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École : réponse de Joseph Facal à Mme Ouimet

Publié le 18 février 2009 par Magazinenagg

Pour les bien-pensants de la gogauche québécoise il faut démolir l'école privée parce qu'elle fait ombrage à l'école publique. Jamais ils ne leur viendraient à l'esprit de l'encourager pour le plus grand bien de l'ensemble de la population. Pour eux le principe d'égalité est un dogme qui ne doit pas être remis en question. S'il faut être médiocre pour y arriver, qu'il en soit ainsi.
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Fausse route, faux débat
Joseph Facal, 16/02/2009 09h52

Le décrochage scolaire continue à augmenter. La vieille proposition de couper les subventions aux écoles privées relève donc la tête. Si seulement c'était si simple.

Quand une école se vide, c'est que les parents ne lui font plus confiance. C'est ce qui arrive à plusieurs écoles publiques. Alors, que faire? Regagner la confiance des parents en leur offrant ce qu'ils veulent?

Bien sûr que non. Pour stopper l'hémorragie, on y retiendra captifs enfants et parents en mettant l'école privée à un prix que seuls les riches pourront se payer. Une vraie mesure "progressiste" comme on les aime au Québec

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Précisément parce qu'elle est subventionnée, l'école privée coûte autour de 4 000 $ par année par enfant. C'est accessible à la plupart des gens, pour peu qu'ils se disent qu'une auto de 16 000 $ roule aussi bien qu'une autre de 20 000 $, ou qu'un écran plat n'est pas indispensable.

Un carton de cigarettes Players coûte 66,99 $ avant taxes. Question de valeurs, j'imagine.

Il est vrai que l'école privée sélectionne. Mais elle sélectionne sur la base du mérite scolaire des enfants et non du portefeuille des parents. Qu'on puisse lui imposer d'autres exigences, ça se discute.

Mais coupez les subventions aux écoles privées et qu'arrivera-t-il? Elles devront exiger des frais à la hauteur du coût réel de la formation. Les parents qui n'en auront plus les moyens devront renvoyer leurs enfants dans le secteur public, qui verra ses coûts augmenter. Et nombre d'écoles privées fermeront, faute de clientèle.

Les écoles privées restantes seraient réservées non plus aux enfants talentueux, d'où qu'ils viennent, mais à ceux, quel que soit leur talent, dont les parents en auraient les moyens. Est-ce ce qu'on veut?

La fin des subventions signifierait que, même si un enfant travaille fort, il n'aura plus accès à l'institution de son choix si ses parents n'en ont pas les moyens. Lamentable.

Mais rien n'est simple. Comment expliquer qu'il y a des écoles publiques de grande qualité? Comment expliquer qu'il y en a qui font des bonds de deux cents places dans ces classements qu'on dénonce, mais que tout le monde consulte?

Et où sont les preuves que la performance d'un élève en difficulté s'améliore parce qu'on le force à coexister avec un autre qui réussit sans problème?

Dans les écoles publiques qui réussissent, que trouve-t-on invariablement? Des directeurs à poigne, de la discipline, des enseignants qui aiment leur métier, des parents qui s'occupent de leurs enfants.

Comme par hasard, on y livre souvent un combat quotidien contre les conventions collectives à la soviétique, la bêtise de certaines décisions des commissions scolaires et les théories fumeuses des intégristes de la psychopédagogie. Le cas de l'école Louis-Riel, située dans un quartier difficile, est demeuré célèbre.

Tout le Québec d'aujourd'hui est dans ce débat. Chez nous, le réflexe premier est toujours de penser que pour aider les uns, il faut forcément réduire la liberté des autres. Moins fatigant, n'est-ce pas?

Mes propres enfants fréquentent l'école primaire au coin de la rue, et j'en suis fort satisfait. Elle est publique.


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