comme consommation.

C’était déjà évident l’an dernier quand Nicolas Sarkozy a cru bon devoir faire un super cadeau fiscal avec son fameux «bouclier» !

Lequel a très certainement contribué à grossir la masse des capitaux spéculatifs. On connaît le résultat !


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