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Le doigt sur l'engrenage

Publié le 18 février 2009 par Chroneric

Orange est tombé sur un pépin avec l'ouverture à la concurrence de la vente de l'iPhone et de son écran tactile magique. Adieu l'exclusivité et la pratique des prix de son choix. Ce téléphone futuriste, mais déjà dans nos vitrines, va faire l'objet d'une bataille commerciale, enfin peut-être, car la justice a été saisie. Qu'a-t-il de si formidable ? Bourré d'électronique et de logiciels, il fait avant tout le bonheur des férus du dernier cri. Ceux qui ne peuvent pas s'empêcher de posséder la dernière innovation technologique même si le besoin n'est pas vital.

D'après la publicité que l'on peut lire ça et là, nous avons accès à d'incroyables outils rien qu'en touchant du doigt. Accéder à Facebook pour rester en contact avec ses 458 984 amis virtuels, regarder les cours de la bourse et prendre des sueurs avec cette courbe qui fait des yoyos à longueur de journée, repérer le restaurant ou le vendeur de vêtements le plus proche grâce au GPS intégré (pour ceux qui sont contre la vidéo surveillance et qui possède un portable, ils donneront une définition des libertés individuelles), jouer à la voiture dans une course effrénée en penchant l'appareil à droite ou à gauche comme un volant, faire ses courses sur eBay pour être sûr de ne pas manquer les bonnes affaires, connaître le titre et l'interprète de la chanson que l'on écoute en approchant le téléphone, transformer l'iPhone en télécommande, suivre minute après minute les derniers résultats de football sinon ça vous empêche de dormir, un dictaphone intégré pour parler tout seul dans la rue, et j'en passe et des meilleurs. La plupart des applications sont des portes ouvertes à la consommation. Toutes ces options ne sont pas gratuites évidemment, il faut bien rentabiliser un appareil fabriqué à moindre coût. Ah ! J'oubliais, on peut aussi téléphoner ! C'est dingue !

Cette course à l'innovation, c'est bien joli mais on pousse à la consommation. L'utilisateur devient un robot, comme dans Wall-E : on lui colle un écran devant le nez où on lui dicte sa journée et passe des publicités et plus rien autour ne compte. Avec l'iPhone nous sommes à mi-parcours vers l'homme bionique. De la fiction à la réalité il n'y a qu'un pas… Croyez bien que je n'ai rien contre la technologie mais à consommer avec modération.

Ce téléphone (si tant est que l'on puisse appeler ça encore un téléphone) rend son propriétaire dépendant qui ne peut plus s'en passer, ça devient un cerveau annexe. Cette boulimie de vouloir rester à tout prix connecté au reste du monde devient inquiétante. Le besoin, créé par le constructeur, n'est pas justifié. Addiction aux nouvelles technologies, cyberdépendance, appelez ça comme vous voulez, le fait est que c'est une réalité. A force d'être branché sur cette petite machine sans défense, l'utilisateur est amené petit à petit à fuir la réalité.

Il est donc vital de s'aérer l'esprit de temps en temps et de faire de vraies activités comme marcher ou jouer en société. Il ne faut pas s'étonner que nous qualifiions notre société d'individualiste, nous mettons tout en œuvre pour. Allez, vite, éteignez-le et courrez chez vos voisins pour un rami, ça fera du bien à tout le monde.


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