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De la tête aux pieds

Publié le 23 décembre 2008 par Didier54 @Partages
La tête est ce qui dirige, elle a besoin de lucidité et de froideur, mais quelquefois l'émotion remonte et déborde la raison, ça nous “prend la tête”.
Par la nuque descend l'idée, qui rencontre l'énergie du souffle et du coeur pour devenir un désir qui s'exprime, soit par la parole du larynx, soit par l'action qui va se projeter dans le monde extérieur par les épaules, où l'on va trouver soit aide (on est épaulés), soit blocage.
Le membre supérieur va parler de l'action, à travers le coude qui prend, qui donne, et qui se plie aussi, quand il faut plier. Le poignet procure à la fois souplesse et fermeté, dans un juste dosage, sur lequel s'appuiera l'habileté des mains et la dextérité des doigts.. J'abrège bien sûr.
La colonne est ce qui nous permet de tenir debout face à la vie, et quelquefois de prendre des coups par derrière.
Les membres inférieurs vont nous permettre d'avancer mais aussi d'aller vers les autres, d'entrer dans une relation, personnelle ou sociale, c'est l'histoire de l'enfant qui se redresse et découvre le monde.
Sur les hanches nous prenons appui, et quelquefois cet appui nous manque, un peu comme dans l'épaule, mais la hanche est plus facilement sensible à la trahison. Le genou nous rappelle que pour avancer il nous faut plier, quelquefois jusqu'à mettre un genou à terre et surmonter notre orgueil.. La cheville imprime la direction à prendre, le pied par le talon dit notre assise, et par les orteils avance dans ce monde relationnel avec plus ou moins de conviction.
Le coeur est ce qui nous anime, et dans ce système coeur vaisseaux, nous sommes corps et âme tout “entiers” dans nos entreprises, dans nos réactions, dans cet investissement artériel et dans ce manque de “retour” veineux.
Le souffle, c'est la vie, la joie de vivre et de respirer, c'est aussi le rythme, savoir se reposer, souffler, c'est enfin l'espace qui quelquefois nous manque, c'est cet échange par lequel nous respirons cet air de notre ennemi dont il faut nous protéger.
Par le manger et le boire, nous assimilons le côté matériel comme émotionnel de nos expériences de vie, nous croquons la vie à pleines dents ou bien, ça nous reste sur l'estomac, à moins que la vésicule ne vienne nous dire que cette expérience là est un peu "grasse” et lourde à digérer. Le grêle discerne et trie, le foie veut faire “sien” toutes ces choses, posséder dans un désir quelquefois boulimique et dangereux de certaines expériences de vie qu'il aurait fallu éviter avec sagesse.. Le colon élimine au prix d'une alchimie laborieuse qui lui permet de renoncer à des choses passées.
Le pancréas nous parle de la douceur de vivre et cette notion là elle aussi nous aide à digérer. La rate est un cimetière lieu de toutes les nostalgies (spleen), mais aussi du retour à la terre et du sens de ce qui se passe sous cette terre.
Les reins balancent, pèsent le pour et le contre et décident, mais ils aident aussi à faire face à la vie à travers les “reins solides” de la colonne lombaire, comme à surmonter les peurs grâce aux surrénales. Puis se rejette cette émotion usée, par la vessie à travers laquelle l'animal que nous sommes veut définir son territoire, et gare à l'intrus qui le pénètre (Staphysagria).
La place du système glandulaire n'est pas indifférente.. L'iode de la thyroïde est cette couleur violette qui unit le bleu du ciel et de la pensée sereine au rouge de l'émotion et du sang par lequel nous nous incarnons, et par elle s'équilibre l'action et le retrait.. Situées sur les reins, les surrénales peuvent instantanément mobiliser toute cette énergie pour faire face.
La peau est prise de conscience, enveloppe qui définit cette limite entre moi et non moi, ce contact avec l'autre, mais aussi elle donne à voir, elle est ce que l'on aurait aimé cacher et qui s'expose non sans honte.
Tout le système génital bien sûr nous parle de sexualité, de cette relation intime à l'autre, mais aussi du rapport avec nos enfants, de notre capacité à être père ou mère, mari dans sa puissance ou femme dans son accomplissement.
Tout le corps nous parle, et c'est une très belle histoire.

PHILIPPE DRANSART, Grenoble. Enseignant à l'E.H.H.D.S.

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