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Affiches politiques : l’extrême gauche championne

Publié le 11 février 2009 par Pierre

C’est vraiment une joie de se balader dans les rues parisiennes et de voir les affiches politiques de l’extrême gauche. Car plutôt que de monter leurs champions respectifs sur un fond aseptisé (foule floutée ou nature verdoyante), l’extrême gauche opte pour un style beaucoup moins passe-partout : c’est du lourd, du direct, ça vous prend sur l’œil comme un bon jab de Thomas Hearns.

Dans la période actuelle de crise, ils s’en donnent à cœur joie, à notre grand plaisir de passants.

Un message choc

Les affiches du PCF, de la LCR ou du parti de gauche peuvent énerver, faire rire ou simplement faire prendre conscience ; en tout cas, elles ne laissent jamais indifférent.

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Ainsi cette affiche « Ils se gavent, nous on rame » avec un cadre costard-cravate qui s’allume un cigare avec un billet de 500 euros, avouez que c’est quand même bien vu, clair et sans ambiguïtés : en période de crise, les sales richards d’actionnaires et de riches se goinfrent de dividendes tandis que les classes laborieuses rament . D’où cette demande directe, adressée à on ne sait pas qui exactement : «Augmentez les salaires, les pensions et les retraites ». C’est le genre d’affiche qui reste dans l’esprit, donc le but est atteint.

La rupture, stratégie passe-partout, surtout quand elle est écologique

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Quand on ne sait pas quoi proposer, la rupture c’est pratique. On capitalise sur l’existant, forcément mauvais, et on propose mieux. Sur cette affiche du Parti de gauche, c’est le grand écart, le râteau version XXL. Ainsi, après « la catastrophe écologique » d’on ne sait où, l’affiche fait dans l’ambitieux : « je rejoins la gauche ». Un récent article faisait état de l’écologie mise à toutes les sauces ; ici c’est pareil, une petite couche de vert sur du rouge, pourquoi pas, les mots racolent, la solution simple :rejoindre le parti de gauche. Et hop, ce sera réglé car tout de même « ça suffit comme ça ! ».

Le contraste visuel, rien de mieux pour accrocher le regard

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Un gros paquet de biftons noir sur fond rouge, on le voit à des kilomètres. Ajouter quelques pâtés jaunes telles des accroches promotionnelles de supermarché Auchan, la boucle est bouclée : on s’arrête et on lit. On lit quoi ? « Que contre la vie chère ils faut augmenter les salaires, aps les actionnaires ». On reboucle sur la sémantique communisteclassique et sur la traditionnelle opposition : capital/travail. Direct, chirurgical, visible.

A noter enfin que parfois, les affiches sont simples et stylées, sans pour autant diluer le message.

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Ainsi cette affiche « Essence, halte au racket » est tout simplement très belle, elle rappelle ces affiches publicitaires qu’on fait aujourd’hui encadrer pour décorer les appartements des jeunes trentenaires. Noir blanc rouge, on pourrait presque croire à une vielle carte du Mille bornes.

Conclusion

Conclusion, l’extrême gauche a une culture unique de l’affichage de rue (voir cette magnifique collection). Elle est capable de régulièrement produire des affiches chocs, parfois avec un graphisme de grande qualité, parfois avec des photomontages grossiers. Quoiqu’il en soit, les gens s’arrêtent pour lire et, à mon avis, y prennent du plaisir.

Rien que pour ça, il faut que le PCF survive !

Amitiés à Marie-George,

François


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