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Le froid révélateur d’état d’esprit

Publié le 10 janvier 2009 par Oreade

Il fait froid. Grande découverte en janvier, mois qui correspond à la saison hivernale. Sommes-nous tant habitués à la chaleur ouatée de nos conforts pour oublier qu’il fait froid en hiver et qu’il arrive aussi qu’il puisse neiger ? Les Marseillais avaient même oublié les délices de la neige et des blocages liés au verglas. Face à ce froid, j’ai remarqué diverses attitudes : certains l’affrontent et marchent d’un pas franc malgré les risques de glissades, d’autres ont un pas hésitant sur les trottoirs et certains optent pour la solution du cocooning et restent tranquillement chez eux. C’est assez révélateur d’un état d’esprit : faut-il risquer d’affronter le monde extérieur ou au contraire l’éviter en restant imperturbablement chez soi ?

Evidemment, il m’est facile d’écrire ces mots car j’ai la chance de pouvoir bénéficier d’un toit au dessus de ma tête qui me permet de taper cette note sur mon clavier d’ordinateur. Pourtant j’ai un nœud à l’estomac en cette période glaciale : je ne peux pas ignorer le fait qu’en France on ne meurt pas de faim (on souffre de malnutrition, nuance !) mais on peut encore mourir de froid. Comment notre société a pu produire de telles situations qui existent malheureusement depuis si longtemps ? Des années que des milliers de personnes vivent dans des conditions effroyables aux périphéries de nos villes, à présent la misère et l’exclusion sont au coin de nos rues. Que faire à part composer les numéros d’urgence (115) en cas de grand froid ou donner quelques pièces à ceux qui tendent la main ? Sentiment d’impuissance et d’inutilité. Certains en font leur combat, un combat d’une vie qui mérite d’être salué et d’être constamment soutenu par les citoyens et les pouvoirs publics pour qu’un jour, enfin, ils n’aient plus besoin d’agir auprès des plus démunis. Récemment, le chef d’Etat a fait une proposition pour « obliger » les sans domiciles fixes à passer la nuit dans des centres d’hébergement. Après réflexion, les pouvoirs publics doivent-ils forcer les individus à dormir dans un lieu s’ils ne le souhaitent pas ? Ces lieux d’hébergement manquent bien souvent de confort hygiénique et de chaleur humaine. Proposer des solutions d’urgence c’est certes « mieux que rien » mais cela ne règle pas le problème initial. Comment en est-on arrivé à ce point ultime de détresse sociale et humaine ? Les différents ministres en charge des affaires sociales et du logement, quelque soit leur couleur politique, ont laissé progressivement pourrir la situation et n’ont répondu qu’au coup par coup, on a le sentiment qu’on ne nous dit pas véritablement la réalité des faits et qu’on nous balance des chiffres médiatiquement corrects, qu’en est-il concrètement ? Selon Nietzsche « l’Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui sort de sa bouche : Moi l’Etat je suis le peuple ! ». Et s’il avait raison ?


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