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Pêche à gogo : main basse sur les ressources halieutiques… nouveau cri d’alarme de la FAO !

Publié le 03 mars 2009 par Kamizole

peche-diminution-ressources-halieutiques.1236112082.jpgLes ressources halieutiques sont pillées. Par la pêche industrielle qui se fiche des «quotas» comme de Colin-tampon. Les articles – à bon droit catastrophistes - se succèdent. Malgré un «code de bonne conduite» adopté en 1995 par 170 pays pour promouvoir les pratiques de pêche «responsable»

Les «codes de bonne conduite» sont une aimable foutaise hypocrite inventée par l’ultra-libéralisme dévastateur afin de se donner bonne conscience à peu de frais et en même temps mettre à distance toute tentative de stricte «régulation» étatique, inter-étatique ou internationale…

Les pratiques des banques et de la finance internationale nous donnent une idée de l’autorégulation et de l’autocontrôle des marchés… Aucun «code de bonne conduite» qui tienne devant la voracité des actionnaires et des fonds d’investissement. Pas plus que devant l’esprit prédateur des armateurs de la pêche industrielle…

Pour les faire aller droit, il n’y a que la trique ! et «la peur du gendarme» à condition que celui-ci fût efficace et vigilant…

Or donc, selon la FAO, un quart des ressources halieutiques sont surexploitées. En 2006, nouveau record de prises : 143,6 millions de tonnes de poissons pêchés. Mais seuls 47 % sont directement consommés par les humains… L’aquaculture en accapare une quantité non négligeable – sous forme de farines - le reste servant à l’alimentation du bétail !

J’ai beau n’être pas matheuse mais je n’ai guère besoin de ma calculette pour m’apercevoir qu’il y a une erreur dans les chiffres fournis par Le Monde : écrire que l’alimentation humaine absorbe 47 % et ensuite que «110 millions sont destinés à l’alimentation humaine», je regrette mais ça ne le fait pas ! Je ne sais sur quels chiffres porte l’erreur mais un peu moins de la moitié de 143,6 ne donnera jamais qu’environ 69 millions de tonnes !

Daniel Pauly – scientifique et expert mondial de la pêche – invité par Philippe Cury, directeur du Centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale (CRH) basé à Sète, à venir y travailler quelques mois, dresse un bilan sans complaisance des pratiques en matière de pêche industrielle développées depuis les années 1950. Les flottes des pays du Nord ont dans un premier temps envahi les mers des pays du Sud. Ensuite, ils sont allés chercher le poisson toujours plus profondément (exploitant maintenant les grandes profondeurs abyssales).

Or, dit-il «les espèces des grandes profondeurs vivant longtemps et se reproduisant très lentement, elles sont particulièrement vulnérables».

Enfin, la «diversification» : “On descend dans la chaîne alimentaire des océans, on pêche des poissons de plus en plus petits, de plus en plus bizarres, qu’on ne pêchait pas auparavant”

En 2001, il démontre dans un article, publié par la revue Nature, qui fit grand bruit dans la communauté scientifique, que contrairement à ce que disent les statistiques, les prises mondiales de poissons - ainsi que les stocks - diminuent depuis la fin des années 1980 parce que la Chine, premier pays pêcheur au monde, fausse ses chiffres.

Bien évidemment, il ne faut pas être grand clerc pour savoir que les Chinois ne sont pas les derniers à assiéger avec des bateaux-usines surdimensionnés les bancs de poissons qui croisent devant les côtes de l’Afrique ! Au grand dam des pêcheurs africains (et des populations qui ne trouvent plus de poissons ou hors de prix sur les marchés) qui n’ont que leurs pirogues.

Les Cassandre n’ayant jamais la cote, pas plus ceux qui annonçaient l’éclatement de la bulle spéculative et le krach boursier bien avant le 11 septembre 2008 qu’Eric Pauly qui prévoit le pire en termes de ressources halieutiques.

Une partie de la communauté scientifique lui reproche «un engagement trop marqué, une tendance au catastrophisme, et une vision approximative».

“Il pense en grand, c’est son originalité, commente Philippe Cury. Mieux vaut être approximativement juste que précisément faux. Aujourd’hui, le consensus émerge sur l’état des ressources.”

La pêche industrielle est la pire des aberrations.

En octobre 2008 un article du Monde présentait un tableau comparatif des avantages de la pêche artisanale. Je ne l’ai malheureusement pas conservé. Il indiquait que la pêche artisanale permettrait de nourrir suffisamment les populations sans dévaster les mers et qu’elle présentait en outre de nombreux avantages tant sur les plan écologique (ne serait qu’un moindre coût en énergie : consommation de gas-oil) que de l’emploi : à proportion, la pêche artisanale donne du travail à 10 personnes contre une seule pour les bâtiments industriels…

Idem pour l’aquaculture…

Je ne sais qui a «inventé cette idée folle» mais elle est digne des «petites maisons» de Paris où l’on enfermait les fous au XVIIe siècle ! C’est la version halieutique de l’élevage industriel terrestre.

Avec exactement les mêmes inconvénients – la promis-cuité favorisant la propagation des infections, d’où le recours aux antibiotiques et pourquoi pas ? aux hormones pour accélérer la croissance des poissons - et la même mauvaise qualité. A preuve un article du Figaro paru le 9 janvier 2009, Écosse : un virus menace les élevages de saumons… il provoquerait l’anémie infectieuse du saumon (AIS).

Selon l’article, «L’infection qui est apparue dans quelques fermes piscicoles est inoffensive pour l’homme».

Je demande à voir : la «maladie de la vache folle» a permis de voir que de nombreux virus ou autres prions passaient désormais la «barrière des espèces», ce qui s’est amplement vérifié depuis avec la «grippe aviaire», sans oublier l’épidémie de SRAS - syndrome respiratoire aigu sévère provoqué par un coronavirus connu – partie de Chine fin 2002…

Quant à l’élevage des crevettes, un documentaire vu il y a déjà quelques années – ARTE ou Thalassa ? – m’aura à jamais dégoûtée d’en manger. Je ne sais plus dans quels pays du Sud-Est asiatique – Viêt-Nam, Thaïlande ou ailleurs…

Mais manque d’hygiène frappant sur les bateaux-maisons qui sont au-dessus des cages où sont parquées les pauvres crevettes ! Les habitants y lavent le linge, la vaisselle, font leur toilette et toute cette eau sale est déversée sans précaution dans l’eau du canal ou de la rivière. Sans oublier… les latrines !

Bon appétit !

Selon la FAO, 28 % des stocks sont surexploités
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