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La vengeance de S. Harper contre “les méchants séparatiss”

Publié le 27 janvier 2009 par Hugo Jolly

Un texte rédigé par le porte-parole du Parti Communiste du Québec, André Parizeau, qui fait le point sur le mépris grandissant dont fait preuve le rancunier Stephen Harper, qui ne semble toujours pas avoir digéré la raclée électorale coûteuse que lui et son parti-dinosaure ont subi au Québec. Le fédéralisme canadien sans son innocent masque de “love-in 1995″ hypocrite:

Harper persiste et veut encore en rajouter toujours plus contre le Québec

Par André Parizeau
Porte-parole du PCQ

Il n’y a pas à dire.  Des fois, cela n’a juste pas d’allure … C’est comme si Harper cherchait carrément à provoquer et soulever tout le Québec contre lui.  L’ensemble des mesures qui lui seraient attribués, au niveau de ce qu’il entendrait faire au cours de 2009, ne fait pas que toucher le Québec.  Sauf que le Québec est en même temps clairement ciblé.  Cela ne fait aucun doute.

Après avoir coupé dans la culture et fait la sourde oreille face aux demandes du Québec en faveur de mesures spéciales pour contrer les effets des mises à pied dans l’industrie manufacturière québécoise, après avoir aussi annoncé qu’il allait plafonner les transferts de paiement, voilà maintenant Harper qui veut en rajouter encore plus en donnant (une fois encore) un traitement de faveur à l’Ontario par rapport à ses activités de transport et de distribution d’électricité, une chose qu’il se refuserait en même temps à accorder au Québec.

L’enjeu serait le suivant: faut-il ou non inclure les revenus provenant de ce secteur d’activités dans les calculs de transferts de paiements en provenance du fédéral.  Ottawa serait prêt à dire oui à l’Ontario, mais pas au Québec.  Qui plus est, Harper voudrait également  mettre la hache dans l’existence de Commissions provinciales des valeurs mobilières, en particulier au Québec, ce qui représenterait un autre recul par rapport aux droits acquis du Québec.  Finalement, on voudrait également utiliser une partie de nos argents, provenant de nos impôts, pour “célébrer” la défaite … sur les Plaines d’Abraham, en 1759.  Un chausson avec cela ?…

Au moment d’écrire ces lignes, il n’était toujours pas clair si oui ou non, Ottawa allait finir par répondre, au moins partiellement, aux demandes maintes fois répétées au Québec pour que le gouvernement fédéral mette véritablement la main à la patte et fasse sa juste part pour la relance de notre économie, notamment au niveau de l’industrie manufacturière.  La seule chose qu’on sache, c’est qu’Ottawa serait prêt à ouvrir la vanne des milliards pour l’industrie automobile en Ontario, encore que cela serait assujetti au fait que les syndicats, dans cette province, accepteraient en même temps de consentir des baisses de salaires et d’avantages sociaux sans précédent.  Ce qui n’est pas fait.  En d’autres termes, même là, cela pourrait bien finir en queue de poisson.  Pour ce qui est du Québec, cela demeure très vague.

La même incertitude demeure au niveau des montants que le fédéral pourrait verser au niveau de la réfection de nos infrastructures publiques, ainsi qu’en ce qui concerne les velléités du pouvoir central de récupérer tous les contrôles en matière de surveillance des marchés financiers.  Même chose dans le dossier portant sur la bonification du régime d’Assurance-chômage, un autre dossier cher au Québec et sur lequel Ottawa a déjà tout le contrôle.

Toute la manière avec laquelle Harper semble vouloir gérer le dossier des transferts de paiements relève de la plus pure provocation.  Même chose pour ce qui a trait à cette fameuse affaire consistant à vouloir célébrer la défaite de 1759.  C’est tellement grossier que même Jean Charest est lui-même obligé de dire que cela n’a pas d’allure.  Seul l’ADQ semble vouloir dire qu’il ne faudrait pas, tout au moins pour ce qui est du projet de célébrer 1759, y voir quelque chose de trop grave.  Mais qui se surprendra, au fond, d’une telle réaction de la part de l’ADQ ?…

La situation est tellement grotesque que même madame la ministre, Monique Jérôme-Forget, a cru bon de monter le ton face à Harper.  Wow !!!

Pendant ce temps, et parce qu’Harper a aussi de la suite dans les idées, non seulement face au Québec, mais aussi sur bon nombre d’autres dossiers, ce dernier, de même que les différents porte-parole de son gouvernement, multiplient les déclarations qui devraient tout autant nous faire réfléchir.

Alors que le nouveau président Obama a déjà déclaré publiquement qu’il entendait dans un proche avenir revisiter la pertinence ou non de continuer à s’approvisionner à partir des sables bitumineux de l’Alberta, à cause du fait qu’il s’agit en fait d’une des sources d’énergie les plus sales et les plus polluantes qui soit, Harper déclare de son côté espérer que son gouvernement, ainsi que le nouveau gouvernement d’Obama, continueront à oeuvrer ensemble pour développer encore plus ces sables bitumineux.  Vous comprenez quelque chose à tout cela ?…

Alors qu’Obama vient également de signer un décret pour fermer la prison de Guantanamo dans un délai maximum d’un an, le gouvernement Harper continue de son côté à déclarer qu’il ne peut toujours rien faire dans le dossier d’Omar Kadr.

D’ici le milieu de la semaine prochaine, on devrait savoir si oui ou non ce gouvernement tombera, si oui ou non il sera remplacé par un gouvernement de coalition formé des libéraux et du NPD (avec l’appui du Bloc), ou s’il y aura plutôt de nouvelles élections à Ottawa.

Dans un tel contexte, et quoiqu’il arrive, on ne peut qu’espérer qu’une chose : que ce gouvernement, et son chef Stephen Harper, aille au plus vite rejoindre la poubelle de l’histoire (comme George Bush vient juste de le faire).  Cela commence à urger.

Si jamais les libéraux devaient une fois encore s’effondrer devant les conservateurs de Stephen Harper, ils ne feraient en même temps que démontrer une fois de plus comment ils ne sont pas mieux qu’eux.

Finalement, on peut aussi espérer, à terme, qu’un nombre beaucoup plus significatif de Québécois et de Québécoises finissent par joindre les rangs du combat pour obtenir l’indépendance du Québec.  Plus cela va, et plus, me semble-t-il, la lutte pour le progrès social et la justice, et la lutte pour faire du Québec un pays, devraient devenir dans la tête des gens deux aspects d’un même combat.  Ne pensez-vous pas ?

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