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Madagascar : le massacre d'Ambohitsorohitra du 7 février 2009

Publié le 09 février 2009 par Sylvainrakotoarison
(dépêche)

Carnage à Ambohitsorohitra
Le piège
lundi 9 février 2009, par Valis 
Même si les avis divergent sur les responsabilités du carnage il est un fait sur lequel tous sont unanimes : le seuil du tolérable est largement franchi. Il y eut des civils morts. Il y eut carnage sur des personnes de tous les âges. Et ce sont des soldats de la République de Madagascar qui ont tiré sur une foule sans arme. Ce sont des soldats qui ont abattu, trop souvent, une foule en fuite. Ce sont des soldats qui ont tiré dans le dos. Ce sont des soldats qui se sont acharnés en tirant sur des personnes qui se sont penchées pour retirer les morts et sauver des blessés. C’est à croire que des tireurs d’élite de notre Armée nationale se seraient entraînés sur des cibles humaines sans arme.
La foule, cette foule ?
On notera cependant que cette foule avait déjà le sentiment d’être invincible et d’être en position de force. Chauffée à blanc depuis la Place 13 mai où elle a été gavée de tous les discours enflammés des leaders de la lutte, elle était prête à tout. Pressée d’installer le Premier ministre que le président de la Haute Autorité de la Transition, la foule est difficile à raisonner si on peut dire. Elle a, en effet, surmonté plusieurs épreuves dans sa lutte mais surtout parce qu’elle a déjà, sans aucune résistance, franchi les barrages érigés par les forces de l’ordre de l’Etat-Major mixte opérationnel national (EMMONAT) sur les grands artères qui donnent accès à Antaninarenina et Ambohitsorohitra.
L’EMMONAT dans le coup ?
Les éléments des forces de l’ordre au sein de l’Etat-Major Mixte opérationnel national (EMMONAT) sur lesquels les manifestants de la Place 13 mai comptaient, ont finalement et malgré eux, déçu. Elle n’a pas déployé les moyens intelligents et suffisants pour dissuader la foule de ne pas se lancer à l’assaut de ce Palais. Aucune barricade ni barrière physique telles les barrières avec fils barbelés. Aucune action d’avertissement telles les actions de dispersion au gaz lacrymogène et encore moins le corps à corps pour repousser la foule. Les éléments de l’EMMONAT n’ont fait que de la figuration devant une foule qu’elle n’a même pas cherché à dissuader dans ses objectifs de prendre ce Palais et d’y installer son « Premier ministre ».
C’est à croire que ces forces de l’ordre sur lesquelles la foule a fondé ses espoirs de protection l’ont plutôt jeté en pâture aux tireurs d’élite d’Ambohitsorohitra. En tout cas, une bonne partie de cette foule a été prise au piège des stratèges, défenseurs de ce bastion de la légalité. La « légitimité » de la rue s’est inclinée devant ses martyrs face à la légalité qui, pour l’instant, tient encore le bon bout de la corde.
Mais avec ces bornes qui ont été dépassées, le pouvoir sortira-il du piège de l’effusion de sang qui lui a été tendu par l’histoire de Madagascar ? Le peuple peut-il se défaire de cette anarchie chronique qui lui colle à la peau pour devenir des chairs à canon ou des vaches à lait conformément aux réflexions d’un historien ?


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