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Sentiments

Publié le 11 janvier 2009 par Dunia

LUI

Agacement

LUI , est revenu dans mes songes. Me suis réveillée agacée.

Je me promène à Neuchâtel, dans une fête de rue, en compagnie des collègues avec qui j’ai effectué mon apprentissage au début des années 80. C’est une sorte de foire à la photographie. Je suis jeune et, comme à l’époque, un peu fofolle même si je sens que du temps a passé. Dans mon rêve, je suis celle d’avant avec mon actuel vécu. De la neige couvre le paysage. Le soleil brille. Dans une ambiance festive, nous passons de stand en stand boire des verres et parler nouveautés techniques. Je suis très surexcitée. Je bondis telle une balle caoutchouc, comme quand je frôle l’hystérie, parlant trop vite, dans une sorte de diarrhée verbale, allant d’un sujet à l’autre au gré de  mes associations d’idées comme je fais toujours. Un état qui s’accentue quand je souhaite séduire une personne qui me plaît, ou lors d’entretiens professionnels, lorsque l’enjeu est si grand que je perds tous mes moyens.  Dans cette sorte de braderie, je rencontre un homme, une personne “importante” qui peux m’aider dans mes projets. Avec ma maladresse habituelle, celle qui me plante systématiquement chaque fois que je me laisse déborder par le trac, j’essaie de le séduire professionnellement et physiquement. Collée à ses basques, je le suis partout sans cesser de parler, de gesticuler, avec cette moue de femme enfant dont je n’arrive pas à me défaire malgré les rides qui s’annoncent. L’homme, qui  n’a pas décroché un mot, hormis un “enchanté” quand on nous a présenté,  monte dans un vieux tram à banquettes de bois qui se font face. Je monte derrière lui, langue, bras et visage toujours en mouvement. Il s’assoit. Je reste debout trop énervée pour adopter la sage position assise. Le paysage défile, fantaisiste par rapport au lieu ou nous nous rendons. Nous traversons une forêt d’arbres enneigés sur fond de ciel bleu. Deux banquettes plus loin, des enfants accompagnés d’un homme, habillé d’un survêtement vert et gris, qui ne semble pas leur père, mais plutôt un oncle ou un moniteur de colo, rient ou parlent d’une voix aigüe. Quand l’homme lève le visage, je m’aperçois que c’est LUI . Tout en continuant de parler et de plaisanter avec les enfants, tandis que je tente encore de séduire l’homme que j’ai poursuivi,  LUI me regarde avec un sourire mi- amusé, mi-narquois qui paraît dire ” t’es toujours aussi folle, tu n’as pas changé”. Son blessant rictus, m’a donné envie de me jeter sur lui, de lui arracher les yeux, de gueuler “tu m’emmerdes”, “tu me fais chier”, “non, je n’ai pas changé, je suis toujours aussi cinglée et alors? En quoi ça te regarde maintenant? Fous-moi la paix!” Après quoi je me suis réveillée irritée. Impression qu’il débarquait dans mon rêve pour mettre le doigt sur ma nullité, sur mon incapacité à avoir une attitude posée, adulte, face à autrui. Je suis réveillée depuis plusieurs heures et j’ai encore envie de crier “Casse-toi! Ne viens plus squater ma tête, mes rêves, si c’est pour m’angoisser. Pour me faire sentir telle une imbécile”.

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Titre: Rêve rouge.


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