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C’est ma faute, c’est de ma responsabilité

Publié le 08 janvier 2009 par Sogbeb

Je-Dis de Gbeton --- Volume III --- Numéro 1 --- 8 janvier 2009


CE QUE JE DIS

Il est courant et toujours facile, face à une erreur, un échec ou un drame, de pointer notre doigt accusateur sur les autres. Mais à y voir de près, cette attitude ne nous rend aucun service véritable. A contrario, je dis « Apprenons à dire "C’est ma faute, c’est de ma responsabilité" pour devenir meilleur ».


A force d'être juste, on est souvent coupable -- Pierre Corneille

Que chacun porte sa faute et il n'y aura pas de coupables -- Antonio Porchia.


POURQUOI JE LE DIS


Quelle est notre attitude face à une erreur, une faute, un échec ou une simple contre-performance ? Lorqu'elle était ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, Georgina Dufoix a été mise en cause dans l'affaire dite du sang contaminé avec Laurent Fabius et Edmond Hervé, son ancien secrétaire d'État chargé de la Santé. Elle a été jugée et relaxée par la justice française pour « homicide involontaire ». La formule « responsable mais pas coupable » qu'elle employa pour sa défense sur TF1 en novembre 1991 est restée fameuse. Avec l'intelligence humaine, il est toujours possible, par quelques manoeuvres ou arguties, de trouver le coupable en les autres. Or, là où j'accuse l'autre, je peux toujours m'accuser ou comme Georgina Dufois, reconnaitre ma responsabilité, afin de me révéler meilleur.

  1. S’avouer d’abord coupable ou au moins responsable …

Autant la charité bien ordonnée commence par soi-même, autant la culpabilité bien dirigée devrait commencer par soi-même. A mon humble avis, face à n'importe quelle situation où je suis impliqué ou dont les conséquences me concernent, eh bien, face à ces situations de faiblesse, la meilleure stratégie est toujours de s'avouer intérieurement : « C'est ma faute, c’est de ma responsabilité ». Il s'agit de se frapper la poitrine en se disant : « c'est ma faute, où est-ce que j'ai manqué de jouer mon rôle ou ma partition ? »

L'introspection qui s'ensuit nous fait prendre conscience de notre responsabilité et chacun s'en porte mieux. « Que chacun porte sa faute et il n'y aura pas de coupables. », nous enseigne le poète argentin Antonio Porchia. Une fois, notre part de culpabilité acceptée (par nous-même), nous sommes naturellement portés à nous battre pour nous améliorer et pour corriger la situation déplorée. C'est ce faisant que nous visons le meilleur. C'est ce qu'exprime subtilement l'écrivain américain Paul Auster quand il affirme : « Le sentiment de culpabilité est un aiguillon puissant. » C'est la même philosophie que l'on retrouve chez Publius Syrus qui apprécie : «Tu as raison de regarder la faute de ton ami comme si tu en étais coupable. »

  1. … Pour mieux accuser l’autre au besoin

Mais entendons-nous bien. Il ne s’agit pas de porter tous les péchés du monde, mais il importe de ne pas se dérober au siens. Si après cet examen de ta propre conscience, tu parviens à trouver le coupable non en toi-même mais en ton prochain, alors ton jugement paraîtrait beaucoup plus objectif et plus sincère. Comme le dit la romancière canadienne Claire de Lamirande, « On est tous coupables, ne prends rien de plus que ta part de culpabilité. » Mais qu'on ne s'y méprenne pas non plus. Il ne s'agit pas de chercher coûte que à se dédouaner car « A force d'être juste, on est souvent coupable. » (Pierre Corneille). A force de vouloir toujours avoir raison, on finit par avoir tort ou à être accusé de vantardise ou de perfectionnisme déplacé. Par exemple, si nous sommes adeptes de l'adage selon lequel, « à quelque chose malheur est bon », Sénèque vous rappelle fort bien que « Le coupable est celui à qui le crime profite. »

ALORS, qui est vraiment innocent ? Allons-nous continuer à fuir nos responsabilités de membre d’équipe sous prétexte que nous ne sommes pas le chef de l’équipe ? Par ces temps de nouvel où nous aimons par habitude ou par tradition demander pardon pour nos fautes, comment oser dire « pardon » ou « Balma ak » (en wolof), si nous ne reconnaissons pas notre tort avant tout ?

EN DEFINITIVE, osons reconnaître et assumer notre responsabilité, puis acceptons de nous dire avant tout « c'est ma faute » afin de viser le meilleur et demander des pardons sincères.

LECTURE RECOMMANDEE

L’innocence n’existe pas

BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.

A jeudi prochain, si Dieu le veut

Gbèton.

Libellés : erreur, faute, pardon, Philosophie, pénitence


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