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En France et en Belgique, l’hôpital tuerait plus que la route

Publié le 11 janvier 2009 par François Collette

Ainsi donc, selon le professeur Philippe Juvin de l’Hôpital Beaujon à Paris, 10.000 personnes décéderaient chaque année en France des suites d’une erreur médicale commise à l’hôpital. La Belgique n’est pas en reste, loin de là, puisqu’on estime le nombre de ces victimes à 2.000 pour une population six fois moindre (10,5 millions d’habitants pour 63 millions en République). 

Ces chiffres assez affolants, reconnaissons-le, sont plus de deux fois supérieurs au nombre de tués sur la route (en 2007, 4620 en France et 960 en Belgique). Alors que l’on multiplie les campagnes de sécurité routière et que l’on renforce la répression des conducteurs fautifs, que fait-on au niveau national pour enrayer ce phénomène de mortalité hospitalière ? Pas grand-chose. Et s’il n’y avait eu ces quelques drames successifs, il y a fort à parier que l’on en aurait pas parlé. C’est un sujet tabou car il gêne le corps médical et les ministères de la Santé. Bravo au professeur Juvin d’avoir osé être clair, mais n’est-il pas l’arbre qui cache la forêt ?

Les causes essentielles de ces décès qualifiés en majorité d’évitables seraient des défauts d’organisation interne, la surcharge de travail du personnel hospitalier dans son ensemble, un certain manque d’hygiène (responsable des maladies nosocomiales) et, last but not least, le manque de transparence et de communication du corps médical. Tout cela au conditionnel puisque officiellement « on » n’en sait pas plus, « on » présume » sur base de ce qui se passe … aux Etats-Unis, faute de statistiques fiables chez nous. Vous comprenez cela, vous ? 

Ce qui est aussi très interpellant, et peut-être même plus que le nombre de morts car il traduit l’ampleur des dysfonctionnements, ce sont les 300 à 500.000 « incidents » pudiquement dénommés « événements indésirables graves » (EIG) dans le jargon médical français. En Belgique, ils ne seraient « que » 20.000, à prendre avec beaucoup de circonspection car basés sur des critères plutôt empiriques.

Nicolas Sarkozy affirme haut et fort que le service hospitalier français reste “un des meilleurs du monde”. Ouf, on a eu peur. Question subsidiaire : et par rapport aux pays de l’Union européenne ? Ne soyons pas trop optimistes. Même la Belgique, autrefois réputée pour la qualité des soins médicaux, est chaque année de plus en plus cotée à la traîne. Et ce n’est pas moi qui le dit mais un bureau d’études international.

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Le dossier complet sur JDD.fr (Le Journal du Dimanche)

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