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Nicolas Sarkozy, Chef de l’Etat et de l’UMP

Publié le 26 janvier 2009 par Hmoreigne

 Nouveau coup de cutter dans le costume du président de la république. Samedi 24 janvier, Nicolas Sarkozy a clôturé les travaux d’un conseil national de l’UMP. Et voilà le chef de l’Etat mué en chef de l’UMP. Pour la première fois sous la Véme république en effet un Chef de l’Etat s’est exprimé devant son parti, foulant au pied la régle selon laquelle le Président de la République est le président de tous les Français. Haussement d’épaules du côté de l’Elysée où l’on préfère voir la fin d’une hypocrisie. Pourtant, parce qu’il est censé être au-dessus des partis, le président de la république ne voit pas son temps de parole comptabilisé.

Le mélange des genres n’a pas suscité de vagues. Et pourtant ce week-end, c’était la première fois, hier, qu’un président de la République s’exprimait devant son parti. Nicolas Sarkozy aurait pu comme c’est l’usage faire lire un message non, il fallait qu’il soit présent afin de rappeler que l’UMP c’est lui et, vice-versa.

Dans le petit monde de Nicolas Sarkozy, la démocratie a des airs de famille avec un pater familias autoritaire. On n’y vote pas on désigne. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP en 2004, les adhérents n’ont plus jamais été consultés pour le choix de leur chef. Et ça continue. Nicolas Sarkozy qui n’a confiance qu’en lui-même a choisi  Xavier Bertrand pour remettre en ordre de bataille la machine de guerre UMP parce que si ne l’avoue pas, il prépare déjà son deuxième mandat.

Nicolas Sarkozy aime le mélange des genres. Il aurait pu réserver son plaidoyer sur l’Europe “lieu de pouvoir incontournable” aux français. Non, le grand jeu a été réservé à l’UMP pour mieux cacher que ces élections lui servent à redistribuer les rôles et à éloigner ses partisans tombés en disgrâce. Un discours habile destiné à faire passer la pilule aux futurs exilés et à faire un peu d’autocongratulations en soulignant la qualité de la présidence française qui a permis “de rendre la France plus influente en Europe”.

Formidable Europe qui permet de faire passer tous les messages dont certains perfides comme : “C’est peut-être ce qui fait la différence entre nous et une célèbre école qui forme les grands fonctionnaires de la République, c’est que la prise de risque elle est dans nos gènes“. Etrange sens du rassemblement qui stigmatise les fonctionnaires ou serviteurs de l’Etat forcément frileux et encense la caste de l’UMP, constituée d’aventuriers et d’entrepreneurs, génétiques, qui feraient la grandeur de la France … Décidément M. Sarkozy ne semble pas avoir beaucoup d’estime pour la république et ses symboles.

Peut-on pourtant être chef de clan et président de tous les français ? A l’UMP on revendique un héritage culturel bonapartiste et un management à la talonnette, sans vote et sans opposant. Si Nicolas Sarkozy n’est pas au-dessus des partis mais juste au dessus de l’UMP, il conviendrait pourtant en toute logique, à moins que les fins d’hypocrisie ne soient sélectives, de revenir sur la règle dite des trois tiers instaurée en 1969 et réaffirmée par une loi du 1er janvier 2000.

Cette règle impose aux rédactions de respecter l’équilibre du temps de parole des hommes politiques en réservant un tiers à la majorité parlementaire, un second tiers au gouvernement et un dernier tiers à l’opposition.  Considérant que le Président de la république est au dessus des partis, il échappe dans ce schéma à toute comptabilisation de son temps de parole. Autant dire une aberration face à l’omniprésence médiatique de Nicolas Sarkozy qui tranche avec les interventions mesurées de ses prédécesseurs.

L’aberration devient démocratiquement inquiétante quand au moment ou Nicolas Sarkozy s’affiche en Chef de parti, le CSA rappelle aux médias le nécessaire respect de la règle, y compris aux radios traditionnellement plus pluralistes. La demande suscite un tollé à Radio-France notamment des syndicats de journalistes qui ont fait part de leur émoi dans un communiqué.

  “L’intersyndicale des journalistes de Radio France, associée à la société des journalistes, constate que la règle des trois tiers que le CSA a décidé d’imposer à nos rédactions, bafoue la plus élémentaire déontologie en institutionnalisant une gestion comptable des temps de parole politique. Aucune injonction, d’où qu’elle vienne, ne peut nous contraindre à bafouer le devoir d’équilibre qui s’impose à chacun d’entre nous. En conséquence l’intersyndicale CFDT, CFTC, SPC-CGC, SNJ, SNJ-CGT, SNJA-FO, SUD, associée à la SDJ, invite les journalistes à ne pas tenir compte de cette directive »


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