
Il demeure chez Varda quelques excès nombrilistes et tentatives de manipulation qui rendent parfois le film agaçant. On la voit ainsi pleurer face caméra en déposant des fleurs devant des photos d'acteurs disparus. On l'entend évoquer, l'air de rien, le fait que Jim Morrison est venu chez elle, dans une sorte de fausse modestie dégoulinante. Elle tresse ses propres lauriers avec un certain orgueil, mais après tout, on n'est jamais si bien servi que par soi-même. Et Agnès retrace son parcours dans un gigantesque montage d'images et objets de diverses provenances, comme une grand-mère remonterait le cours de ses souvenirs en vidant son grenier. On y apprend finalement peu de choses, sauf peut-être sur Jacques Demy, mais la quantité d'idées et d'expérimentations contenues là-dedans a de quoi étonner... et souvent captiver.
Qu'elle attendrisse ou qu'elle agace, Varda a au moins le mérite de ne jamais susciter l'indifférence, et de ne tomber à aucun moment dans l'autobiographie linéaire. Plutôt rythmé, Les plages d'Agnès est un voyage assez charmant, qui ménage des moments aussi hilarants qu'émouvants. D'autant qu'il est difficile d'appréhender le film autrement que comme le testament d'une octogénaire certes énergique mais tout de même assez fatiguée. So long, Agnès. So long.
7/10