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Capitalisme et hernie lombaire

Publié le 27 janvier 2009 par Frednetick
This entry is part 1 of 1 in the series Blabla sur le capitalisme

On croirait le nom d’un courant chez les verts non? Suite de la discussion sur le capitalisme, qui déchaine les foules semble t-il, et ses alternatives possibles, souhaitables, imaginables.

La question que nous avions laissé en suspens de l’imanence d’un capitalisme financiarisé, mondialisé et liquidifié n’est pas encore tranchée, c’est bien dommage. Car dans l’empressement de certain, c’est bien la corrélation de ces trois facteurs qui aboutit aujourd’hui à une course folle en avant.

Par financiarisé il faut entendre dépendant des marchés financiers. Le capitalisme a de tous temps été financier, c’est même la base de la chose, si l’on veut bien ignorer les possibilités d’apport en industrie et en biens mobiliers et immobiliers. C’est pourtant lors de son passage dans le broyeur de la place boursière que tout s’emballe.

Pourquoi? Parceque cette place boursière ajoute à un élément naturel, celui d’une recherche de financement,  deux éléments qui le sont moins: la liquidité et l’accès à une ressource mondialisée.

Si le capital n’était pas liquide (c’est à dire immédiatement et à moindre frais mobilisable ailleurs) la “menace” de “walk street walk” n’existerait pas. C’est d’ailleurs bien souvent le cas dans le domaine du private equity puisque les investisseurs doivent prospecter les repreneurs et ne peuvent se contenter de passer des ordres auprès de courtiers en goguette.

Et si le capital n’était pas mondialisé, les disparités de change, de politiques sociales ou budgétaires, les taux d’intérêts divergents n’auraient que peu d’influence sur l’allocation de ce capital flottant.

Il ne s’agit pas de morale, encore une fois, mais d’allocation la plus efficace du capital, point barre. Ceux qui affirme aujourd’hui que l’on peut moraliser le capitalisme rêvent avec des yeux grands ouverts en se frottant la fourrure. Le principe même, l’essence du capitalisme est l’accumulation d’un surplus et la maximisation d’un profit.

Comment peut-on mettre en place des instruments type PEA, encourager la retraite par capitalisation et demander aux gens de ne pas utiliser de façon optimale le système?

Vous allez me rétorquer qu’il serait loisible aux gestionnaires de fonds de pension de ne pas jouer les marioles et promettre 15% de rendement annuel, vous n’auriez pas tord, si d’aventure tel n’était pas leur job. Imaginerait-on payer des professionnels pour que ceux-ci n’utilisent pas tous les moyens pour vous satisfaire? La spéculation est moralement limite mais elle est légale, si l’on ne souhaite pas qu’elle soit utilisée il faut tout simplement l’interdire, bannir les hedgers de la surface de la terre et sourire d’avoir fait quelquechose d’utile.

Mais en fait l’hypocrisie va au delà encore et cela ne semble pas déranger notre très élastique préseident, jamais aussi à l’aise que dans le grand écart idéologico-pragmatique.

D’un côté il détricote toute la logique d’un Etat providence, toute la logique de la solidarité collective, renvoyant chacun à l’utilisation des outils du marchés pour se garantir qui une retraite qui une mutuelle santé, et de l’autre il fustige l’utilisation optimalisée de tous ces outils !!!

Heureusement certains, au coeur même du système tentent de résister aux dérives , pour redonner au capitalisme la place qui est la sienne, celle d’un outil.

Mais ça c’est encore une autre histoire, un autre post…


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