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La chronique de Nan : On ne peut pas se consacrer à Virgile et...

Par Mamancelib

La chronique de Nan : On ne peut pas se consacrer à Virgile et...

" On ne peut pas se consacrer à Virgile et à la verge "

Tel est l'adage tout droit sorti des Guides déjantés à l'usage des profs  que MC me répète souvent. Nous autres, professeurs de Lettres Classiques (entendez Latin, Grec et Français mais en vrai, on n'aime pas ça), nous reléguerions le sexe loin derrière nos dictionnaires et nos vieux livres poussiéreux.

Mais que nenni ! Je passe rapidement sur la vieille fille aigrie qui, par hasard, enseigne le Latin et qui n'a probablement pas vu de monsieur tout nu et très content depuis ... pfiout, des millions d'années, sur l'étudiante « bête à concours » qui ne vit que pour avoir son agrég et estime que le sexe est une perte de temps et surtout d'énergie et sur le « geek » de service qui maintenant ne traine plus dans les couloirs du département de lettres classiques mais plutôt dans ceux de l'IUT génie informatique ou un truc comme ça.

Et j'en viens à nous, professeur(e)s de Lettres Classiques épanoui(e)s, qui prenons autant notre pied en récitant du Cicéron debout sur la table basse du salon qu'en bisouillant à mort notre amoureux.  C'est vrai, ce n'est pas le même plaisir, et si je dois choisir, je laisse ce malheureux Virgile au placard... encore que pour Cicéron... il me faudrait un très très bon amant pour le supplanter dans mon cœur.

Il n'y a qu'à m'entendre parler à mes dictionnaires pour comprendre que j'ai une relation très intime avec Félix et Anatole (respectivement dictionnaire de Latin par Félix Gaffiot et de Grec par Anatole Bailly) vu que ce sont les deux seuls hommes qui ne m'ont jamais quittée, jamais trahie, jamais abandonnée. Bon, il ne faut tout de même pas oublier mon Cicéron chéri.

Et puis, faire du Latin, c'est sexy. Demandez à mes élèves... quand je leur raconte les amours de Mars et Rhéa Silvia (en leur disant : « un beau jour, Mars visite Rhéa Silvia et neuf mois plus tard... »), ou la vie sexuelle de César, l'homme de toutes les femmes et ... la femme de tous les hommes, et Pasiphaé et son taureau... ce n'est pas digne des plus glauques films X ? Je passe sur mes lapsus et autres fous rires (« Si tu continues, tu vas l'avoir, la barre ! » qui s'ajoutera aux deux autres sur mon cahier de note et donnera lieu à une punition ; « Madame, je peux tirer ? » « Mais tirer qui, enfin ? »... ah, le sujet de l'évaluation tirée au sort... oups...). J'ai donc en ma faveur le témoignage d'une bonne trentaine d'élèves qui sont d'accord avec moi... les profs de Latin peuvent être chaudes comme des baraques à frites et sans faire exprès, en plus !

Là, je ne parlais que de mes expériences de prof, mais en tant qu'élève, c'est encore pire... je garde un souvenir ému de mon prof de linguistique grecque en première année de fac... flap, flap, flap... C'est fou tout ce que cet homme savait faire avec sa bouche, il parlait au moins dix langues anciennes (genre le hittite et le vieux persan, pis le sanskrit, of course !) et différenciait un son [bh] d'un son [b] ou d'un [hb] avec des petits mouvements de la bouche... aaarghh, je défaille ! Il nous expliquait la valeur du parfait en Grec (qui décrit un état qui dure) en nous disant : « bah oui, comme être assis, être debout, être en vie, être en érection... » Ça nous faisait rêver. D'ailleurs, s'il se reconnait, qu'il n'hésite pas à me contacter, il sera toujours le bienvenu dans mon cerveau et dans mon lit !

La chronique de Nan : On ne peut pas se consacrer à Virgile et...

En plus, faire du Latin, ce n'est pas que lire des discours moralisateurs, ça peut aussi être lire l'art d'aimer, d'Ovide qui est en fait un manuel de drague, ou encore quelques pages de Suétone, surtout lorsqu'il se prend pour Voici ou Public et vous révèle les petites anecdotes croustillantes sur votre empereur préféré.  N'oublions pas les visites de musées avec tous ces gens tous nus (c'est ainsi que j'ai eu comme fond d'écran un monsieur qui se fait bouffer le cul... au sens littéral, il s'agit de Milon de Crotone). Ne croyez qu'on admire juste le travail du sculpteur. Même à 26 ans passés, on pouffe devant machin qui en a une petite et on s'extasie devant les fesses de chose.


Je conclurai en citant un de mes collègues après une discussion particulièrement classe : « les profs de lettres classiques sont soit coincés du cul soit de vrais petits coquins »... à méditer quand vous déciderez si votre enfant doit faire du Latin !



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