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Fatah Sebbak : un karatéka en fauteuil roulant

Publié le 11 janvier 2009 par Imaginarts @imaginarts

Fatah SEBBAK

Entraîneur handi karaté, Diplome d’Instucteur Federal
Ceinture noir 2 Dan

Je m’appelle Fatah SEBBAK né à Alger le 28-09-78, j’étais passionné d’arts martiaux. A l’âge de 8 ans, j’ai commencé la pratique de karaté. A 12, j’étais déjà ceinture noire 1ère dan. J’ai participé à plusieurs championnats kata et kumité, individuel et par équipe avec des résultats en compétition :

  • plusieurs fois champion interligne en kata par équipe et kumité individuel.
  • 1997 : 4 places champion d’Algérie par équipe kata où j’étais sélectionné pour l’équipe nationale algérienne.

Mais dans la même année je me suis retrouvé dans un fauteuil roulant, paraplégique ou paralysé du membre inférieur et tous mes rêves de karateka détruits.
En 2002 un animateur de l’APF (Association des Paralysés de France) m’appelle pour me mettre en contact avec une personne qui donne des cours de karaté pour personnes handicapées. C’est à partir de cet instant que ma pratique de Karatéka a débuté.

Le Karate et l’handicap

Pour moi reprendre le karaté va me permettre de réaliser mes rêves.
Ainsi, j’ai découvert une richesse inimaginable ; la pratique de karaté en fauteuil roulant me permettant de me dépasser physiquement et mentalement.
Physiquement : j’ai remplacé mes heures de rééducation que je trouvais répétitives (3 fois par semaine minimum, pendant 3 ans) par un art complet.
Le Karaté me permet de mobiliser tout le corps avec des techniques simples, accessibles à toute personne, de réaliser une pratique respiratoire et de maîtriser les douleurs neurologiques que connaissent les personnes paraplégiques.
En effet j’ai découvert qu’avec la concentration et avec le travail respiratoire on arrive à résister à la douleur même parfois à l’oublier. Cette approche me permet de limiter la prise de médicament et d’ainsi me sentir mieux.
Mentalement : pour moi le respect des autres est un élément essentiel, ainsi que d’être zen dans la vie. Parvenir « à crever cet abcès de dire qu’être dans un fauteuil est une punition de dieu », et penser à réaliser ses rêves car avec la motivation on peut déplacer des montagnes, profiter de ce qui est possible car souvent le vrai handicap est dans la tête pas dans les jambes.
Essayer d’aller vers la voie ; un corps sain avec un esprit zen ce malgré le handicap.

Ma pratique est divisée en trois catégories : 

  • handi karaté traditionnel :
    Dans cette partie, on travaille les mêmes éléments qu’une personne valide c’est à dire les katas. .Ceux ci sont adaptés au handicap ; toutes les techniques de jambes sont remplacées pardes techniques des membres supérieurs .Les adaptations doivent être bien expliquées et démontrées en Bunkai.
    L’esprit du Kata doit être respecté pour rester dans une cohérence de pratique Martiale.
    Le kumité est remplacé par le karaté jutsu (ou self défense) car les personnes handicapées sont demandeuses, cela permet de prendre plus confiance en soi-même et de connaître aussi des techniques pour se défendre en cas d’agression.
    Au niveau du kihon, on travaille toutes les techniques de base, blocages et attaques. Pour les déplacements deux possibilités, de face pour les attaques et à 45° pour les blocages.
  • handi karaté santé :
    Pour cette partie, on travaille le karaté à un rythme différent que le traditionnel. Le but de cette pratique est de remplacer la rééducation par des techniques appropriées, notamment de travailler les katas sur aspect respiratoire.
  • handi karaté loisir :
    Cette pratique est ouverte à toute personne qui présente un handicap lourd ou des difficultés à pratiquer les 2 catégories précédemment citées. On travaille le karaté à un rythme de loisir, par exemple faire des jeux de parcours…

Ma progession

En 2002 à la reprise du karaté j’avais envie de reprendre mes rêves de jeunesse. Un an après j’étais invité à rejoindre l’équipe de la commission handi karaté au sein de la FFKAMA, pour travailler sur le développement du handi karaté, à le rendre accessible pour tout handicap.
En 2003 j’ai décidé de passer mon D.I.F (diplôme instructeur fédéral). Après une saison d’étude j’ai réussi mon diplôme et j’ai crée ma section au sein de Montpellier club handisport où je donne des cours pour des personnes handicapées.
J’ai ainsi été récompensé par le département des sports en 2004 du prix entraîneur espoir 2004.
En 2006 j’ai réussi a passé mon 2éme dan.

Mes objectifs pour le futur

Objectifs en tant que responsable :

  • développement du handi karaté sur tout le territoire français pour tout personne qui voudra pratiquer ce sport
  • Participer à la formation des entraîneurs
  • Aider à améliorer l’accessibilité des lieux des dojos.
  • Mettre en place une compétition pour Karatekas handicapés si la demande apparaît..

Objectifs en tant qu’entraîneur

  • donner le meilleur de moi-même et transmettre mes connaissances à un large public pour que cette pratique se développe..

Objectifs en tant que pratiquant :

  • Obtenir mon BE, normalement pour la saison prochaine
  • essayer de passer le diplôme d’arbitrage et pourquoi pas participer à une compétition internationale en portant les couleurs de la France.

Les rêves sont faits pour se réaliser, avec handicap ou non, avec la volonté et le courage on pourra réalisé le rêve le plus fou. Après pour changer le regard des gens vers le handicap cela est plus difficile, il faut arriver à changer les mentalités. Je pense qu’il faut aller vers les personnes, leur parler, leur expliquer notre vie pour qu’il comprenne que nous sommes des personnes avant tout. Article réalisé avec la collaboration de Philippe Aymond. Juin 2006

source : www.kcn.fr


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