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Besson à Ripostes

Publié le 02 mars 2009 par Malesherbes
J’écoutais ce dimanche soir Eric Besson s’exprimer dans le cadre de l’émission de Serge Moati, Ripostes, sans regarder la télévision car il est des personnages dont je ne supporte plus la vue. Défendant sa proposition d’accorder une autorisation provisoire de séjour aux immigrés qui dénonceraient leurs passeurs, il protesta sur l’utilisation faite du mot délation qu’il opposait à celui de dénonciation. Serge Moati répondit un peu imprudemment qu’ayant consulté le dictionnaire, il avait constaté que ces deux mots étaient interchangeables.
Je considère plutôt que M. Moati n’a pas effectué cette consultation ou possède d’autres dictionnaires que moi-même. Le Trésor informatisé de la langue française (Tilf) nous indique que la dénonciation est une « action ou acte de dénoncer quelque chose à la justice, à l'autorité, à l'opinion publique, dans une intention généralement malveillante ». Il précise que, en droit pénal, la dénonciation est l’ «action de dénoncer à la justice une infraction dont on n'est pas lésé» et, par extension, l’ « action ou acte de dénoncer quelqu'un». Tandis que le même ouvrage nous livre que la délation est la «dénonciation, généralement secrète, dictée par des motifs vils et méprisables», le Petit Larousse, quant à lui, définit la délation comme une dénonciation intéressée et méprisable. L’emploi de la conjonction et semble marquer que l’intérêt n’est pas toujours méprisable. Mais ce qui est demandé aux immigrés est bien une dénonciation secrète, intéressée, tandis qu’une simple dénonciation est relative à « une infraction dont on n’est pas lésé ». Donc, dénonciation et délation ne sont pas synonymes et, n’en déplaise à Eric Besson, ce qu’il demande relève bien de la délation.
Interpellé sur son action pour l’expulsion des immigrants illégaux, Eric Besson répond avec hauteur qu’il ne fait qu’appliquer la loi mais, exquise délicatesse, avec humanité ! Quel dommage qu’il ne rappelle pas à son maître de bien vouloir respecter le droit lorsqu’il choisit le plus compétent pour diriger des banques privées.
Toujours prompt à rompre des lances pour son dieu, Eric Besson défend cette nomination de François Pérol. Il avance que Sarkozy a déjà nommé de nombreuses personnalités de gauche à des postes de responsabilité et ne comprend pas que l’on s’élève devant la nomination d’une personne de son propre parti. Selon moi, cet argument est sans valeur, et pour deux raisons : la première est que notre Président choisit pour chaque poste le meilleur. Dans ces conditions, il ne peut se préoccuper de la coloration politique. Il doit retenir le plus compétent, quelle que soit son appartenance partisane. La seconde raison, c’est que le cas du secrétaire général adjoint de l’Elysée est différent de ceux d’autres personnalités recrutées par Nicolas Sarkozy pour des fonctions politiques. La nomination du secrétaire général adjoint implique le passage d’un haut fonctionnaire du public au privé et la légitimité d’un tel passage est strictement encadrée par la loi, au respect de laquelle que M. Besson est si fermement attaché.

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