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Sarkozy en prend pour son grade dans la presse étrangère.

Publié le 21 février 2009 par Anakyne

L'intervention télévisée du chef de l'État n'a pas vraiment retenu l'attention de la presse étrangère. Mais quand c'est le cas, les journalistes ne pèsent pas leurs mots!

Sarkozy en prend pour son grade dans la presse étrangère. (Photo : capture écran France 2)

Anecdotiques les mesures annoncées, hier soir, par Nicolas Sarkozy ? C'est ce qu'on pourrait croire à la vue de la couverture qu'en a fait la presse étrangère. Et quand certains journaux daignent s'y intéresser, on ne peut pas vraiment dire qu'ils soient tendres avec le chef de l'Etat.

Sarkozy en prend pour son grade dans la presse étrangère.

A l'image de Sylvain Besson dans Le Temps. Pour l'éditorialiste du quotidien suisse, Nicolas Sarkozy est " un président en état de siège " : " La succession de plans annoncés en cascade depuis l'automne, explique-t-il, donne l'impression qu'il court derrière les événements, sans réelle vision. Les 2,6 milliards d'euros d'aides annoncés mercredi ont peu de chances de calmer les mécontentements, dans un pays qui a gardé en travers de la gorge les 360 milliards de prêts et de garanties consentis en octobre pour sauver les banques. " Le journaliste va plus loin en expliquant que l'hyperactif Sarkozy sombre dans l'immobilisme comme l'ont fait tous ses prédécesseurs : " Après vingt-deux mois de pouvoir, l'homme de la "rupture" se retrouve ainsi acculé dans la posture traditionnelle du président français aux abois, plombé par les mauvais sondages, et contraint de multiplier les concessions face aux protestations qui s'accumulent. " Et d'ajouter : " Le président joue peut-être son mandat en ces jours décisifs. Car ses difficultés actuelles alimentent une critique récurrente ces derniers mois: il a réformé beaucoup, mais pas toujours en profondeur, et l'on cherche encore dans son bilan une action décisive, à même de modifier radicalement le visage de son pays. "

Sarkozy en prend pour son grade dans la presse étrangère.

Die Zeit, lui, n'a même pas attendu l'intervention sarkozyienne pour conclure à la " crise politique " dans un pays devenu " ingouvernable ". Après la manifestation nationale du 29 janvier, le quotidien allemand a constaté que Nicolas Sarkozy, " face à des questions sélectionnées ", étaient devenus doux comme un agneau, soucieux des pauvres... mais inaudible ! Et la semaine de grève des universités de jeudi, la préparation du prochain mouvement national, la formation du NPA, sont autant d'événements qui submergent ses ministres et donnent lieu à des mesurettes " socialo-gaullistes " : " Des conditions dans lesquelles Sarkozy ne peut guère apparaître comme le fringant réformateur qu'il voulait être. Il doit se réinventer. "
Le tout aussi sérieux Frankfurter Algemeine Zeitung ne donne, quant à lui, guère d'importance aux mesures du président (dont il retient surtout les " bons d'achats " pour l'aide à domicile) et préfère souligner le mécontentement syndical et le maintien de la prochaine manifestation.
Entre réunion " bière sandwiches " et " thérapie de groupe "
Pour le Daily Telegraph, cette manifestation a vraiment toute son importance. D'après le quotidien conservateur britannique, c'est parce qu'il avait à l'esprit cette grève que Nicolas Sarkozy a voulu" apaiser les dirigeants syndicaux ". Et cette manière de faire rappelle au journaliste du Telegraph ce qui se passait dans son pays dans les années 1970, quand le gouvernement multipliait les réceptions de représentants syndicaux au 10 Downing Street. Des réunions baptisées " beer and sandwiches " (" bière et sandwiches ") qui ont pris fin avec l'arrivée... de Margaret Thatcher !

Sarkozy en prend pour son grade dans la presse étrangère.

Quant à la presse espagnole, elle, n'a que faire des dernières décisions du chef de l'Etat. Seul El Mundo s'est intéressé à la rencontre du président avec les partenaires sociaux. Mais pas pour les raisons que l'on croit. Le journal de centre-droit a tout simplement peu apprécié qu'au cours de ce rendez-vous avec syndicats et patronat, le chef de l'Etat cite en (mauvais) exemple son pays pour prouver que la France " s'en sortait mieux que d'autres " ! Le quotidien retranscrit même une phrase qu'aurait prononcé l'impétueux président français : " En Espagne, ils ont perdu 500.000 emplois au cours du quatrième trimestre de 2008, disons, cinq fois et demi plus qu'en France à la même période ". Du coup, pour El Mundo, le sommet convoqué par Nicolas Sarkozy avait tout de " la thérapie de groupe " !


Jeudi 19 Février 2009 - 19:56 Gérald Andrieu et Sylvain Lapoix. Sources Marianne2


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