Magazine France

Sondage pour les élections régionales : Roger Karoutchi balance ... l'Elysée

Publié le 12 janvier 2009 par Slovar
S'il est un phénomène qui ne cesse de nous étonner chez Slovar les Nouvelles, c'est le nombre grandissant de sondages et leurs résultats
Si autrefois, les dirigeants politiques gouvernaient au bruit de la rue, ils se contentent à présent de passer commande d'une étude d'opinion auprès d'un institut de sondage.
Plusieurs ouvrages ont été consacré au sujet dont celui de Nicolas Jallot "Manipulation de l’opinion : ce sont les sondages qui le disent..." Stock - 7 mars 2007 -
Extrait :
La France est championne du monde des sondages et nos dirigeants dépensent chaque jour des sommes colossales pour connaître notre « opinion ». L’Élysée, Matignon, la place Beauvau, les candidats des grands partis... tous ont leur Monsieur Sondages.
Mais à quoi servent toutes ces enquêtes et comment sont-elles utilisées ? Quelles relations entretiennent sondeurs, médias et politiques ? Que se passe-t-il dans les « cuisines » des instituts ? Riche en révélations et en témoignages inédits, cet ouvrage fait la lumière sur les affaires-sondages de la Ve République.
Il révèle les vrais-faux sondages commandés et payés par l’Élysée pour faciliter l’accession au second tour de Jean-Marie Le Pen en avril 2002... et garantir ainsi la réélection de Jacques Chirac. Loin d’être un livre langue de bois de plus, cette enquête nous entraîne dans les hautes sphères du pouvoir et nous donne les clés pour comprendre la présidentielle de 2007. Il nous explique le processus complexe de la manipulation d’un sondage, outil relativement fiable, mais rarement utilisé à bon escient ... / ...
Et c'est malgré tout devenu un phénomène qui régente nos vies puisque, outre les politiques, il n'y a pas un media qui ne passe commande lui même d'une étude ou d'un sondage.
Mais qui sont les sondeurs et leurs clients ?
Une intéressante étude de l'Ecole Normale Supérieure nous donne des pistes.
En France, les sondages politiques constituent une vitrine de luxe pour les grands instituts. Parmi leurs diverses activités, ils contribuent le plus à leur notoriété tout en représentant une faible part de chiffre d’affaire. Ces instituts se consacrent en effet d’abord aux études marketing et commerciales. Ainsi, le groupe Taylor Nelson Sofres, côté à la Bourse de Londres et présent dans quinze pays, est spécialisé dans les tests auprès de consommateurs (en particulier dans l’industrie automobile, la santé et les télécoms) et dans la mesure de l’audience télévisuelle.
A côté de ces grands groupes existent une grande quantité de petites entreprises de moins de six salariés (un peu moins d’un millier en France), souvent éphémères, qui sous-traitent leurs services auprès des grands groupes (dont leurs employés sont souvent issus) ou s’orientent souvent vers le marketing ou le conseil. La croissance dans ce secteur, explosive depuis trois décennies (le chiffre d’affaire total passe de 70 MF en 1970, à 548 MF en 1984, chiffre réalisé en 1994 par les trois plus grands groupes) a semblé se stabiliser et même reculer au milieu des années 90 (baisse annuelle de 1 % du chiffre d’affaire total). Le développement apparent ne serait plus dû qu’à la prolifération de petits instituts par scissions successives.(voir liste et CA 2007 des Instituts )
A l’exception de l’IPSOS et du CSA, qui sont majoritairement la propriété de leurs fondateurs, les grands instituts appartiennent à des groupes financiers et industriel. Ainsi le groupe SOFRES, qui possède Louis-Harris France, est détenu à 51 % par FIMALAC (Financière Marc Ladreit de Lacharrière), BVA par Pébereau, et l’IFOP appartient à 52 % à Laurence Parisot . Une interaction problématique apparaît donc entre les instituts et les médias que possèdent aussi ces groupes financiers, susceptibles d’orienter le débat autour de leurs intérêts. Hormis les scrutins, aucun élément extérieur à ces groupes ne vient perturber la scène des échanges publics fondés souvent sur l’analyse de sondages, donnée brute « scientifique » dont s’alimentent nombre d’analystes, d’éditorialistes, et de reporters ... / ... Source Collectif des salariés du Sondage
Muni de ces informations, nous vous proposons la moisson récente (48H00) des derniers sondages qui font ou vont faire l'opinion et ... les déclarations de nos dirigeants politiques.
Les sondages publiés dimanche
Sondage OPinionWay
Le président et le Premier ministre gagnent deux points avec respectivement 46% et 50% de Français satisfaits dans le Baromètre Metro-APCO réalisé par OpinionWay.
- Enquête réalisée par téléphone et à domicile du 5 au 8 janvier auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas ... / ... . Selon cette enquête, 52% (-2) des sondés se déclarent mécontents de l'action du chef de l'Etat.
La cote du Premier ministre François Fillon gagne deux points avec 50% de satisfaits contre 47% (-1) de mécontents. Dans son gouvernement, Bernard Kouchner reste en tête du palmarès avec 67% de satisfaits (-2), devant Jean-Louis Borloo (64%, +1) et Michèle Alliot-Marie (57%, +4). En queue de peloton figurent Christine Lagarde (41%, +2), Brice Hortefeux (37%, -4), Eric Woerth (33%, -3) et Xavier Darcos (3%, -4). Patrick Devedjian, nouveau ministre de la Relance, fait son entrée dans le classement avec 34% de satisfaits et 38% de mécontents.
François FILLON qui (est ce d'avoir contemplé le crâne de Descartes) au plus fort de la crise, nous la joue romantique : M. Blair "a un talent fou et un charme fou" et il est même "capable de décupler ce charme quand il parle français", a salué François Fillon, en prenant la parole juste après Tony Blair, en clôture du colloque "Nouveau monde, nouveau capitalisme" à Paris. (organisée par Eric BESSON) "Si je voulais vraiment l'affronter à armes égales, je me mettrais à parler anglais parce que je suis sûr que quand je parle anglais, j'ai autant de charme que Tony Blair", a lancé le Premier ministre français.
Sondage Vivavoice
M. Sarkozy perd un point à 46% et M. Fillon en perd deux à 48% dans le Sondage Viavoice réalisé pour "Libération".
Viavoice qui propose un autre sondage sur la satisfaction des français (vis à vis de l'action de ceux mis en valeur par OpinionWay)
Les mesures destinées à faire baisser les prix des produits de consommation sont critiquées par environ sept personnes sur dix (72%; 20% de satisfaits), à niveau presque égal avec celles de lutte contre le chômage (70% de mécontents; 24% de satisfaits) ou contre les délocalisations (68% de mécontents; 20% de satisfaits). Les actions mesurées pour faciliter les prêts bancaires sont jugées insatisfaisantes par 52% (contre 30% de satisfaits), et celles de soutien aux Petites et moyennes entreprises (PME) sont critiquées par 48% des personnes interrogées (37% de satisfaits).
Parmi les autres décisions récemment prises par Nicolas Sarkozy, les plus mal acceptées sont la nomination du président de France Télévisions par le président de la République (70% contre, 17% pour), le projet de suppression des juges d'instruction (63% contre, 15% pour), le projet en faveur du travail le dimanche (62% contre, 34% pour) et le projet de réforme du lycée (50% contre, 25% pour). Seule la suppression de la publicité à la télévision publique trouve grâce aux yeux des personnes interrogées, avec 54% de satisfaits et 37% de mécontents. - Enquête Viavoice réalisé les 8 et 9 janvier par téléphone auprès d'un échantillon de 1.010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, sélectionné selon la méthode des quotas. Marge d'erreur généralement reconnue: plus ou moins 2,5 points de pourcentage
Nous espérons que vous apprécierez la façon de présenter une étude selon la technique du verre à moitié plein ou à moitié vide des deux instituts. En effet, si OpinionWay voit un gain de deux points, Vivavoice lui voit 1 et 2 points de perdus à la même date. Qui, pourtant, irait contester les chiffres produits et l'éthique des ces instituts ?
Certainement pas les français qui sont plutôt goguenard à l'encontre de la brassée quotidienne qui leur est servie. De son côté, le gouvernement s'appuie régulièrement sur "la qualité du travail" des instituts, au point de nous les asséner lorsque nous ne sommes pas d'accord avec telle ou telle réforme. Ce qui tendrait à prouver qu'on tient, en haut lieu, les résultats comme peu ou pas soupçonnables.
Et pourtant, Roger Karoutchi, le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le parlement met en cause OpinionWay sur un de ses derniers sondages politiques
Les régionales, c’est en 2010. Ce week-end, c'est la place de chef de file de la Région Île-de-France qui fait parler d'elle. L'institut de sondage Opinion-Way, en partenariat avec le Figaro, avait estimé jeudi le soutien des sympathisants UMP à 57% pour la ministre de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur, contre un petit 28% accordé à Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement. S'en est suivie une sortie musclée de ce dernier dans le JDD, où il qualifie le sondage de «suspect», et ajoute que tout est «cousu de fil blanc».
Coup de fil à David-Xavier Weiss, le dir’ cab’ de Roger Karoutchi. A 28 ans, il est aussi élu au conseil municipal de Levallois. Et alors David-Xavier, ce sondage Opinion-Way ? « On a plutôt recours à des instituts plus établis comme le CSA ou la Sofres… », commence-t-il, pointant du doigt la méthode du sondage, réalisé via le net et non par téléphone: « Nos militants ne sont pas les premiers à être sur internet ».
Surtout, le partisan de Roger Karoutchi fait remarquer que le fameux sondage s’intéresse aux sympathisants UMP. Et qu’un « sympathisant » n’est pas forcément « adhérent ». Et pour ce qui concerne les adhérents, David-Xavier Weiss nous donne ses chiffres : « On a une note blanche qui a été transmise à Xavier Bertrand. Cette note interne est réalisée en fonction des retours des secrétaires départementaux. On sonde les militants qui vont voter, pas les sympathisants ». Elle donne Karoutchi à 65% contre environ 35 petits pourcents à Pécresse
. - Source Street Reporter
Roger Karoutchi, lui, hurle à l'« intox ». Il en veut pour preuve le fait que de nombreux politiques aient, selon lui, évoqué les résultats de l'enquête avant même qu'elle ne soit réalisée. Il entend saisir la Commission des sondages et « se réserve toutes voies de droit ». Ses proches évoquent « une manipulation fomentée par des conseillers de l'Elysée » : « Nous avons une peur : que le Président se fasse intoxiquer et demande l'annulation de la primaire. » Méfiant, Karoutchi souhaite que l'élection ne soit plus électronique mais sur papier.
N'étais ce pas ces deux Ministres qui ironisaient il y a encore peu de temps sur la désunion du Parti Socialiste et l'élection du Premier Secrétaire ? Dans la mesure ou l'élection n'aura pas lieue avant 2010, on imagine que le ton devrait monter très vite entre les deux excellences et pourrait peut être nous apprendre un peu mieux les techniques de coups tordus dont les élus de l'UMP sont capables.
Durant ce laps de temps, les étudiants et les chercheurs risquent d'être obligés de patienter pour cause de passe d'armes et de recours aux "voies de droit" et peut être même d'utilisation des moyens du ministère pour mettre en valeur la candidate. Les parlementaires, de leur côté ... devraient survivre.
La conclusion ?
En termes de turpitudes, nous savons maintenant que : L'Elysée est capable de "manipulation" et "Le Président peut se faire intoxiquer" par des sondages truqués. Les citoyens à qui on vend le vote électronique seront de plus en plus confiants en apprenand que le Secrétaire d'Etat auprès du parlement "souhaite que l'élection ne soit plus électronique mais sur papier"
Sinon, nous noterons au passage que l'envie de pantoufler à la tête de la région la plus riche de France est beaucoup plus motivante que de faire bouger la France avec Nicolas Sarkozy. ça nous etonne vraiment ... Ensemble, au gouvernement, tout ne serait plus possible ?

Libellés : elections, gouvernance, politique


Retour à La Une de Logo Paperblog