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Critique // Les Noces Rebelles (2009)

Publié le 10 janvier 2009 par Noidor
Critique // Les Noces Rebelles (2009)

Critique // Les Noces Rebelles (2009) Là, les amis, je vais te (oui je tutoie les gens même quand ils sont plusieurs) montrer ce que c'est qu'une critique tellement subjective qu'elle est à la limite de l'indécence. Parce que Les Noces Rebelles, je l'ai vu il y a 2 jours déjà, et je m'en remets encore difficilement. Pas forcément parce que c'est un chef-d'oeuvre incontestable, non, Sam Mendes n'évite pas quelques écueils dangereux, mais simplement parce que le film traite d'un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Pour la faire courte, on dira qu'il s'agit de l'aliénation.
Oui, j'aime les films qui savent parler avec intelligence de l'aliénation, de l'absurde, de l'immensité du grand rien existentiel et du gouffre béant qui tient lieu de 'vie' à l'être humain, qu'il en soit conscient ou pas je m'en tamponne le coquillard. Et là, comme avec American Beauty, Mendes va loin dans l'analyse, pour mon plus grand bonheur et mon plus grand désespoir à la fois.
Critique // Les Noces Rebelles (2009)

La différence notoire entre American Beauty et Les Noces Rebelles vient de la façon dont les familles respectives considèrent l'image qu'elles renvoient d'elles-mêmes: les uns cherchent la normalité là où il y a un profond déséquilibre, les autres cherchent la marginalité là où il n'y a que platitude. Selon certains, cette différence rend les personnages des Noces Rebelles, justement, moins rebelles que ceux d'American Beauty. Moui, permettez-moi d'émettre un doute gros comme le Kilimandjaro, sur ce coup.
Sam Mendes travaille le thème, qu'il semble chérir (tant mieux), de la dichotomie naturelle qui anime chaque être humain, balançant éternellement entre conscience aiguë de l'infini du champ des possibles et penchant automatique pour la stabilité, sociale notamment. En touchant à ce sujet, c'est chaque spectateur que le réalisateur touche, de façon plus offensive qu'un Into the Wild par exemple, dans lequel le personnage principal décide d'arrêter de peser le pour et le contre et de se jeter dans l'inconnu. Chez Sean Penn, c'est l'acte qui est étudié, et parmi le public, rares sont ceux qui sont déjà passés à l'acte dans ce domaine-là; chez Mendes, par contre, on en reste à la théorie, ou plus exactement au fantasme, que tout le monde a un jour ou l'autre ruminé dans son cervelas.
Critique // Les Noces Rebelles (2009)

En fait, pour être honnête, Les Noces Rebelles tourne toujours autour d'un même dialogue, inlassablement répété, qui porte tout le propos du film; une sombre histoire de liberté ('Qu'est-ce qui nous empêche de faire ce que nous voulons faire?'), de matérialisme ('Ce n'est pas réaliste') et de sensation d'étouffement généralisé ('Nous nous sommes enfermés dans des illusions ridicules'). L'essence de l'aliénation, quoi. Un jeune couple qui s'imaginait déjà en tête de file d'un grand mouvement d'émancipation, et qui finit tout de même par s'engluer dans les banalités du quotidien.
Parce que la petite maison paisibe de banlieue n'est pas seulement le symbole de la stabilité familiale, mais aussi et surtout celui de la prison dont on scie pas aussi facilement les barreaux invisibles. Et le beau quartier est bien trop propre sur lui pour qu'on soit autorisé à en gratter un peu le beau vernis et à faire des vagues sur ce qui ressemble à un simple coup de sang. Et ne parlons même pas des voisins, qui ressemblent moins à des roseaux sentants qu'à des clones auxquels on aurait inculqué une même philosophie plastique à distiller partout sur leur passage.
Comme dans American Beauty, Les Noces Rebelles raconte l'histoire d'une idée fixe qui finit par échapper à tout contrôle, aussi bien pour des raisons de pression sociale que pour la tendance naturelle que nous avons à voir un sentier escarpé là où il y a un grand boulevard désert.
Critique // Les Noces Rebelles (2009)
(Lui, il est ma-gi-stral)

La première partie du film est de très loin la meilleure, la plus dense et la plus révélatrice de ce qui peut bien se tramer chez les neurones de Sam Mendes. A côté, la seconde heure ressemblerait presque à un soufflé au fromage qui s'affaisse sur lui-même en laissant échapper un 'Pfuit' franchement désespérant. Enfin, malgré ça, on ressort de la projection dans un état de dépression assez marqué, et tu sais pourquoi? Parce que Les Noces Rebelles, c'est rien de plus qu'une adaptation sur grand écran de ce qui se passe dans le petit cervelas névrosé de tout un chacun, tiraillé entre la folie des grandeurs (April - Kate Winslet) et la sécurité du déjà acquis (Frank - Leonardo DiCaprio).
Et avec ça, tout est dit. 'Nous sommes tous des névrosés en puissance', comme dirait l'autre.

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