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Système fou des bonus bancaire.

Publié le 30 janvier 2009 par Anakyne

Distribués par milliards, et pas seulement aux dirigeants, ces primes ne répondent à aucune règle connue, et poussent les traders à la faute.

Et si les bonus des patrons de banques françaises, qui ont donné lieu à une tragi-comédie à la Sarkozy, ne constituaient que la partie émergée de l'iceberg ? C'est la question que les banquiers, comme le gouvernement, ont pris soin de ne pas poser.

Aujourd'hui, dans le monde financier tel qu'il fonctionne, les bonus les plus élevés ne sont pas ceux des pédégés ou des directeurs généraux mais ceux, moins visibles, que touchent leurs traders qui opèrent dans les salles des marché. Le bonus du directeur général de BNP Paribas, Baudouin Prot, qui aurait dû atteindre, en 2008, 2,3 millions d'euros, ne se classe, selon les confidences d'un administrateur de la banque, qu'au quarantième rang: " Pendant des années, explique celui-ci, un très bon chef trader pouvait encaisser, en France, entre 3 et 8 millions d'euros par an." Le double ou le triple à la City ou à Wall Street.

Fixées en février, une fois les comptes de l'exercice précédent arrêtés, ces primes sont calculées en fonction des résultats de chaque trader. Pour se faire une idée des sommes en jeu, il faut savoir qu' en 2006 les cinq premières banques américaines ont distribué, à ce titre, 25 milliards de dollars. Et le montant global des bonus n'a cessé de flamber. En 2007, malgré les premiers signes de la crise, les sommes versées par les mêmes banques de Wall Street ont plus que doublé: 65 milliards contre 25 et à peine 10 milliards en 2002: une misère.

La plus totale opacité règne sur le calcul de ces bonus. Ce sont les chefs de service qui les répartissent, selon des critères qu'eux seuls connaissent. Les conseils d'administration ne sont informés que du montant global.
Un assistant trader, comme l'était Jérôme Kerviel, va toucher 5 000 euros quand son responsable en encaissera plusieurs millions. Dans les banques françaises, qui, à l'exception de la Société générale, ont été un peu plus raisonnables, ces bonus ont augmenté, d'après les spécialistes, de 10% par an, en moyenne, depuis 2002. Il est vrai que 10% d'un paquet de millions, ça fait légèrement plus que 10% de 5 000 euros.

Prime à la casse

Parallèlement à cette explosion des bonus, les salles de marché ont vu leurs effectifs doubler, voire tripler, au cours des cinq dernières années. Pour toucher toujours plus de primes, les traders ont dû multiplier les transactions et donc inventer des produits financiers de plus en plus complexes. Tant pis pour les risques, à moyen ou à long terme, que faisaient courir ces produits, puisque, à l'arrivée, les bonus allaient être encore plus élevés que l'année précédente. Comme l'explique un banquier franco-américain: " Le mécanisme des bonus a contribué à la mise en place d'un système qui a conduit les traders, pour gagner davantage chaque année, à faire prendre à leurs employeurs de plus en plus de risques. Tant que la machine financière tournait à plein régime, les traders voyaient leurs revenus exploser, et les banques, leurs profits. Mais pendant ce temps là les bombes à retardement s'accumulaient. Quant la crise de l'immobilier et des crédits hypothécaires aux Etats-Unis est arrivée, il était trop tard pour agir. Et les bombes ont explosé dans le monde entier."
Si c'est un banquier qui le dit, on peut lui faire confiance. Pour une fois !
Posté par Cambiste le 29/01/2009


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