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Magic Retouches - Françoise Dorner

Publié le 27 janvier 2009 par Clarabel

Son père est couturier à Magic Retouches, il est veuf et reçoit souvent les visites de clientes qui se trémoussent devant lui ou dans la cabine d'essayage. La petite Justine, douze ans, n'est pas dupe et préfère c51vty3mtbkL__SS500_ourir à la boulangerie pour se changer les idées. Son père et elle ne se parlent pas, ils ne se comprennent pas. Ils mangent en silence, devant la télévision. Les informations font écho d'un tueur en série qui s'en prend à des adolescentes de l'âge de Justine, c'est révoltant mais que fait la police !? Justine sent monter en elle son âme de justicière, son prénom résonne comme la justice, dit sa grand-mère, Margot, quatre-vingt ans et un tempérament d'acier. C'est elle qui bichonne la petite fille, c'est elle qui lui donne la photographie de Geronimo et c'est elle aussi qui lui parle de l'histoire familiale, avec le soldat inconnu qui est leur valeureux aïeul, et le grand-père, décédé trop tôt, mais de façon héroïque. Les histoires de famille arrangées à la sauce de Margot pèsent un peu lourd dans la balance, le déséquilibre est flagrant, et Justine s'est saisie du flambeau en se lançant sur la piste du tueur à l'écharpe blanche, avec ses fléchettes en bois et son prénom en bandoulière.

Je pensais que ce roman allait être léger, il ne l'est pas vraiment. C'est raconté d'après la jeune adolescente de douze ans, qui souffre d'affection et se sent bientôt une vieille personne avec ses idées. Sa mère lui manque, son père compte sur le temps pour qu'elle grandisse toute seule, vite et bien. Et l'appartement ressemble à un mausolée où il fait tout gris, où chacun s'enferme dans son silence et sa solitude. Le tableau n'est pas fabuleux. De plus, Justine a un gros complexe dans ses relations avec les autres, elle déteste la promiscuité, elle manque très sérieusement de tendresse et on sent qu'elle est dégoûtée par les liaisons de son père avec ses clientes. Heureusement il y a la grand-mère Margot, quatre-vingt ans au compteur, en plus d'être une fieffée menteuse. Mais pourquoi raconte-t-elle toutes ces histoires ? Et surtout, n'empoisonnent-elles pas la tête de la petite Justine ? On ne s'improvise pas Miss Marple croisée avec Geronimo en un clinquement de doigts... Soulagement au final, l'histoire réussit l'exploit de nous toucher avec le sourire et d'éloigner tout spectre de désolation. Bon point, donc.

Albin Michel, 2009 - 150 pages - 14€

Françoise Dorner est également l'auteur de La fille du rang derrière et La douceur assassine


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