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Le voyage a par

Publié le 10 février 2009 par Brigitte Contois
Pas de vacances, pas de soleil, pas de chaleur, le froid perdure. Un irrésistible besoin d’aller voir ailleurs si la balle est bien présente dans d’autres régions de notre planète où les températures négatives sont interdites. A travers les vitres éclaboussées et polluées, on voit se dessiner des appels baudelairiens d’étendues de sables et d’eau qui ne sont ni des bunkers ni des obstacles, l’invitation à l’indolente langueur de ces espaces et lieux qui ne sont que des fonds d’écran se font sentir. On va même imaginer des autochtones sensuelles, vouées à votre bien-être, qui ont des chevelures parfumées et une grâce lobotomisante des affres économiques de notre société erreintée. On s’assoupit en s’oubliant à des rêves fous de luxe au sein de suite au nom improbable, on soupire devant un calme où seul le bruit des remous font lever les paupières et on s’abandonne à la suggestion de la volupté offerte par un massage, un dîner ou une vue inégalée. On serre les dents devant des photos et des pages qui montre en tourbillon des mots tels que resort, golf, spa, balnéaire, club (et devis surtout) avec accès illimité aux résidents au golf de 18 ou 27 trous. Un sage a dit que l’homme résistait à tout sauf à la tentation. Et la femme ? Doit-elle aussi résister à ce voyage innommable, complément indécent pour le compte bancaire, voire déplacé à ces dates de tiers à payer ? L’invitation est tentante et insolente, impossible de résister à ces sirènes d’un paradis pas si artificiel ni tant accessible. Le ressentiment peut être aussi motivé par un voyage de noces tombé dans les limbes d’un évènement annulé. Toute peine mérite salaire, n’est-ce-pas ? Alors pourquoi se priver de cette proposition alléchante d’un voyage à l’autre bout de la planète où le décalage de lieu et d’horaire peut faire oublier toutes les mauvaises parties engagées et closes, tous les mauvais coups et enfin taper dans le jardin d’Eden où la jupette-short est de mise. Après l’enfer ou le purgatoire, le passeport pour le paradis n’est peut-être pas un si mauvais rendez-vous. Ce ne sera qu’une autorisation de découvert permissive…

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