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Rats: les bébés de Chillito

Publié le 30 janvier 2009 par Dunia

Églantine ou l’amour de la vie

La morte vivante

Hier soir Madeleine m’a rendu visite. Elle a été extrêmement touchée de voir les incroyables efforts qu’effectue Églantine afin de rester en vie. Tout comme moi, c’est la première fois qu’elle voyait un rat avec une telle envie de vivre. Pourtant, elle s’y connaît en rattus norvegicus , et comme dit souvent dans ce blog, elle et moi savons à quel point les rats s’accrochent à l’existence. Cependant, rarement avec une telle volonté. Remarquez, dans le genre, Mimi-Boule s’était aussi bien défendue. Mais avec une moité de mâchoire manquante, contre son gré, j’avais pris la décision de l’euthanasier. J’en déduis que les rats se sentent bien chez moi. Églantine est devenue une sorte de plaie sur pattes. La croûte qui recouvre le tiers de son dos cache une énorme surface de pus. Du pus sort également parfois de ses narines, de ses yeux et de sa bouche. Tout son corps dégage une odeur nauséabonde, comme s’il se décomposait déjà. Malgré les infections, malgré des dents qu’hier soir j’ai remarqué trop longues, malgré la tumeur, malgré les infirmités qui l’affaiblissent, elle s’acharne à manger des fruits, des légumes et des graines de céréales qu’elle avale entières faute de pouvoir les mâcher, boit seule, défèque de jolies crottes bien fermes, urine normalement et dès que sa faiblesse la couche sur le flanc, elle réunit toutes ses forces pour se remettre debout. Elle donne l’impression d’avoir décidé de ne jamais mourir. Ne semble pas souffrir malgré tous ses maux. Elle est juste comme ralentie. Madeleine et moi en avons conclu, en plaisantant, qu’Églantine est déjà trépassée mais qu’elle l’ignore encore. Qu’en réalité c’est une morte-vivante. Un zombie.

Ce matin, avec un outil de bricolage, je lui ai coupé les incisives inférieures qui blessaient son palais -aux néophytes je conseille de faire cette opération chez le vétérinaire-. Tous les soirs, à la seringue, je continue de lui donner 16ml de bouillie fortifiante qu’elle mange avidement avec gourmandise. Je soigne toujours ses plaies sans me montrer invasive. De son côté, dès que je la caresse, elle grince les dents de bonheur. Comment pourrais-je décider en ce cas de mettre fin à ses jours?

Les photos suivantes ont été prises par Madeleine.

Rate malade nourrie à la seringue

Églantine a gardé sa jolie petite bouille malgré les maladies qui la rongent.

Rate malade nourrie à la seringue

Quand je la nourris, un grand courant de tendresse passe entre elle et moi.


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