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224° Où sont les vrais malfaiteurs?

Publié le 14 janvier 2009 par Jacques De Brethmas

Le 7 juillet 2008, le petit pétaradant exultait à la télévision:

« Quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit ».

C'est sans doute pour assurer cette discrétion feutrée que la gare St Lazare a préféré fermer ses portes hier toute la journée...

On notera que les grévistes ont gagné: ils ont obtenu les embauches qu'ils réclamaient pour assurer le service public, et le service tout court, dans des conditions pas trop coréennes...

Ce qui ouvre un débat sur la pertinence des investissements de la SNCF, plutôt consacrés au TGV (rentable en termes de fric et d'image) qu'aux lignes secondaires et trains de banlieue (utilitaires)...

photo Ouest Francs Daniel Fouray

Au nombre des déclarations pertinentes de nos timoniers, sur le même sujet du service public transposé à la santé, on note aussi que si on meurt de plus en plus dans les hôpitaux, ce n'est pas faute de moyens, mais « par défaut d'organisation ». C'est sans doute avec des analyses aussi précises et structurées que cette fine équipe espère nous convaincre du bien-fondé de l'extermination du niveau de vie des classes moyennes à laquelle elle est en train de se livrer en espérant sottement que ça va lui rapporter.

Le problème de l'incompatibilité du profit et du service public, qui existait déjà de façon sous-jacente, se pose aujourd'hui en des termes si cruels qu'on ne peut plus l'éluder.

Les médias ont méchamment freiné, avant hier, le développement d'un débat sur la « rentabilité des soins » à propos de l'idée d'arrêter le traitement d'une pauvre femme affligée d'un cancer à l'issue inéluctable, au regard de l'inutilité qu'on voyait à prolonger davantage son séjour dans ce bas-monde.

D'un côté, on s'oppose becs et ongles à l'euthanasie, en empêchant de partir ceux qui le souhaitent, au nom de grands principes obsolètes qu'on prône à la télévision mais pas dans les guerres saintes, et de l'autre on confie à un comptable le soin de déterminer s'il convient, pour la prospérité de tous, de condamner à mort un malade qui veut rester encore un peu.

On savait que ces gens là n'avaient pas compris grand-chose au collectivisme, mais on n'imaginait pas à quel point ils pouvaient jouer les maquignons.

Pourtant, pareil scandale s'était déjà produit en Angleterre, il y a quelques années, où une brave dame s'était vu répondre que, vu son âge, on ne lui poserait pas la prothèse dont elle avait besoin. Pas rentable. Et il se pose quotidiennement aux USA où, comme on avait pu voir dans l'excellent film de Moore « Sicko », on ne réparait que deux doigts de la main accidentée d'un pauvre type en estimant que c'était une honnête moyenne entre la rentabilité du système et l'usage qu'il pourrait faire de son moignon amélioré.

En matière de santé, la rentabilité des malades est une maladie contagieuse issue du privé contre laquelle il faut de toute urgence vacciner nos gestionnaires. Sinon, bientôt, on va piquer les malades incurables pour récupérer leur lit d'hôpital, et pourquoi pas les chômeurs de trop longue durée pour donner aux statistiques une courbe démagogiquement correcte...

Les images ci-dessus, choisies par mes soins pour illustrer la liberté d'une euthanasie éclairée par rapport à une euthanasie comptable sont empruntées, pour le dessin, au site du Mouvement des Jeunesses Catholiques de France:

http://www.mjcf.com/action/euthanasie.php

où elle figure dans un programme de lutte contre l'euthanasie tout court...

De la même manière, celle avec la hache remplit le même office dans:

http://blogdei.com

D'où l'intérêt, bien compris par l'Elysée, de s'entourer d'une équipe performante de communicants.

Avec un peu de technique, on peut faire dire aux choses tout ce qu'on veut....

Tout déraille tellement de partout que j'ai parfois ce raisonnement de vieux con qui consiste à me trouver satisfait de mon âge lorsque je vois les perspectives qui s'offrent à nos cadets. C'est oublier que mon grand-père a du penser la même chose en partant pour Verdun, et mon père en subissant le nazisme.

En Palestine... Ah. Quelle superbe illustration de ce que le pire est encore à venir... Toujours. Surtout quand on se fonde sur de vieux grimoires traficotés façon Nostradamus auxquels on peut faire dire tout ce qu'on veut. Et éluder ce qui est en clair: Par exemple dans l'Exode (21:/7), on peut lire que pour sauver la famille de la famine ou de la mort, on peut vendre la plus jeune fille pubère comme esclave... le Lévitique (25:/4) affirme qu'on peut posséder des esclaves, s'ils sont achetés dans des pays voisins et ne sont pas des prises de guerre... L'Exode (35:/2) affirme que l'on doit mettre à mort tous ceux qui travaillent le jour du sabbat... Même s'ils font la guerre à Gaza? Il y en a des pires et de plus mauvais goût que je vous épargnerai.

Question homophobie, le Sénégal peut en apprendre à l'extrême droite religieuse européenne qui n'a trouvé, pour tenter de ternir l'homosexualité, que de vouloir l'assimiler à la pédophilie.

La justice sénégalaise est autrement plus inventive: Elle vient de condamner à huit ans de prison le président de AIDES – Sénégal pour association de malfaiteurs (!), car en tentant de porter secours aux homosexuels atteints du VIH, il a accordé soutien et secours à une pratique interdite...

Défendre les droits des homosexuels et venir au secours de ceux qui sont frappés par la maladie, c'est de l'association de malfaiteurs! On se demande pourquoi les intégristes chrétiens se battent pied à pied contre des gens de qui ils pourraient recevoir des leçons aussi éclatantes...

Les malfaiteurs vous saluent bien...


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