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Les déterminants de la réussite d'un projet open source

Publié le 13 janvier 2009 par Joll

Bonjour, Voici un résumé de la recherche universitaire faite sur les déterminants de la réussite d'un projet open source.

L'intérêt pour une organisation d'investir dans un projet open source dépend de la probabilité de sa réussite.

Dans le domaine du développement, la réussite se conçoit sous deux angles :

- La stabilité de son code source c à d qu'il existe des lignes de code principales considérées comme définitivement acceptées par la communauté de développeur ce qui assure une continuité et une stabilité du logiciel qui sera désormais implémenté et non remis en cause (S. Comino, F. M. Manenti, M. L. Parisi, 2007).

- Le deuxième angle est la maturité de l'application d'un point de vuee de son utilisation, partant du principe que le logiciel libre est une innovation centrée sur l'utilisateur et non sur la commercialisation, von Hippel (2007).

Cette maturité intervient lorsque le logiciel est utilisable par les utilisateurs cibles dans le cadre de l’usage défini par le projet, par exemple un logiciel de traitement de texte doit être utilisé pour élaborer des documents et non pas simplement être un bloc note.

Plusieurs études empiriques ont étudié les facteurs clés de succès de l'aboutissement d'un projet open source. Trois angles de classification ont ainsi été définie,

- L'usage du logiciel,

- La taille de la communauté et/ou le niveau d'activité et

- L'achèvement technique du projet.

Pour Freshtman et Gandal (2004) le succès d'un logiciel est mesuré en terme d'apport par contributeur, grâce à leur étude sur 71 projets open source pendant huit mois, ils ont déterminé que l'apport par contributeur est d'autant plus élevé que la licence du logiciel est non-restrictive.

Un résultat similaire a été trouvé par Stewart et al. (2005) à partir de l'étude de 138 projets libres enregistrés sur Freshmeat . Ils ont déduit de cette analyse que le succès dépendait du nombre de contributeurs associés à un projet. Freshman et Gandal (2004) décrivent ensuite une relation positive entre le nombre de personnes associées au projet et son caractère non restrictif, ainsi moins un projet est restrictif en terme de licence et plus il attire une communauté importante.

Selon l'étude menée par S. Comino, F. M. Manenti, M. L. Parisi (2007) sur un échantillon de 15 069 projets hébergés chez SourceForge.net, il n'existerait cependant pas d'effet linéaire strict entre la taille de la communauté et le succès d'un projet. Les auteurs pensent que cela serait dut aux problèmes de coordination que rencontre les grandes communautés de développeur.

La troisième catégorie, l'achèvement technique, comprend plusieurs indicateurs de succès. Crowston et al. (2003) considèrent qu'un logiciel est un succès lorsque le code source est de très bonne qualité c à d qu'il est très modulaire, correcte et maintenue. Il est important ici de préciser que la notion de qualité d'un logiciel est controversée et que plusieurs autres critères peuvent être pris en compte, entre autres sa lisibilité, le nombre de bugs, l'aspect esthétique, l'élégance du code.

Grewal et al. (2006) mesurent l'achèvement technique du projet en terme de nombre de contribution aux différentes versions concurrentes du projet qui ont pour objectif de favoriser l'évolution des projets en incluant plus rapidement les implémentation ou les modifications du code source. A partir d'un échantillon de 108 projets, les auteurs ont pu constater que plus le projet est inclus dans un réseau d'intégration, network embeddedness, plus il a de chance d'aboutir.

Le rôle de la licence dans le succès d'un projet open source fait débat. De nombreux auteurs constatent qu'une licence très restrictive attire davantage les programmeurs militants, idéalistes, qui sont attirés par le caractère non profitable du projet (Lerner et Tirole, 2005; West, 2003).

Partant de cette constatation, Freshman et Gandal (2004) constatent qu'une licence restrictive a un effet négatif sur la performance d'un projet libre. Ils argumentent leur idée sur le principe suivant, les contributeurs militants s'investissent dans un projet pour être reconnus par leurs pairs et obtenir le statut de « développeur open source ». Une fois la reconnaissance acquise et lorsqu'ils font partie de la restrictive « liste des contributeurs », les développeurs perdent petit à petit leur motivation et finissent par ne participer que sporadiquement au projet. Ce qui expliquerait que les projets qui ont les licences les plus restrictives sont aussi les moins performantes.

Ainsi les projets open source sont le plus souvent issu d'une communauté de développeurs à partir d'un initiateur qui peut être un particulier, une entreprise, une collectivité territoriale, une association etc. En fonction du dynamisme de la communauté, le projet peut se devenir suffisamment important pour être diffusé à un grand nombre d'utilisateurs et connaître un succès qui lui assurera un avenir.

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A bientôt, Jonathan


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