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Lettres de Singapour(8). C’est le nouvel an chinois: du pouvoir des couleurs et des mots

Publié le 26 janvier 2009 par Chantalserriere

Rouge, rouge, rouge! C’est la couleur de la fortune, de la chance, du bonheur. C’est aussi la couleur des rues de Chinatown, à Singapour et partout dans le monde où la culture chinoise fête le passage à l’an nouveau.

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Plafonds tapissés de lanternes. Rouges. Murs recouverts de poissons. Rouges et or!  Lingots de papiers rutilants. Marmots joufflus habillés de pourpre au cœur de losanges  à afficher sur la porte d’entrée.

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Rubans encadrant l’huis. Rouges encore. Il n’y en a jamais assez de ce rouge incandescent à l’occasion du nouvel an chinois. Celui fondé sur la succession des lunes et non pas sur la course du soleil. Une année classique, en Chine,   compte 12 mois lunaires et dure 354 ou 355 jours, soit environ 11 jours de moins que nous n’en comptons dans notre année solaire.

Alors, attention aux mots prononcés ce jour-là! Pour que l’année à venir soit bonne, sachez user à bon escient des vocables dits “auspicieux”, autrement dit, sachez utiliser ceux qui permettent d’augurer un avenir radieux aux destinataires de vos souhaits.

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Xīnnián hǎo : « bonne année », en mandarin

“On affiche un peu partout des souhaits écrits sur papier rouge, symbole de chance. Il s’agit de caractères symboliques susceptibles de porter chance, comme (福) bonheur, ou chūn (春) printemps, souvent collés à l’envers car renverser ( 倒 dào) est homophone de arriver ( 到 dào). Un fu renversé signifie donc : « Le bonheur est arrivé. ». Traditionnellement, de chaque côté des montants de la porte d’entrée, on colle une bande de papier rouge sur laquelle est écrit un vers ; les deux vers se répondent et constituent une inscription parallèle (對聯 / 对联 duìlián) ; elles étaient autrefois toujours écrites à la main, de préférence par des personnes aux dons littéraires et calligraphiques. Bien sûr, les décorations et inscriptions de l’an passé ont été tout d’abord retirées.”

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Le choix des mets suit la même logique et s’appuie d’abord sur la désignation du plat: “Ainsi le poisson ( 魚 ), homophone de surabondance ( 馀 ), doit être présent à chaque repas de Nouvel An pour garantir qu’il y aura du surplus tous les ans ( 年年有餘 / 年年有馀 niánnián yǒuyú) et qu’on ne manquera jamais de rien ; certains prennent même soin de ne pas le finir, afin de rendre plus complètement son sens symbolique. Dans le nord de la Chine, on sert en principe un plat de raviolis (jiǎozi 餃子 / 饺子 )car leur forme évoque celle des yuánbǎo (元寶 / 元宝 ), lingots anciens. Le dessert traditionnel est le niángāo ( 年糕 ), « gâteau de l’An » ; gāo, gâteau, est homophone de grandir, et en manger constitue un gage de croissance dans tous les domaines souhaités.”

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Article écrit avec l’appui de Wikipedia.

Première et dernière photo: Guy Serrière

1: Chinatown, à Singapour

2: danseuse d’une troupe chinoise, lors d’une animation au shopping center de Vivocity.


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