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La relance en plan de Rantanplan

Publié le 13 janvier 2009 par Nicolas J
La relance en plan de RantanplanLe Parti Socialiste devrait annoncer son « plan de relance » le 20 janvier. Des collègues blogueurs politiques (ségolistes…) commencent déjà à critiquer ce plan et le fait qu’il soit annoncé le jour de l’investiture d’Obama. Ce dernier point est en effet surprenant mais pas spécialement choquant. A la réflexion, c’est même peut-être aussi bien : le plan sera repris en page 5 du Parisien et aucune place ne sera laissée à ses détracteurs.
Surtout, la date de présentation a peu d’intérêt dans la mesure où il semble que les principales mesures sont déjà connues.
Par ailleurs, je ne crois pas que ce plan concerne réellement le grand public qui pourrait d’ailleurs en prendre ombrage tellement la critique serait aisée. Je ne suis en effet pas persuadé que présenter un plan de relance d’urgence (c’était une promesse de Ségolène Royal avant le congrès) quand on est dans l’opposition et dans l’incapacité de le mettre en œuvre avant trois ans soit spécialement rusé. J’espère que la présentation du projet par Martine Aubry sera plus un signe d’orientation économique qu’autre chose… Comme dirait Marc, par exemple : « En l’état hormis dire qu’on dépense 40 milliards au lieu de 26 »…
Cela dit, je ne suis pas membre du PS et ils annoncent ce qu’ils veulent.
Pour ma part, je suis sceptique sur cette notion de plan de relance. On nous parle de « demande », « d’offre », on est perdus dans les différentes annonces à coup de milliard (26 d’un côté, 360 de l’autre et hop !). On ne sait plus s’il s’agit de sauver le système, les banques, les entreprises, les actionnaires ou les braves gens, contribuables heureux de participer à cette dépense.
J’entendais à la radio, ce matin, que le Gouvernement allait accorder une quatrième licence pour un nouvel opérateur de téléphonie mobile en France. Un des arguments était que les gens ne comprendraient pas que l’état bloque la concurrence qui pourrait diminuer le coup des conversations téléphoniques. Je pense que les gens s’en foutent royalement de la quatrième licence : quand on n’a pas de pognon pour nourrir, habiller ou vêtir la famille, on arrête de dépenser son pognon dans des forfaits téléphoniques qui vont directement engraisser les actionnaires des opérateurs. Pour ma part, je fanfaronne sur mes autres blogs suite à l’acquisition d’un iPhone 3G mais on me fera difficilement croire qu’une telle acquisition est indispensable et contribue à la relance de l’économie Française
Ainsi, je suis sceptique et pas faussement. Par exemple, je comprends bien qu’on puisse vouloir relancer le secteur automobile par une prime à la casse. Mais… D’une part, je ne vois pas pourquoi aider l’industrie automobile est une priorité à notre époque où l’on prône le développement durable. D’autre part, les constructeurs ont trouvé le moyen d’étendre la prime à la casse, ce qui prouve uniquement qu’ils ont encore un peu de moyens de réduire leurs marges pour larguer des caisses. Enfin, j’ai du mal à croire que ce sont des types qui ont des bagnoles de plus de 8 ou 10 ans qui vont acheter des voitures neuves.
Il faudrait que ces « dépenses subites », de relance, aillent dans des secteurs où elles soient utiles, comme la recherche, l’investissement en infrastructures diverses (rail et prisons… par exemple), l’enseignement (justice, médecine… notamment). Mais dans tous ces secteurs, les actions ne peuvent qu’être qu’à long terme (si on construit des voies ferrées, les travaux ne débuteront qu’à l’issue de différentes études : les vrais investissements n’auront lieu que dans quelques années).
Dans le fond, il s’agit de dépenser des sous qu’on n’a pas encore. Si on pouvait éviter de le faire uniquement dans le seul but de reculer pour mieux sauter, ça éviterait de creuser la dette pour le fun. On peut, certes, tenter de relancer l’économie par des artifices mais il faudrait faire en sorte que ça s’accompagne d’un rééquilibrage durable de la structure de la dépense publique.
Par exemple, un « doublement de la prime pour l’emploi » tel que proposé par les socialos (voir l’article du Monde) ne me parait pas une dépense utile et durable. S’il faut redonner du pouvoir aux faibles revenus, autant diminuer directement la TVA.
Enfin, on nous présentait l’Allemagne comme exemplaire et on la prenait pour modèle, avec ses diminutions de salaires : tout est maintenant en train de péter chez eux : « Toute cette idéologie de la rigueur, budgétaire et sociale, présentée comme la voie de la croissance, se trouve aujourd’hui balayée par la crise ».
Que faire ?
(illustration)

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