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Amour en cage et Compagnie

Publié le 19 février 2009 par Galaxiedesparadoxes@orange.fr

[Parution in Journal du Jeune Praticien n°349 du 1er novembre 1995]

L’évolution des connaissances peut entraîner un tête-à-queue des conceptions, un retournement des idées en doigt de gant où ce qui passait d’abord pour la règle finit par constituer l’exception ! Avant la découverte du Nouveau Monde, les principales solanacées connues étaient ainsi très toxiques. On redoutait donc cette famille de plantes, à l’instar du « quatuor diabolique » constitué par la jusquiame, la belladone (source de l’atropine), le datura stramoine (succédané du LSD chez certains toxicomanes), et la mandragore (contenant de la scopolamine, et prisée des sorcières médiévales). Pour son appartenance à cette même famille botanique, même l’aubergine était jadis tenue pour suspecte ! Mais aujourd’hui, cette appréciation est totalement inversée : excepté quelques solanacées toxiques, connues de l’Europe médiévale (sauf le tabac), beaucoup de solanacées –essentiellement d’origine américaine– sont comestibles : pomme de terre, tomate, poivron, bien sûr. Mais aussi les plus discrets : physalis (amour en cage), cyphomandra (tamarille), morelle de Wallis, morelle du Canada, morelle de Quito (naranrille)… Cette ancienne suspicion de toxicité explique le retard à la pénétration de ces plantes. Une méfiance difficilement levée au fil du temps pour la tomate et la pomme de terre, devenues ensuite au contraire, par un virage à 180°, des aliments de base ! Mais encore perceptible, pour d’autres solanacées comestibles, injustement méconnues en Europe : amour-en cage, cyphomandra, naranrille…

Physalis

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