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Mabrouck Rachedi : Le petit Malik

Publié le 09 janvier 2009 par Gangoueus @lareus


La reprise est difficile. Pourtant je continue mes lectures. J’ai d’ailleurs reçu dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio, le deuxième roman de Mabrouck Rachedi : Le petit Malik.
J’ai apprécié ce roman assez court sur l’itinéraire de Malik et sa bande de gais lurons dans une cité française, entendez par là quartier chaud possédant une forte densité de population venant principalement des anciennes colonies françaises. Malik est musulman, ses deux fidèles potes Abdou et Salomon sont respectivement chrétien et juif. Dans cette configuration, il y a comme une référence au trio Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui du film culte de Mathieu Kassovitz, la Haine. Sauf que dans l’œuvre cinématographique, ce sont 24 heures de 3 jeunes banlieusards qui sont mis en scène.
Mabrouck Rachedi brosse un portrait plus étendu dans la durée de Malik et ses comparses sur 21 ans. De la fin de l’école maternelle au premier RMI… Pour cela, il résume chaque année de notre héros par une anecdote qui donne suffisamment d’éléments sur Malik et l'évolution de son environnement : on passe ainsi de l’enfance dans un foyer monoparental, avec des territoires à marquer à l’école, les bagarres, les moqueries de mômes à l’adolescence avec l’influence de la culture urbaine américaine sur les ghettos français, la découverte de la littérature à l’école républicaine, les vacances à l’arrache, la prise de conscience de la condition de sa mère, le rapport complexe aux forces de l’ordre, les filles, la cave, la drogue et les premières démarcations des uns et des autres.
Le propos de Mabrouck Rachedi est léger. Il ne rentre pas en profondeur dans sa thématique. Le roman dresse une évolution plus ou moins attendue des personnages principaux. Par contre, il propose quelques portraits singuliers de ces banlieues comme celui de Bruno le vendeur débonnaire de glaces qui se transforme en braqueur ou encore de Boualem, l’icône du quartier jusqu’à ce qu’on découvre qu’il est policier.
Rachedi dénonce une certaine forme de mentalité de ghettos qui paralyse ses personnages :


_ Abdou, il m’a rendu un grand service en me traitant de sale Feuj, il m’a éloigné de l’esprit du ghetto, celui qu’on a aussi dans nos têtes. Tu devrais y penser, Malik, t’es pas plus con, tu as plein d’atouts pour toi.
_ J’ai un bon RMI et une carte solidarité transport, de beaux avantages, en effet.
_ On joue au foot en corpo toutes els semaines avec ma boîte. On n’a pas d’entraineur, ça te dit ?
_ Je prends pas la charité, merci.
_ Quand les autres s’appuient sur leurs relations, c’est du piston, quand c’est nous c’est de la charité. Un cas typique de mentalité du ghetto.

Il souligne également les difficultés de dialogue entre certains jeunes de banlieue avec le reste de la société.
C’est donc un texte qui se lit bien, qui me rappelle personnellement Kiffe Kiffe Demain de Faïza Guène et qui ne fait pas dans le misérabilisme. Juste l’histoire d’un gamin qui veut s’en sortir et qui ne sait pas trop comment s’y prendre. Les illustrations d’Eldiablo apporte un plus à cet ouvrage.
Bonne lecture
Mabrouck Rachedi, Le petit Malik
Edition Jean-Claude Lattès , 1ère parution 2008
204 pages Voir également l'avis d'une espèce de bohémienne...

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