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Du bon usage de la crise...

Publié le 26 janvier 2009 par Pierrotlefou

Le sociologue Denis Muzet, patron de l'institut Mediascopie, vient de réaliser une enquête sur les Français et la crise pour le Nouvel Observateur. Cette enquête va à l'encontre de quelques idées reçues. "Les gens paraissent plus positifs et moins dépressifs qu'on ne veut les dépeindre. Nous n'avons pas atteint le niveau de souffrance maximale et la crise n'est pas encore à son point culminant. Nous savons que les choses vont empirer dans les mois à venir mais, malgré tout, l'espoir collectif demeure. Certains Français pensent même que la crise est une bonne chose qui va permettre d'assainir nos sociétés et de remettre les choses à plat."

D'aucuns pensent à une moralisation du capitalisme ou du monde de la finance. Qu'ils ne se fassent pas trop d'illusions ! Si certains patrons ont été obligés de refuser leur parachute doré et si quelques dirigeants de banque ont été contraints de renoncer à leur bonus, le temps du grand soir de la révolution financière ne semble pas être arrivé. Cupidité et avidité, les deux mamelles de la planète dorée, ont encore de l'avenir.

En tout cas, la crise modifie les comportements. Dans la consommation notamment, on l'a constaté dans les achats du Noël dernier et pendant les soldes en ce moment, les commerçants aussi ; ils sont plutôt déçus et maussades. Les Français anxieux sont dans l'expectative. "Les gens s'interrogent sur leurs habitudes de consommation, continue Denis Muzet, et se demandent pour chaque achat si cela est vraiment utile... cette réorientation de la consommation plus réfléchie les pousse à faire des choix plus écolos, plus durables."

Certaines marques de textile jouent la carte de l'humour pour enrayer la chute de la consommation et la morosité ambiante. Imprimé sur des tee-shirts, ça donne des "J'ai croisé la crise...hyper sympa" ou "T'as pas vu la crise ? Elle me doit des sous..." Ce phénomène de résistance par le biais de l'humour montre que les Français ne veulent pas en rajouter. C'est déjà suffisamment pas drôle comme ça. N'est-ce pas Beaumarchais qui fait dire à Figaro :"Je m'empresse d'en rire de peur d'avoir à en pleurer." ?

Pierre Zimmer


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