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Liberté, égalité, … Protectionnisme…

Publié le 03 mars 2009 par Jfa

Le débat actuel entre les tenants du protectionnisme et du libre-échange me rappelle celui que j’avais dernièrement avec des amis, sur le tryptique Liberté-Egalité-Fraternité.

La tendance “naturelle” du premier terme du tryptique mène tout naturellement au “renard libre dans le poulailler libre” et à son cortège d’inégalités, d’abus, voire d’ignominies.

L’Egalité, quant à elle, non tempérée par la et les liberté (s), mène à une société terne et grise, où, tôt ou tard, ce sont les simples différences qui sont remises en cause.

Outre le fait que la “liberté” à l’état pur n’existe pas davantage que “l’égalité” sans tâches, ces deux termes sont contradictoires, voire contraires et  l’exercice de l’un doit être régulé par celui de l’autre pour une vie sociale à peu près acceptable, même dans les régimes les plus dictatoriaux. Cela n’empêchant pas que certaines périodes historiques soient plus fortement portées vers les libertés, notamment économiques et d’autres par la revendication de davantage d’égalités, notamment sociales.

Libre-échange et protectionnisme sont, à mon avis, dans la même situation d’interdépendance contradictoire que les deux premiers termes de la devise républicaine et l’on assiste, partout, à ce paradoxe d’une répression forcenée de la libre-circulation des personnes au nom de l’identité nationale alors que la libre circulation des marchandises et des capitaux est devenue un dogme intangible à droite comme dans une partie importante de la gauche.

Sans vouloir singer Mme Royal au Zenith, ce qui donne sens aux deux premiers termes de notre devise, comme à l’opposition existant entre le libre échange et le protectionnisme, et permet de les piloter, c’est le troisième, celui de “Fraternité”.

C’est aussi au nom de la fraternité que des mesures protectionnistes devraient s’imposer avec tous les pays où la liberté syndicale, le droit d’association et les libertés élémentaires ne sont pas respectés. La fraternité bien conçue comprenant aussi la survie de la planète, des taxes devraient être établies, comme pour l’essence, à la hauteur des empreintes écologiques des différents produits. L’alliance traditionnelle des possédants et des politiques de ces pays dictatoriaux en sera ébranlée et, dans ces fissures, les droits de l’homme devraient se frayer plus facilement un chemin. Cela aurait pour avantage collatéral de diminuer les profits financiers de ceux qui, chez nous, délocalisent. Comme un organisme biologique, une société doit être à la fois ouverte et fermée et n’accepter que ce qui conforte l’équilibre instable et évolutif des objectifs de liberté, d’égalité et de fraternité. 

Est-ce à dire que l’on de doit pas se préoccuper des misères du monde ? Certainement pas! Etre de gauche suppose une vision internationaliste des choses. Mais le libre-échange actuel renforce une sanglante bureaucratie chinoise qui brime la consommation intérieure, écrase les libertés, au bénéfice de ses désirs de puissance et d’un impérialisme réveillé. Il tue aussi les cultures vivrières en Afrique avec nos excédents et les monocultures destinées à l’exportation. 

Les inégalités ont atteint un tel niveau en France, la crise les aggravant encore, qu’il est temps de revenir, et vraisemblablement pour une longue période, sur la plupart des dogmes libéraux, notamment celui du libre-échange absolu. Les élections européennes sont peut-être un moment privilégié pour le faire entendre.

- Le “champ social” prend la parole. Le site.

- Automobiles et mobilités. Le Monde.

- Nationalisation du secteur bancaire aux USA. Incontournable ? Blog de Paul Jorion.

- Croissance: “Un élu californien propose de fiscaliser la culture et la vente de cette drogue douce (ndr: le cannabis), dans le but de renflouer les déficits record des Etats. Cette taxe pourrait rapporter plusieurs milliards de dollars de revenus annuels”. Libération.

- Vincent Peillon, le “Virenque de la politique” ? Slate.

- Une nouvelle approche de la guitare, repérée sur AgoraVox.

- Les débats au PS pour le programme et les listes des candidats des Européennes vus par le Maire de Lyon, Gérard Collomb.


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