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Les fous du Disco Volante

Publié le 14 octobre 2008 par Snufkin
Le groupe dont c'est le dernier et ultime effort en studio a déjà sorti deux disques : «Mr Bungle » en 1991 et « Disco Volante » en 1995, véritables disques de grands malades, ou tout les styles et sonorités des cinquante dernières années sont passé a la moulinette de leur délire. Deux grands albums inclassables et étourdissants, des disques à la folie exacerbée…
Mais cette « normalité » est trompeuse car loin de muselé sa folie créatrice, le groupe la contient et lui donne un aspect plus avenant en apparence mais ou la folie est toujours sous jacente.
L'album commence par un « Sweet Charity » très cool, très easy listening (les chœurs du refrain sont à tomber), une introduction forcément trompeuse…
Mais le groupe fourbe et farceur comme il l'est nous surprend par un second titre « None Of Them Knew They Were Robots » ou plutôt plusieurs titres en un : Rockabilly, cartoon, Hard rock, jazz… Un grand foutoir maitrisé d'une main de maitre qui change de rythme et d'ambiance toute les quinze secondes mais qui miraculeusement est cohérent…
Le troisième morceau du disque « Retro Vertigo » est une ballade rock tout ce qu'il y'a de plus classique en apparence (mais d'une grande beauté quand même !) qui nous berce avant qu'un mur du son nous tombe dessus : batterie lourde, guitares saturées pour un final grandiloquent mais néanmoins superbe.
Arrive ensuite "The Air Conditionned Nightmare" morceau schizophrène qui alterne chant aigus et cristallin qui monte haut pour vriller en gueulante et surfer sur des guitares hardcore, le tout entrecoupé de passages très calme… Un morceau très ludique et qui témoigne d'une très grande maitrise technique.
« Ars Moriendi » est le morceau le plus représentatif du style passé du groupe soit ici un mélange de musique slave, oriental et de métal : les guitares, l'accordéon, les percussions dialoguent, s'entrechoquent dans une osmose hallucinante. La voix sans faille de Mister patton servant de fil conducteur.
Nous arrivons a l'un des morceaux les plus envoutant qu'il m'a été donné d'écouter dans ma courte vie : « Pink Cigarette », un morceau d'une classe inouï, un morceau très « lounge » doté d'une mélodie magnifique et servi par des arrangements hallucinants de justesse. Patton emprunte ici sa plus belle voix de « crooner » et nous ensorcelle… l'envolée final avec piano, riff de guitare très « james bondien » , violons et superbes chœurs (et en arrière fonds sonores les hurlements ahurissants de Patton !) finit de nous propulser dans la stratosphère… Morceau Sublime, divinement beau.
Virage électro et expérimentation sonores à tout va pour « Golem II the Bionic Vapour Boy » titre très funky et délirant, de quoi vous filer la banane pour le peu que vous entriez dans le trip !
« The Holy firmament » est le morceau que j'apprécie le moins sur cet album, pas qu'il soit mauvais, non loin de la ! Mais son ambiance ne cadre pas très bien avec le reste de l'album a mon simple et humble avis, pourquoi ? Pour son coté lugubre et pas très réjouissant même si le final est moins oppressant.
Heureusement que le morceau suivant « Vanity Fair » avec son ambiance cabaret, remet un peu de bonne humeur et de nonchalance très sixties…
Humm, nous abordons la fin avec le chef d'œuvre du disque et l'un des sommets du groupe tous disques confondus !!! Rien que ça oui Monsieur ! « Goodbye Sober Day » porte à merveille son nom, la schizophrénie musical à l'état pur ! Un morceau qui mêle musique latino, chants religieux ( ?!) rock fifties, fatras électro, délires vocaux du maitre, entrecoupé de passage métal grindcore.
Comment vous décrire ce morceau absolument dingue ? Il faut que vous l'écoutiez pour vous rendre compte de la folie maitrisé et du miracle de ce morceau. Un chef d'œuvre.

Je viens de me relire et je constate que j'ai oublié de mettre l'accent sur une chose : la voix de Mike Patton : jamais chanteur ne m'a autant bluffé, le monsieur maitrise tout, il peut chanter les ballades les plus mielleuse (rappelez- vous de sa reprise de « Easy » de l.Ritchie !), pousser les beuglements les plus hargneux, faire le « human beatbox » et inventer les onomatopées les plus dingues avec une facilitée déconcertante, je vous conseille de vous dénicher des enregistrements du monsieur en concert pour appréhender l'ampleur de sa maitrise… Beaucoup d'artistes (John Zorn, Bjork, Dan The Automator, Massive Attack...) ne s'y sont pas trompés et l'invitent régulièrement à les rejoindre sur scène ou en studio.
Un conseil les amis : cet OVNI musical est a écouter en extrême urgence, l'apprécier (comme un bon cigare) se mérite mais une fois que vous l'aurez assimilé, vous pourrez mourir en paix avec le sentiment d'avoir connu les sommets…
Chroniqué par -Muadib.
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