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L'Amérique se fait encore son cinéma

Publié le 03 mars 2009 par Jean-Philippe Immarigeon

Voilà, l'unanimité n'aura pas duré longtemps : les Républicains et les néocons, élus et médias confondus, tirent à boulets rouges contre Obama, lui-même pressé également sur sa gauche concernant ses plans (désormais bien hésitants, on y reviendra) de vietnamisation de la guerre en Afghanistan.

C'est le retour du Big Government, dénoncent les ultras de droite et les libéraux en tous genres. Pas parce que les vannes du budget sont ouvertes (les libéraux n'ont jamais craché sur les deniers publics, bien au contraire) mais parce que le gouvernement va désormais tenter de rétablir l'Amérique avant qu'elle ne sombre. Obama a dit que l'Etat devait être derrière l'entreprise privée comme il en a toujours été ainsi. Et les libéraux de hurler : et Henry Ford, et Vanderbilt, et Rockefeller, et Carnegie, ils avaient fait comment ?

USA 2009-2

Stop ! On arrête les conneries une bonne fois pour toutes ! Car ces glorieux modèles ont tous, précisément, fait avec l'argent du contribuable. Qu'on cite un seul projet américain de même nature que le percement de Suez ou plus récemment le tunnel sous la Manche, menés uniquement avec des capitaux privés ! Il faut cesser de s'inventer une Amérique qui n'a jamais existé ailleurs qu'à Hollywood ! Un exemple entre cent mille : le raccordement par chemin de fer entre l'est et l'ouest à partir de 1867, Union Pacific et Central Pacific, mais si, vous savez bien, celui qu'on voit dans des tas de films et de bandes dessinées, avec le clou d'or sur la dernière traverse de jonction, était subventionné à hauteur de 16.000 à 48.000 dollars par mile de rail posé. Et les deux compagnies n'en avaient pas moins obtenu l'exploitation exclusive de leurs tronçons, et la propriété gratuite de toutes les terres bordant leurs voies. Vous chercherez combien de dollars aura coûté au trésor public ce modèle d'entreprise privée. Et les exemples abondent dans l'histoire des Etats-Unis, de cet écran de fumée purement idéologique qui veut faire croire qu'ils sont le paradis des entrepreneurs.

C'est l'histoire de Christophe Colomb, le premier américain et surtout capitaliste de l'histoire : il ne savait pas où il était ni où il allait, mais il s'en foutait, ce n'était pas lui qui payait.

Moi, à ce compte, je veux bien me dire capitaliste quand on veut !


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